Edito : Dame météo

Edito : Dame météo

Par Fatima Ouriaghli, Directrice de la publication


 

Un taux de croissance de 3,7% et un déficit budgétaire prévisionnel de 3,5% : c’est ce que prévoit le projet de Loi de Finances 2020, en retenant notamment comme hypothèses une production céréalière de 70 millions de quintaux, un cours moyen du baril de pétrole de 67 dollars et un cours moyen du gaz butane de 350 dollars US la tonne.

Objectifs réalisables ? Peut-être bien. Car malgré la bonne volonté du gouvernement de stimuler la croissance et contenir le déficit, force est d’admettre qu’il y a des paramètres sur lesquels il n’a aucun contrôle.

Sur le plan local, il y a la pluviométrie qui, selon qu’elle est bonne ou mauvaise, trace le profil de la campagne céréalière, laquelle reste le principal déterminant du taux de croissance.

Parallèlement, l’économie nationale est exposée à certains chocs externes, comme notamment une envolée des cours du baril du pétrole, qui aura une incidence directe sur le Budget. Et justement, le contexte international actuel reste très incertain, marqué par la multiplication des guerres commerciales, les tensions géopolitiques, mais également par de fortes perturbations des marchés financiers.

C’est dans ce contexte qu’a été élaboré le PLF 2020 qui, comme celui de l’année dernière, a une connotation sociale très prononcée. Les priorités ont, dans ce sens, clairement été définies, avec trois secteurs sur lesquels l’action gouvernementale va se concentrer : l'enseignement, la santé et l'emploi.

Le chef de gouvernement, Saad Eddine El Otmani, ne dit pas autre chose. Car, pour lui, ces secteurs constituent «une priorité majeure (...), mais des améliorations s'avèrent nécessaires pour que leurs retombées puissent toucher de larges franges de la société, surtout parmi les démunis et la classe moyenne».

Des priorités au demeurant légitimées par le fait que les systèmes d’enseignement et de santé présentent de nombreuses déficiences, alors que la problématique de l’emploi au Maroc est, quant à elle, structurelle. La croissance réalisée par le Royaume ne permet pas en effet de résorber un chômage dont le taux flirte avec la barre des 10%. D’où l’impératif de booster le PIB non agricole. Faute de quoi, la croissance restera encore otage de dame météo.

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