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Maison PJD : C’est chaud bouillant - Chronique Spéciale Marocaine

Maison PJD : C’est chaud bouillant - Chronique Spéciale Marocaine
Vendredi 26 Juillet 2019 - Par seo

Par David William, Directeur des rédactions


 

La maison PJD part en vrille. Si les tensions étaient persistantes depuis plusieurs mois, l’adoption du projet de loi-cadre relatif au système d’éducation, de formation et de recherche a fini par définitivement diviser le parti. Et ce, en raison de l’enseignement des matières scientifiques en langues étrangères, particulièrement en français.  Impossible de concilier les vues sur ce sujet.

Aujourd’hui, deux camps s’affrontent avec une certaine virulence, dont un semble avoir pour porte-drapeau l’ancien chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane. Celui qui rejette en bloc l’utilisation de la «langue du colonisateur» pour enseigner les matières scientifiques, ne digère pas du tout l’adoption de cette loi. Il a d’ailleurs «repris du service» sur les réseaux sociaux pour fustiger assez sévèrement, une nouvelle fois, l’actuel chef de gouvernement, Saad Eddine El Otmani. Selon lui, l’adoption de ce texte est une «trahison des principes du parti».

Si El Otmani est davantage dans la retenue, il ne manque pas non plus de mettre les points sur les «i», lui signifiant, si besoin est, que ce texte ne piétine en rien les principes et le référentiel religieux du PJD.

Bref, aujourd’hui, la «camaraderie» de parti est bel et bien finie. Et il est pratiquement impossible de dire si ces deux hommes qui, d’une certaine façon, portent l’ADN de cette formation politique, partagent toujours la même idéologie, tant le fossé qui les sépare est énorme.

Un fossé creusé chaque jour un peu plus par Benkirane, qui nourrit une animosité viscérale envers El Otmani depuis que ce dernier … a pris sa place.

Oui, Benkirane a la rancune tenace, même s’il ne l’avoue pas. Car, depuis son départ du gouvernement, il savonne la route de El Otmani, allant même jusqu’à lui demander de démissionner.

Benkirane quittera-t-il néanmoins le PJD, puisqu’il soutient que rester dans ce parti ne l’«honore plus» ? On attend de voir.

Mais une chose est sûre : avec une formation politique aussi divisée et rongée par les querelles intestines, les prochaines élections législatives risquent d’être délicates pour les islamistes, voire même catastrophiques. Car ce qui avait toujours fait la force du PJD, c’est son unité et une base électorale qui était à l’écoute d’une seule voix.

Cette cohésion a désormais volé en éclats et le PJD vit actuellement ce qu’ont vécu les grands partis politiques du Royaume à une certaine époque.  ◆

 

 

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