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L’insuffisance rénale chronique: important impact social et économique

L’insuffisance rénale chronique: important impact social et économique

L'insuffisance rénale chronique (IRC) est en train de devenir l'une des maladies chroniques non transmissibles les plus répandues dans le monde, et l'Organisation mondiale de la santé prévoit que l'IRC deviendra la cinquième maladie chronique la plus courante en 2040. L'incidence et la prévalence mondiales de l'IRC varient en fonction des définitions parfois divergentes de la maladie, des différents systèmes de santé et des répartitions sociales.

Actuellement la prévalence standardisée de l'IRC (DFGe<60ml/min/1,73m2 ) est estimée à 10-15%. Cette prévalence élevée est sous-déclarée par les patients, car elle est silencieuse et asymptomatique dans les premiers stades.

IRC : maladie silencieuse

Les symptômes à un stade précoce de la maladie rénale chronique (MRC) sont souvent peu nombreux et silencieux et les causes sont multifactorielles et diverses. Les taux de progression de la MRC sont très variables, mais les patients sont confrontés à un risque accru d’insuffisance rénale terminale (IRT) ainsi qu’à un risque cardiovasculaire accru.

L’incidence de l’IRT est généralement faible, mais chaque cas comporte un fardeau important en matière de maladie et de coûts de santé, ce qui rend la prévention par une intervention précoce nécessaire. À l’avenir, des méthodes de diagnostic plus précises et moins invasives pourraient améliorer la détermination de la cause sous-jacente de l’IRC et fournir des informations sur le traitement à utiliser par une médecine dite personnalisée, améliorant ainsi le pronostic.

IRC : un multiplicateur de maladie

L’IRC est l’une des maladies non infectieuses qui menacent quotidiennement la vie des patients et augmente le risque de maladies cardiaques et vasculaires. Un dépistage et un traitement précoces permettent souvent d’éviter l’aggravation de l’IRC. Cependant, au fur et à mesure que MRC progresse, elle peut conduire à une IRT nécessitant une dialyse ou une greffe rénale pour rester en vie. L’IRT est une maladie grave ayant de graves conséquences sur la qualité de vie et la survie, et est associée à une comorbidité et à des coûts de soins de santé importants. Par conséquent, la mise en œuvre d’un traitement médical efficace pour les personnes à risque de développer une IRT doit être envisagée précocement.

IRC : traitement général

L’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, le diabète et les maladies coronariennes sont les affections les plus fréquentes. Cela contribue à la comorbidité et au fardeau de la maladie pour de nombreuses personnes atteintes d'IRC, entraînant une augmentation du nombre de médicaments nécessaires, des consultations et des hospitalisations. À cet impact, s’ajoute le coût de la thérapie de remplacement rénal (TRR), tant celui de la dialyse que de la transplantation rénale, qui constitue l’une des dépenses les plus importantes des soins de santé. De nombreuses tentatives sont faites pour développer de nouveaux traitements contre l’IRC.

Cependant, le traitement standard validé reste le contrôle de la pression artérielle et l'emploi d'inhibiteurs du système rénine-angiotensine (inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine ou l'angiotensine, bloqueurs des récepteurs). En plus de leurs effets hypotenseurs, ces médicaments auraient des effets anti-inflammatoires et anti-fibrotiques spécifiques bénéfiques dans la MRC. Les récents élargissements de l’indication de l’utilisation des inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose 2, représentent de nouveaux traitements efficaces à ajouter au traitement standard.

IRT : thérapie de remplacement rénal

La prévalence moyenne du traitement de l’IRT est actuellement de 750 par million d’habitants dans le monde, le coût du traitement étant étroitement associé au niveau de revenu national par habitant. La prévalence de l’IRT traitée a augmenté à l’échelle mondiale, probablement en raison de l'incidence croissante dans les pays en développement, en raison de l'amélioration globale des taux de survie et de la croissance, de la prévalence des facteurs de risque d’IRT comme le diabète et l’hypertension artérielle. Le coût de la dialyse est influencé par un certain nombre de facteurs, dont l’âge et l’état de santé du patient, la méthode de dialyse. L'hémodialyse est généralement plus coûteuse que la dialyse péritonéale. Si on prend l’exemple de la Suède, la MRC est associée à un fardeau économique important, avec des coûts multipliés par 4 chez les patients atteints d'IRC, par 10 chez les patients transplantés et 30 pour ceux sous dialyse chronique.

Au Royaume-Uni, le coût global représente 1 à 2% des dépenses totales de santé. Ce fardeau économique du traitement par dialyse peut être accentué par les dépenses liées aux hospitalisations excessives. La survie dans l’IRT est faible, la mortalité annuelle est estimée à plus 10%, avec une survie à cinq ans d'environ 50%. Les maladies cardiovasculaires continuent d’être le principal contributeur à la surmortalité chez les patients atteints d’IRT; le risque attribuable de décès cardiovasculaire est 20 fois plus élevé que dans la population générale. La prévalence de l’IRC augmente régulièrement et le traitement préventif présente un grand potentiel. Une plus grande sensibilisation et un dépistage approprié sont de premières étapes nécessaires pour tenter d’éviter une augmentation future de la morbidité due à la MRC et des coûts des soins de santé. 

 

Professeur Amal Bourquia

 

 

 

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