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Stress associé à la pandémie de Covid-19 : Comment y faire face ?

Stress associé à la pandémie de Covid-19 : Comment y faire face ?

Psychosociologue\Chercheuse à la Faculté des lettres et des sciences humaines-Rabat, Youssra Tazi analyse dans cet article, entre autres, l’impact du confinement sur nos interactions sociales et sur l’institution familiale, mais livre également des conseils précieux pour faire face à cette situation inédite et difficile.

 

Au vu des circonstances sanitaires actuelles du coronavirus, le monde se retrouve face à une nouvelle épreuve sans précédent, avec des dégâts majeurs sur les plans humain et socio-économique. Contextuellement parlant, le Maroc a présentement annoncé que nous sommes encore en phase de pic épidémique, avec un sombre record de 5.000 cas positifs, 1.565 guéris et 177 décès (au 2 mai) en dépit de toute la panoplie de mesures barrières et préventives mises en place : confinement, limitation des déplacements et des contacts physiques, enseignement à distance, télétravail, interdiction des visites familiales et des rassemblements de toute nature, etc.

Dans un premier temps, nous pouvons voir que ces changements sont reflétés sur la structure et règles des activités sociales. Le confinement, par exemple, a modifié totalement nos interactions sociales, notamment à l’extérieur (école, travail, hypermarché…).

De plus, de très nombreux constats psychosociologiques ont émergé pendant la première semaine du confinement. Nous pouvons citer le cas d’une femme qui avait terriblement peur d’être contaminée par le virus et s’inquiétait pour ses filles de façon chronique car son frère, élément des forces de l’ordre, habite avec elle. 

Un autre cas significatif est celui d’une dame ayant un enfant présentant un handicap et qui ne savait pas comment prendre soin de lui, surtout face aux dispositions prises par le ministère de la Santé concernant la suspension des activités du centre de rééducation qui en avait la charge.

Quant à l’institution familiale, les tensions ont atteint leur paroxysme. Plusieurs femmes présumées victimes de violence conjugale présentent un état de détresse psychologique, ce qui les pousse à demander notre soutien. 

Nous pouvons citer, entre autres, le cas d’une femme maltraitée par son mari (addict aux substances psychoactives) qui vient de perdre son travail. Cette déception vécue comme inacceptable s’est transformée en agressivité envers sa femme ainsi qu’à l’égard de ses enfants, notamment quand il les voyait en train de jouer. Et ce, sans se rendre compte de leur droit fondamental constitue également un facteur-clé de développement de leur personnalité.

Certes, l’environnement dynamique dans lequel nous vivons, est rempli d’épreuves et d’obstacles. Chaque individu ne réagit pas de la même façon aux mêmes stimulus. Cela est probablement dû aux facteurs mis en jeu de personnalité, de capacité d’endurance psychologique, de vulnérabilité et explique bien la multitude des stratégies personnelles employées en vue de s’adapter à la situation actuelle.

Littéralement, le stress peut être défini comme une réaction biologique face à un stimulus externe. Ce dernier conduit généralement à la sécrétion d’adrénaline et de cortisol susceptibles de provoquer une instabilité tant au niveau psychologique que physiologique.

Face à une situation stressante, il y a ceux qui réagissent avec hésitation, inquiétude et inhibition, et ceux qui sont capables de contrôler leurs émotions et réagissent avec prudence et rationalisation.

Nul doute que la quarantaine réduit les liens sociaux, ce qui conduit le stress à se répandre plus que le virus. Un des principaux agents stressants liés au confinement et qui pourrait avoir un impact négatif sur le psychisme de l’individu. On peut noter aussi les fausses informations, notamment celles qui sont véhiculées sur les réseaux sociaux et qui prennent la forme d’obligation. Cela déclenche plus ou moins toute une série de mécanismes défensifs, et «la réactance psychologique» en est une. Il s’agit d’un processus de défense très complexe, qui s’active lorsque l’individu commence à sentir que sa liberté est menacée, ce qui fait augmenter son niveau de stress. Ainsi, plus le confinement est demandé, plus la réaction est forte. En outre, tant que les informations ne sont pas ciblées, voire transparentes, l’individu pourrait avoir tendance à sombrer dans l’incertitude.

Pour faire face à ces contraintes, nous vous suggérons quelques conseils pratiques, à savoir :

  • Changer sa perception du confinement et éviter toute focalisation sur soi pour ne pas céder à la panique, en se concentrant sur les aspects positifs de cette nouvelle expérience;

  • Promouvoir et partager des émotions positives avec ses proches, car le partage des émotions renforce les liens sociaux et donne un sens à ce que nous vivons; 

  • Adopter une communication non violente et constructive pour avoir confiance en soi afin d’instaurer un climat familial sain et rassurant;

  • Savoir trier les informations selon la source crédible (ministère de l’Intérieur/ ministère de la Santé / Organisation mondiale de santé) et éviter toute forme de surinformation liée au Covid-19;

  • Établir un programme quotidien d’activités plaisantes en vue de casser la routine du confinement (lire des romans, apprendre à cuisiner, voir des films, faire du sport, méditer, et se relaxer, etc.).

  • Assurer la continuité des contacts entre ami (e) s, collègues et collaborateurs de travail, à travers les moyens de communication, visioconférence et autres, pour ne pas subir l’impact négatif de la distanciation (solitude, ennui…);

  • Partager avec ses enfants leurs propres loisirs pour les approcher et vivre le confinement de façon quasi-amusante;

  • Faire preuve d’intelligence collective en mettant l’intérêt sanitaire au-dessus de toute autre considération;

  • Vivre au jour le jour afin de donner un sens à ce que nous vivons;

  • Apprendre à briser la routine en découvrant de nouvelles passions (cuisine, peinture, relever les différents challenges amusants postés sur les réseaux ...);

  • Et le plus important, placer l'intérêt général en priorité. C’est-à-dire qu’il faut respecter les décisions de l’Etat qui ont été prises pour le bien de tous. 

En conclusion, afin de vaincre ce calvaire et minimiser les risques psychologiques, il est important de faire preuve de solidarité, d’accepter calmement les contraintes imposées. L’acceptation de cette situation et la résilience sont sûrement la meilleure des stratégies à avoir. En adoptant ces précieuses conduites, nous apprendrons beaucoup sur nous-mêmes et également à mieux gérer notre stress. 

 

N.B:  En cas de difficulté, il est conseillé de solliciter l’aide d’un spécialiste.

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