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Crash de la Covid-19 : impact économique et perspectives d'avenir

Crash de la Covid-19 : impact économique et perspectives d'avenir
Vendredi 17 Juillet 2020 - Par admin

Sallem Koubida1 and Anas Bentamy2, Al Akhawayn University Ifrane

 

L'objectif de cet article est de présenter les éléments essentiels de l'impact économique de la Covid-19 dans une perspective à moyen et long terme, et des répercussions sur l'organisation du monde du travail entraînant un regain d'intérêt pour le télétravail et l'éducation en ligne. 

La pandémie de la Covid-19 a provoqué une crise sanitaire mondiale majeure. Différente des pandémies précédentes et souvent comparée à la «grippe espagnole», celle-ci est unique par la rapidité de sa propagation. Pour combattre la pandémie, les gouvernements n'avaient d'autres choix que d’astreindre le fonctionnement normal de tous les secteurs d’activité.

Toutes ces restrictions risquent de déclencher une grave crise économique globale dont la durée et l'amplitude sont difficiles à prévoir. Aucun modèle économique bien établi n'est en mesure de prédire avec précision les dommages économiques encourus à court terme et encore moins à moyen et long terme.

En suivant la chronologie d'apparition de la pandémie de coronavirus, l'ampleur et la durée de la crise sanitaire, la capacité de chaque État de mener des politiques de stabilisation et la résilience de chaque économie, sont les principaux facteurs qui entravent la reprise.

Il est naturel de suivre l'évolution des économies en commençant par l'économie de la Chine frappée en premier. Celle-ci a bien performé et a fortement progressé en moyenne de 9,4% par an au cours de la période 1978-2019.

Un confinement partiel du pays a été imposé de manière agressive dès le 23 mars à partir de Wuhan et des autres villes de la province de Hubei, puis graduellement aux provinces adjacentes. La Chine, deuxième plus grande économie mondiale a, pour la première fois en 40 ans, vu diminuer son PIB de 6,8% au premier trimestre 2020 par rapport au premier trimestre de l'année précédente.

Les décideurs chinois sont confrontés à la problématique de relance d'une économie de 14 trilliards de dollars dépendante à hauteur de 19,51% du PIB des exportations en particulier en Europe et aux États-Unis. Dans le contexte mondial actuel, ces principaux partenaires commerciaux peinent à relancer leurs économies, ce qui différera quelque temps le rétablissement de l'économie chinoise à son niveau antérieur à la crise, les principaux facteurs aisément maîtrisés. 

L'Europe n'a pas été épargnée par la vague de propagation du coronavirus et a dû se résoudre au confinement de sa population à quelques exceptions près. La Commission Européenne prévoit une contraction de 7,5% du PIB en 2020 entraînant une perte de 12 millions d'emplois à temps plein, selon l'Organisation internationale du travail.

L'asymétrie existante entre les pays au sein de l'Union européenne révèle, à des degrés divers, une limite dans la capacité de chaque État de mener des politiques de stabilisation et à contrôler efficacement la crise sanitaire.

Cette pandémie a pris par surprise les États-Unis d'Amérique durant la plus longue période d'expansion économique de son histoire. L'activité économique s'est fortement contractée en mars 2020 entraînant une contraction du PIB réel annualisé de 4,8% (U.S. Bureau of Economic Analysis) au premier trimestre 2020 ayant pour raison principale la perturbation des chaînes d'approvisionnement chinoises et le confinement imposé tardivement au mois de mars 2020. Le taux de chômage s'est alors établi à 14,7% (‘US Bureau of Labor Statistics’) en avril 2020 comparativement à un taux de chômage de 3.5% en février 2020.

Avec une crise sanitaire très mal contrôlée, les pronostics du Fonds monétaire international (FMI) pour le deuxième trimestre 2020 prédisent une contraction de 40% du PIB et ne permettent d'entrevoir une reprise de l'économie américaine qu'à moyen terme malgré une bonne résilience de l'économie et des politiques de stabilisation adéquates. 

Dans ce contexte d'urgence sanitaire planétaire, le Maroc a également été contraint d'ordonner à sa population un confinement très strict accompagnant un état d'urgence sanitaire avec comme priorité de limiter la létalité de la Covid-19.

Selon les prévisions du haut-commissariat au Plan (HCP), ces mesures d'urgence font prédire une régression de 1.8% du PIB au deuxième trimestre 2020 après un taux de croissance de 0.7% pour le premier trimestre 2020. Le FMI prévoit que le taux de chômage annuel au Maroc s'élèvera à 12,5% en 2020, de plus de 3% comparativement à l'année 2019, avant de reculer à 10,5% en 2021.

Si le Maroc a su montrer un bon contrôle de la crise sanitaire, il a cependant une capacité limitée à recourir aux politiques de stabilisation et une économie moins résiliente à absorber le choc dû à la pandémie de la Covid-19. 

Il a résulté des mesures de confinement imposées par la gestion de la crise de la Covid-19 le recours massif au télétravail. Ce mode de travail s'est révélé rentable dans de nombreux secteurs d'activité notamment dans celui des technologies de l'information et de la communication.

Il a d'ailleurs été recommandé dans ce dernier secteur d'activité de recourir au télétravail pour améliorer la conciliation travail-vie personnelle des femmes marocaines (Semlali et Hassi, (2016)). Cette reconduite des tâches opérationnelles de plusieurs entreprises à travers le travail à distance, souvent à domicile, ne devrait pas s'atténuer durant la période de déconfinement, qui nécessairement s’effectuera par étape.

Certes, on enregistrera un retour progressif des travailleurs à leurs postes de travail, mais désormais un certain nombre de tâches pourront se faire à distance.

L'expérience acquise durant cette crise sanitaire débouchera sur une redéfinition des modèles d'organisation du travail. Les employeurs devront considérer avec plus de flexibilité les tâches pouvant être entreprises à distance et leur attribuer un statut semblable aux tâches nécessitant la présence de l'employé sur le site de l’entreprise.

Dans une perspective à moyen et long terme, cette relocalisation du travail à distance ou à domicile, si elle est conduite adéquatement, peut améliorer la productivité (Bloom et al., (2015) ; Dutcher, (2015)) et procurer une meilleure satisfaction des employés. Il a été rapporté que les employés sont disposés à une baisse salariale (He et al., (2019) ; Mas et Pallais, (2017)) si l'employeur leur offre la possibilité du télétravail malgré un risque de distraction plus accru en milieu familial, une plus grande isolation sociale et une exigence organisationnelle plus importante.

Les entreprises optant pour le télétravail attireront l'attention des gouvernements confrontés aux problèmes de congestion dans les transports des grandes villes et sensibles à la réduction de la pollution. Une réduction des coûts et une relocalisation du travail à des zones géographiques très étendues sont également envisageables.

Au Maroc, le télétravail était très limité avant cette pandémie où l’on dénombrait seulement 8% d’entreprises ayant adopté ce mode de travail. Suite à cette crise sanitaire, le télétravail est apparu comme un outil montrant plus de flexibilité dans le monde du travail et il est recommandé de pérenniser cette expérience au plus grand bénéfice des entreprises, des employés et de la société en général. 

Les principales conditions pour stimuler le télétravail au Maroc peuvent être énumérées comme suit : 

  1. Une amélioration de la perception des employeurs à propos du télétravail est un facteur primordial pour son adoption. Les craintes des employeurs se résument à une possible perte de contrôle des employés œuvrant à leurs tâches à partir de leur domicile. Les meilleures pratiques de gestion modernes recommandent de fixer des objectifs et des délais pour contrôler et améliorer avec succès la performance des employés;

  2. b. Une plus grande accessibilité aux technologies et systèmes de l'information et de la communication. Le ‘Cloud Computing’, la nouvelle forme de stockage de données du 21ème siècle, est un outil pratique à la disposition des entreprises marocaines pour améliorer la flexibilité, la sécurité et l'évolutivité du lieu de travail. L'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) estime que 71,25% des Marocains ont accès à Internet dont 93,27% d'entre eux ont accès à Internet via des appareils mobiles, 5,81% via l'ADSL et 0,44% via la fibre optique. Un ménage sur deux en zone rurale est toujours déconnecté numériquement;

  3. Une réglementation du télétravail tenant compte des exigences et des objectifs astreints, et des attentes des travailleurs. Le télétravail n'est pas couvert par le code du travail marocain publié en 2003, ce qui peut conduire à une protection sociale inadéquate. Néanmoins, une loi est en préparation pour réglementer le télétravail dans la fonction publique;

  4. Des incitations fiscales préférentielles aux entreprises en fonction du nombre de télétravailleurs par rapport au nombre total d'employés, et d'une géolocalisation étendue;

  5. Une plus grande sécurité d'emploi avec des opportunités de formation continue et un revenu adéquat du télétravail. Les employés devraient bénéficier, en plus de la flexibilité, d'une plus grande sécurité d'emploi et d’un soutien efficace dans la recherche d'un nouvel emploi pendant les périodes de transition. Un accompagnement tout au long de la vie professionnelle sous forme de multiples formations permettraient de s'adapter au changement.

Une forte pression s'exerce sur les employés et demandeurs d'emploi d'aujourd'hui qui doivent être hautement qualifiés et disposés à améliorer continuellement leurs compétences et aptes à en acquérir de nouvelles. Ce besoin croissant en éducation peut être comblé par l'enseignement à distance ou en ligne.

On retient essentiellement trois générations (Peters, (1994)) dans le développement de l'enseignement à distance ou en ligne :  

  • «L'enseignement par correspondance» qui a été lancé par l'Université de Londres au milieu du 19ème siècle. Les instructeurs utilisaient la livraison postale pour faire parvenir du matériel pédagogique aux étudiants sous forme de livres, de manuels et de journaux, et évaluaient leur apprentissage une fois avant la fin du cours;

  • Une deuxième forme, créée au début des années 70 par la British Open University (OU), se caractérise par l'utilisation de moyens de communication de masse comme la radio et la télévision pour diffuser à moindre coût et massivement du matériel pédagogique. On qualifie ce type d'enseignement de «modèle industriel» de l'enseignement à distance, car il permet d'atteindre un large éventail d'apprenants comme les professionnels, les retraités, les militaires, les femmes au foyer, les prisonniers et les personnes à mobilité réduite ...

  • «L'enseignement en ligne» qui a émergé à la suite du spectaculaire développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) au début des années 90. Les systèmes de gestion de l'apprentissage (Learning Management System : LMS) ont été de plus en plus utilisés comme plateformes pour créer, partager et gérer du matériel pédagogique mis en ligne à l'aide d'outils propres aux TIC’s. Le point culminant a été franchi avec les
    «Massive Open Online Course» (MOOC) (Dziuban et al., (2016)).

L'enseignement à distance a sans cesse vu le nombre d'étudiants inscrits augmenter («British Open University (OU)» créé en 1970, l'Université de Hagen en Allemagne créée en 1974, la «China Central Radio and TV University» créée en 1979, et l'Université ouverte des Pays-Bas créée en 1984 avec respectivement 170.000, 80.000, 2,7 millions et 15.000 étudiants inscrits).

Actuellement, le nombre d'étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur en ligne aux États-Unis dépasse le nombre d'inscriptions «traditionnelles» dans l'enseignement supérieur (Dziuban et al., (2016)). 

L'éducation en ligne comprend différents environnements d'apprentissage. Deux types de base d'éducation en ligne sont couramment comparés : éducation en ligne synchrone et asynchrone. L'apprentissage en ligne synchrone est le type d'apprentissage qui se déroule en temps réel.

Il utilise des téléconférences et des chats instantanés pour permettre aux étudiants et aux instructeurs d'interagir instantanément. Le principal avantage de l'enseignement en ligne synchrone est qu'il permet à l'étudiant d'avoir accès à une aide immédiate et d'éviter l'isolement en interagissant avec l'instructeur et ses pairs tout au long d'une séance de cours. Son principal inconvénient est le manque de flexibilité dans les horaires. 

L'apprentissage en ligne asynchrone se produit sans interaction en temps réel avec l'instructeur. L'étudiant suit en étant «autoguidé» des leçons vidéo préenregistrées ou des webinaires utilisant parfois des bibliothèques virtuelles. L'éducation en ligne asynchrone offre une plus grande flexibilité en termes de rythmes d'apprentissage pouvant s'adapter à chaque étudiant.

Les principaux inconvénients sont un contact limité avec l'instructeur et un sentiment d'isolement. Toutefois, l’éducation en ligne synchrone ou asynchrone reste perçue comme des méthodes d’enseignement moins efficaces contre les tricheries aux examens (Kebritchi (2017)). Ces inconvénients de l'éducation en ligne, en général, peuvent être surmontés par des modèles d'apprentissage en ligne mixte ou hybride, qui comprennent un mélange d'apprentissage en ligne synchrone et asynchrone.

Le défi du monde de l'éducation se résume à bâtir un modèle d'enseignement, qui offre une expérience d'apprentissage à la fois significative, efficace et collaborative. La complexité d'un tel modèle provient de la disparité du type d'étudiant et des spécificités des différentes matières à enseigner.

Une première approche consisterait à s'appuyer sur les données disponibles concernant les pratiques qui rendent l'apprentissage en ligne plus efficace dans différents contextes. Les politiques institutionnelles et gouvernementales s’appuieraient sur une utilisation prudente de l'apprentissage en ligne et des modèles de mise en œuvre efficaces (Means et al., (2014)).

L'expérience de l'enseignement en ligne de l'Université Al Akhawayn (AUI) a débuté avec la mise en place en 2008 de la plateforme Jenzabar Learning Management System. Les étudiants ont pu avoir accès à des supports d'apprentissage électroniques comprenant des diapositives, des forums de discussion et les devoirs des cours etc. Jenzabar LMS permet aux instructeurs de partager des ressources électroniques et d'organiser des examens tels que des quiz ou des contrôles continus.

Pendant le confinement sanitaire de la Covid-19, Jenzabar s'est avérée une plateforme utile, qui couvre la partie asynchrone de l'expérience d'apprentissage en ligne à AUI. Les étudiants et les instructeurs utilisent en parallèle Microsoft Teams comme plateforme de communication et de collaboration unifiée pour offrir la partie synchrone de l'expérience en ligne.

L'interaction en temps réel offerte encourage les étudiants à participer, à poser des questions, à s'engager et à partager leurs opinions.

Des services tels que le tutorat, le conseil, le soutien technique et l'accès en ligne aux bases de données électroniques internationales disponibles via la bibliothèque sont également importants pour améliorer l'expérience d'apprentissage virtuelle des étudiants.

La réussite de cette expérience d'apprentissage en ligne à AUI est due, entre autres, à une maîtrise de la technologie appropriée qui a créé un environnement d'enseignement approprié, et principalement à l'expérience pédagogique et l'expertise accrue des professeurs de l'Université Al Akhawayn. Ceux-ci ont pu relever le défi d'obtenir un niveau de qualité proche de l’enseignement présentiel. 

L'intérêt croissant pour la numérisation au Maroc couplé à l'apprentissage à distance ou en ligne qui a eu lieu pendant l'isolement sanitaire, est une opportunité pour passer à un apprentissage en ligne. Les établissements d'enseignement supérieur devraient s'appuyer sur cette expérience et planifier correctement une éducation de haute qualité, efficace et engageante au service des particuliers, des entreprises et du gouvernement.

En particulier, les établissements d'enseignement supérieur limitant le nombre d'étudiants par classe peuvent tirer profit de l'expérience en ligne acquise pour optimiser le processus d’apprentissage. Dans l'environnement d'apprentissage traditionnel, les professeurs passent beaucoup de temps à introduire un nouveau concept, une nouvelle méthode ou un nouveau modèle.

De tels objectifs d'apprentissage devraient être préenregistrés dans de courtes vidéos (d'une durée entre 8 et 10 minutes) et visionnées par les étudiants comme travail de préparation avant de rejoindre la classe. Les professeurs peuvent utiliser le temps gagné pour approfondir les notions de connaissance en les illustrant par une série de travaux pratiques.

Cette méthode connue sous le nom de «classe inversée» jumelée aux activités en ligne forme la base d'un système hybride d'enseignement en ligne adapté aux nouvelles générations dont l'objectif ultime demeure l'amélioration continue de l’apprentissage.

Ce modèle peut s’étendre aux établissements d'enseignement comptant un grand effectif d'étudiants en divisant les classes en petites sections où le professeur peut être assisté par un assistant d'enseignement. L'évolution constante des exigences du marché du travail impose aux demandeurs d'emploi d'être en symbiose avec les technologies du 21ème siècle.

Les étudiants et les employés intéressés à améliorer leur statut professionnel doivent envisager d'être des apprenants à vie. L'éducation en ligne a un rôle important à tenir, qui consiste à faciliter l'accès au savoir et au développement des compétences. 

 

1 : Dr Sallem Koubida, Professeur d'économie à l’école de gestion d’entreprise à l'Université Al Akhawayn, est titulaire d’un doctorat en économie de la ‘Southern Illinois University Carbondale’ USA (2007). Ses travaux de recherche se concentrent sur l’économie internationale comprenant les études d’impact économique.

2 : Dr Anas Bentamy, Professeur d’ingénierie à la faculté des sciences et de l’ingénierie à l’université Al Akhawayn, est titulaire d’un doctorat en génie mécanique de l’école polytechnique de l’université de Montréal, Québec Canada (2003). Ses travaux de recherche se concentrent sur les techniques d’enseignement de l’ingénierie et les énergies renouvelables plus particulièrement l’énergie éolienne.

 

1- Bloom, N., Liang, J., Roberts, J., Ying, Z. (2015) «Does Working from Home Work ? Evidence from a Chinese Experiment» The Quarterly Journal of Economics, Volume 130, Issue 1, February 2015, Pages 165–218

2- Dutcher, E G (2012), «The Effects of Telecommuting on Productivity : An Experimental Examination. The Role of Dull and Creative Tasks», Journal of Economic Behavior & Organization 84(1): 55-363.

3- Dziuban, C., Picciano, A., Graham, C., Moskal, P. (2015) «Conducting research in online and blended learning environments: New pedagogical frontiers». Routledge.

4- He, H., Neumark, D.,  Weng, Q. (2019) «Do Workers Value Flexible Jobs ? A Field Experiment» NBER Working Paper No. 25423

5- Kebritchi, M., Lipschuetz, A., & Santiague, L. (2017). Issues and challenges for teaching successful online courses in higher education : A literature review. Journal of Educational Technology Systems, 46(1), 4-29.

6- Mas, A., Pallais, A. (2017) «Valuing Alternative Work Arrangements» American Economic Review 107(12): 3722–3759

7- Means, B., Bakia, M., Murphy, R. (2014) «Learning Online: What Research Tells Us About Whether, When and How». Routledge.

8- Semlali, S. and Hassi, A. (2016), «Work–life balance: how can we help women IT professionals in Morocco ?», Journal of Global Responsibility, Vol. 7 No. 2, pp. 210-225.

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