Genève, lors de la 63ème session du Conseil des droits de l’Homme, un groupe de 40 Etats a réaffirmé son soutien à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud. La déclaration va plus loin : elle soutient une solution politique fondée sur l’initiative marocaine d’autonomie et s’inscrit explicitement dans la dynamique créée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité.
Pris isolément, cela pourrait passer pour un épisode diplomatique de plus dans l’interminable dossier du Sahara marocain. Ce serait pourtant sous-estimer ce qui est en train de se jouer. Car le constat important à faire est que le centre de gravité diplomatique du dossier se déplace progressivement. Pendant des années, le conflit a vécu au rythme d’un vocabulaire soigneusement calibré : «solution politique», «réaliste», «pragmatique», «durable» et «mutuellement acceptable».
Autant de formulations permettant à chacun de conserver une marge de manœuvre. Or, progressivement, cette zone de confort diplomatique se rétrécit. L’autonomie proposée par le Maroc en 2007 n’est plus seulement présentée par plusieurs capitales comme une proposition parmi d’autres. Elle devient, pour un nombre croissant d’Etats, le point autour duquel devrait se construire le compromis politique.
C’est là que la résolution 2797 prend toute son importance. Adoptée le 31 octobre 2025, elle a conforté une évolution déjà perceptible : celle d’une communauté internationale davantage préoccupée par la recherche d’une solution applicable que par la perpétuation indéfinie du statu quo. Et c’est peut-être cela, finalement, le changement le plus profond. Pour autant, aucune victoire diplomatique ne dispense de convaincre sur le terrain. Le développement économique et social des provinces du Sud, leur attractivité, les investissements, les infrastructures et l’implication des populations locales dans la dynamique de développement constituent aussi des arguments politiques.
Peut-être même les plus difficiles à contester lorsqu’ils produisent des résultats visibles. Pour les adversaires de la position marocaine, l’équation devient en revanche plus inconfortable. Continuer à raisonner comme si le rapport de forces diplomatique était celui d’il y a vingt ans, c’est refuser de voir que le dossier a changé de configuration diplomatique. Genève n’est donc pas un épilogue.
C’est une étape supplémentaire dans une bataille diplomatique où le Maroc a réussi, année après année, à déplacer le débat : de la question de savoir s'il existe une solution au conflit vers celle de savoir quelle solution est encore politiquement réaliste. Et lorsque 40 Etats choisissent publiquement de répondre dans le même sens, ce n’est plus tout à fait un murmure diplomatique. Cela commence à faire du bruit.
Par F.Z Ouriaghli