Sahara marocain: L’ARITHMÉTIQUE POLITICIENNE DE LA FRANCE

Sahara marocain: L’ARITHMÉTIQUE POLITICIENNE DE LA FRANCE

C’est le quotidien français l’Opinion que le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a choisi pour sa première interview accordée à la presse étrangère. Deux éléments importants ressortent de cet entretien : l’Accord d’association Maroc-Union européenne et la posture de la France dans le dossier du Sahara marocain.

Sur le premier point, Akhannouch estime que cet accord a besoin d’un nouvel élan, même s’il est vrai que les échanges entre les deux parties ont triplé lors de la dernière décennie pour atteindre 45 milliards d'euros en 2021. Cela implique d’explorer d’autres pistes de coopération et de les élargir pour englober des domaines comme les énergies renouvelables, la sécurité alimentaire, les technologies de l'information et l'hydrogène vert. Et sur ce registre, le Maroc et l’UE jouent la même partition. C’était d’ailleurs la substance de la visite officielle effectuée dans le Royaume les 5 et 6 janvier par le haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.

Cette visite a permis d’avoir une discussion approfondie sur la mise en œuvre du partenariat Maroc-UE, y compris dans la perspective du nouvel Agenda pour la Méditerranée, mais également de faire le point sur les dossiers en cours et d’explorer les domaines spécifiques où le dialogue et la coopération pourront davantage se renforcer. Sur la question du Sahara marocain, les propos du chef du gouvernement ont été pour le moins clairs.

«Il y a de grandes évolutions dans la reconnaissance par les grandes puissances de la souveraineté du Maroc dans nos provinces du Sud. Paris ne doit pas simplement être un observateur», a-t-il déclaré. Dans un langage moins diplomatique, la France, qui revendique une amitié séculaire avec le Royaume, doit prendre ses responsabilités et sortir de l’ambiguïté, comme l’ont fait les Etats-Unis, l’Espagne ou encore l’Allemagne. Comme l’ont fait ceux qui se disent «amis» du Maroc et qui soutiennent sa position juste et légitime sur la marocanité du Sahara. Et le Roi Mohammed VI a été clair à ce propos, dans son discours du 20 août dernier : «le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international.

C’est aussi clairement et simplement l’aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats qu’il établit». «(…) S’agissant de certains pays comptant parmi nos partenaires, traditionnels ou nouveaux, dont les positions sur l’affaire du Sahara sont ambiguës, nous attendons qu’ils clarifient et revoient le fond de leur positionnement, d’une manière qui ne prête à aucune équivoque», ajoute-t-il. Sauf que, jusqu’à présent, Paris tergiverse. Sur fond d’arithmétique politicienne, elle ménage la chèvre et le chou en voulant notamment éviter de froisser Alger. Cette posture ne peut pas durer. A un moment ou un autre, il va falloir choisir son camp.

 

 

Par F.Z Ouriaghli

 

 

 

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