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Provinces sahariennes: le Maroc gagne la bataille de l’autonomie à l’ONU

Provinces sahariennes: le Maroc gagne la bataille de l’autonomie à l’ONU

Est-il d’un optimisme exagéré d’affirmer aujourd’hui que la Maroc a déjà gagné la bataille de l’autonomie de ses provinces sahariennes à la lumière de la dernière résolution 2703 sur cette crise ? La réponse est non. Le Maroc a toutes les raisons de se réjouir de voir l’atmosphère internationale autour de ce conflit gagnée par l’esprit de la solution réaliste de l’autonomie proposée par le Maroc depuis 2007, et qui est en train de devenir l’unique référence à une issue politique et réaliste de cette crise régionale.

Les conditions de vote autour de cette fameuse résolution 2703, ainsi que les prises de positions internationales qui l’ont accompagnée, ont éclairé d’un nouveau jour la conviction de la communauté internationale que seule une solution politique, mutuellement acceptée, discutée lors de tables-rondes impliquant les parties concernées par cette discorde, à savoir le Maroc, l’Algérie, le Polisario et la Mauritanie, est susceptible de clore cette crise, ancienne de plusieurs décennies. Trois éléments majeurs peuvent justifier l’optimisme marocain et son indéniable succès au sein des Nations unies.

Le premier est d’ordre politique et symbolique. Dans toute la littérature juridique onusienne qui a fait naître cette résolution et ces débats, il n’y a aucune trace, ni aucune référence au mantra du Polisario et de leurs parrains algériens, à savoir la logique référendaire qui justifie encore à leurs yeux le maintien de la flamme séparatiste. Du corpus légal international qui traite cette crise a disparu toute allusion aussi bien à la solution militaire que la piste du référendum. Le succès politique marocain réside dans le fait qu’il a réussi, à force de persuasion et de conviction, à contenir les débats et les pistes de réflexion dans le diamètre encadré de l’autonomie.

Le second élément qui justice cette performance marocaine est à trouver dans le positionnement russe. Dans la perception du régime algérien, l’espoir était grand que, parce que puissance détentrice du veto, la Russie allait procéder à un blocage de cette résolution et tenter d’imposer une autre atmosphère autour de cette résolution autre qu’un panégyrique général de la solution de l’autonomie. La Russie s’est certes abstenue de voter cette résolution, sans aucun doute pour des calculs qui ont trait à leurs relations tendues avec son «Penholder» l’administration américaine, mais elle s’est aussi abstenue d’utiliser la puissance dévastatrice de son veto. Mieux pour le Maroc, la diplomatie russe ne s’est pas livrée à une démarche de lobbying dans les couloirs de l’ONU pour contrecarrer l’esprit de cette résolution.

La position russe est plus proche d’une neutralité positive que d’une opposition destructive. Le troisième élément qui explique que le Maroc est sur le point de plier définitivement le match diplomatique de cette crise est à trouver dans le positionnement français. Parce que les relations entre Rabat et Paris sont depuis des mois en dents de scie, au bord de la rupture, parce que la France est sous pression algérienne maximale de changer sa position sur le Sahara, il y avait une grande attente de savoir comment cette tension allait se traduire sur la position de la France au sein du Conseil de sécurité. Quelle n’a été la surprise générale, la douche froide algérienne, de voir la diplomatie française non seulement rappeler son soutien historique à l’option de l’autonomie, mais demander une application immédiate de ce plan marocain.

Ces déclarations françaises augurent d’une prochaine reconnaissance officielle française de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Ce sont ces éléments qui apportent un air de victoire marocaine aux Nations unies. Même si la résolution 2703 ne diffère pas beaucoup dans ses formulations des anciennes versions, elle crée une dynamique vers l’application de ce plan d’autonomie, sans aucune possibilité d’enclencher la marche arrière. Le corpus de la légalité internationale est en train de valider la solution marocaine. Les voix dissonantes seront moins audibles dans les futurs débats de l’ONU sur cette question, où la préoccupation principale est de voir comment entamer la réalisation et l’applicabilité de ce plan de l’autonomie. Les récents événements à caractère terroriste survenus dans la ville de Smara sont de nature à conforter cette communauté internationale dans sa détermination à accélérer le processus de l’autonomie pour clore définitivement cette crise qui menace, si elle est laissée en l’état, de devenir un foyer de tensions et d’instabilité régionale.

 

 

Par Mustapha. Tossa journaliste et politologue

 

 

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