C’est fini !
Clap de fin. C’est ce mercredi le dernier délai pour la publication des comptes semestriels des émetteurs.
Cela, comme le stipulent les dispositions légales et réglementaires en vigueur qui fixent ce délai au plus tard dans les 3 mois suivant la clôture du semestre. Si certains émetteurs s’y prennent assez tôt, beaucoup, par contre, sont des adeptes de la dernière minute et publient leurs comptes le 30 septembre. C’est légal. Mais au niveau des rédactions des journaux spécialisés, la plupart des infographistes se retrouvent à la bourre, obligés de «gérer» ces clients retardataires qui font durer le «suspense» jusqu’au dernier moment.
Si au final ces émetteurs portent tous leurs comptes sur la place publique, il n’en demeure pas moins vrai que les observateurs en font une lecture très différenciée. Car bien peu d’entre eux ont la culture de la communication financière chevillée au corps. Les habitués à l’information concise et complète, on les connaît : ils se frottent souvent aux questions des analystes et de la presse spécialisée à travers les conférences de présentation des résultats. Qu’ils réalisent des performances en berne ou non. Les autres, la grande majorité, s’épargnent généralement cet exercice. Et il n’est pas faux de dire, au regard des informations publiées, qu’ils considèrent la communication financière plus comme une corvée qu’un exercice de transparence vis-à-vis des actionnaires et des investisseurs. D’ailleurs, l’état des lieux sur les pratiques de la communication des émetteurs portant sur la période 2012 et 2013, publié par le gendarme du marché, a montré que «les présentations organisées au titre des résultats semestriels restent très faibles, puisque 13% uniquement des sociétés tiennent ce type d’événement». C’est dire qu’il y a encore d’énormes efforts à faire pour améliorer la quantité et la qualité de l’information financière mise à la disposition du public.
En attendant, les mordus de chiffres ont déjà leurs calculettes en main : chiffre d’affaires, résultat net et autres indicateurs sont passés au peigne fin. Déjà, les premiers calculs établis par Attijari Intermédiation au 21 septembre font état d’un recul de la masse bénéficiaire totale des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca de 1,2% à 10,8 Mds de DH, malgré les 5,1 Mds de DH de profits (+2,1% par rapport au premier semestre 2014) réalisés par les établissements bancaires. Le déficit de 2,1 Mds de DH accusé par la Samir au titre de ce premier semestre n’est pas étranger à cette situation. Le raffineur, dont le titre est toujours suspendu de la Bourse, est encore empêtré dans une crise profonde malgré la recapitalisation de 10 Mds de DH annoncée par le management. Aucune information précise n’est encore donnée sur les modalités de cette augmentation de capital, encore moins sur le plan de restructuration qui sera mis en oeuvre. Un manque de visibilité qui agace passablement les banques. «L’action du management est attendue afin d’améliorer les ratios financiers de la Samir qui se sont sensiblement dégradés», affirmait, à ce titre, le 15 septembre, le PDG du Groupe Banque Populaire, Mohamed Benchaâboun.





