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Le gazoduc de la discorde

Le gazoduc de la discorde
Mercredi 01 Septembre 2021 - Par admin

Le 24 août dernier, soit 48h à peine après la rupture unilatérale des relations diplomatiques décidée par Alger à l’encontre du Maroc, Mohamed Arkab, le ministre algérien de l’Energie et des Mines, annonce l’abandon probablement définitif du gazoduc Maghreb-Europe (GME), et ce après plus de 25 ans de bon et loyaux services. 

 

Ce gazoduc qui au moment de sa construction en 1996 fut une vraie prouesse technique et une lueur d’espoir pour une union du Maghreb remise à chaque fois aux calendes grecques, s’est mue en une occasion supplémentaire de couper les amarres avec le Maroc, dans le cadre de ce que l’on pourrait qualifier de «stratégie de la tension».

Une stratégie qu’Alger s’évertue à déployer dans la région, quitte à inventer une guerre qui n’existe pas, sinon dans les médias algériens et la propagande de leurs dirigeants, comme à l’époque des opérations de sabotage menées par le polisario à Guergarate. 

Voici donc après l’épisode Brahim Ghali, une énième tentative d’Alger d’isoler le Maroc de ses partenaires stratégiques et de tenter de freiner son développement. 

Le but du régime algérien est simple et limpide. Il s’agit de véhiculer auprès des chancelleries occidentales l’image d’un Maroc instable, imprévisible et dangereux pour les intérêts des puissances occidentales dans la région.

Et pour en revenir au gazoduc, sa fermeture aura certes un coût pour le Maroc, puisque nous prélevions avant sa fermeture l’équivalent de 7% du total des quantités transportées vers la péninsule ibérique, soit un manque à gagner pour nous de 160 millions de dollars.

Pas de quoi fouetter un chat me direz-vous, sachant que le gaz naturel, et ce depuis la politique de diversification énergétique menée par le Maroc, ne pèse plus que 5% dans le total de la production électrique du Royaume. De plus, le Maroc pourra aisément importer du gaz naturel liquéfié auprès de pays comme le Qatar ou les Etats-Unis avec lesquels nous entretenons de bonnes relations.

Le danger réside donc ailleurs. Souvenons-nous des récentes accusations totalement rocambolesques formulées par les officiels algériens qui accusent le Maroc d’être à l’origine des incendies en Kabylie. Il n’est donc pas exclu que face à tant de légèreté et d’impertinence diplomatique, Alger n’en vienne un jour à saboter elle-même son propre et désormais unique gazoduc vers l’Espagne, le «Medgaz», uniquement dans la perspective de pouvoir en accuser le Maroc.

L’objectif serait de créer artificiellement de nouvelles tensions diplomatiques majeures entre Rabat et Madrid. C’est ce qu’on appelle une «opération sous faux drapeau» et l’Algérie a un CV long comme le bras dans ce domaine. La guerre civile algérienne en regorge, et plus récemment, la manipulation de mouvements terroristes (AQMI, Signataires par le sang, …) par Alger dans la région saharo-sahélienne est un secret de polichinelle depuis l’attentat contre le site gazier d’In Amenas exploité par British Petroleum, où des otages étrangers auraient été froidement exécutés par les forces spéciales algériennes.

Car avec le gaz, l’Europe ne plaisante pas. En voulant s’extraire pour des raisons géopolitiques de sa dépendance vis-à-vis de la Russie, le Vieux continent cherche désespérément à diversifier et à accroitre son approvisionnement auprès de fournisseurs alternatifs. Tous les projets de gazoducs qui auraient pu permettre aux Européens d’accéder au gaz iranien, turkmène ou encore qatari ont été sabotés soit par les Etats-Unis dans leur désir d’étouffer économiquement l’Iran, soit par la guerre en Syrie. Reste donc l’Algérie.

Les généraux algériens croient pouvoir épuiser le Maroc dans de sempiternels bras de fer avec ses partenaires européens, là ou au contraire, ils ne font qu’accroitre sa résilience au détriment de leur propre crédibilité. 

Cependant, il serait de notre part erroné de prendre ce genre de risque à la légère. Il serait donc judicieux d’envisager dans une démarche prospective même les scénarios les plus improbables, d’autant plus que s’il y a bien un régime instable et imprévisible dans la région, c’est bel et bien le régime algérien.

 

 

Par Rachid Achachi

 

 

 

 

 

 

 

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