Enfants et numérique : plus de 81% des parents marocains préoccupés par les risques en ligne

Enfants et numérique : plus de 81% des parents marocains préoccupés par les risques en ligne

Une nouvelle étude Kaspersky, menée en partenariat avec le Centre Marocain de Recherches Polytechniques et d’Innovation (CMRPI), révèle que 81,4 % des parents marocains s’inquiètent de ce que leurs enfants peuvent voir ou vivre en ligne, dans un contexte où les usages numériques sont désormais pleinement installés chez les 10-16 ans.

Smartphone, réseaux sociaux, jeux en ligne, vidéos : le numérique occupe désormais une place importante dans le quotidien des enfants au Maroc. Une nouvelle étude menée par Kaspersky auprès de 1 064 parents et tuteurs d’enfants âgés de 10 à 16 ans dresse un état des lieux de leurs usages numériques et de la perception qu’en ont leurs parents. Elle révèle notamment que 81,4 % des parents se disent inquiets de ce que leur enfant peut voir ou vivre en ligne.  

Au-delà de cette inquiétude, l’étude met en évidence un autre enjeu : la manière dont les parents prennent connaissance des difficultés rencontrées par leurs enfants sur Internet. 21,1 % des parents interrogés déclarent que leur enfant a déjà vécu au moins un incident en ligne. Parmi eux, 45,1 % ne l’ont pas appris spontanément de leur enfant, mais en consultant son téléphone ou ses comptes, en le questionnant, par l’intermédiaire d’un tiers ou d’une autre manière.

Le numérique déjà solidement installé dans le quotidien des 10-16 ans

Premier enseignement de l’étude : l’accès aux appareils connectés est largement répandu. 44,9 % des enfants disposent de leur propre smartphone, tandis que 42,4 % ont accès à un smartphone partagé avec un parent ou un membre de la fratrie. La télévision connectée est accessible à 41,1 % d’entre eux, devant l’ordinateur (27,8 %) et la tablette (24 %).

Seuls 3,5 % des enfants n’ont accès à aucun appareil connecté, selon leurs parents. Les écrans occupent également une place significative dans leur quotidien. Hors temps scolaire, 36,7 % des enfants passent entre une et deux heures par jour devant les écrans, 18,5 % entre deux et trois heures, 9,3 % entre trois et quatre heures et 14 % plus de quatre heures par jour.  Parmi les plateformes et services utilisés, YouTube arrive en tête avec 55,3 %, devant WhatsApp (40 %), les jeux en ligne tels que Free Fire, PUBG ou Roblox (36,2 %), les outils d’intelligence artificielle (34,9 %) et Instagram (31,7 %).  

Des parents largement préoccupés par les risques en ligne

Face à cette présence croissante du numérique, l’inquiétude parentale est forte : 81,4 % des parents interrogés se disent plutôt ou très inquiets de ce que leur enfant peut voir ou vivre en ligne. La dépendance aux écrans figure parmi les principales sources d’inquiétude : 86,5 % des parents se disent assez ou très inquiets à ce sujet. Elle est suivie par l’exposition à des contenus inappropriés (81,1 %), les fake news et deepfakes (74,9 %), les contacts ou sollicitations provenant d’inconnus (72,4 %) et les risques liés aux données personnelles (71,8 %).  

Ces préoccupations trouvent un écho dans les situations rapportées par les familles. 21,1 % des parents déclarent au moins un incident vécu par leur enfant. L’exposition à des contenus choquants est la situation la plus fréquemment citée (9,5 %), suivie du contact par un inconnu (8,1 %). Sont également rapportés le piratage de compte ou l’usurpation d’identité (3,2 %), les arnaques ou pertes d’argent (2,7 %) ou encore la réception de messages malveillants en privé (2,3 %).

Quand parler du numérique ne suffit pas toujours à libérer la parole

L’étude révèle toutefois un décalage entre la fréquence du dialogue déclarée par les parents et la remontée spontanée des expériences difficiles vécues par leurs enfants. 92,3 % des parents affirment parler régulièrement ou de temps en temps avec leur enfant des usages numériques et des risques en ligne. Pourtant, 43,5 % indiquent que leur enfant ne leur a jamais parlé spontanément d’un événement en ligne qui l’avait dérangé.  Ce décalage apparaît également lorsque l’on s’intéresse aux familles ayant effectivement identifié un incident. Parmi elles, 54,9 % des parents en ont été informés spontanément par leur enfant.

À l’inverse, 21 % l’ont découvert en consultant son téléphone ou ses comptes, 13,4 % après l’avoir directement questionné et 4 % par l’intermédiaire d’un tiers, comme l’école, un ami ou un autre parent. Au total, 45,1 % des parents concernés par un incident ne l’ont donc pas appris spontanément de leur enfant. Ces résultats montrent que la fréquence des conversations autour du numérique ne suffit pas nécessairement à garantir qu’un enfant se confiera lorsqu’une situation problématique survient. Un parent peut instaurer des discussions régulières sur les usages numériques sans que l’enfant se sente pour autant suffisamment à l’aise pour évoquer spontanément une expérience précise qui l’a dérangée. 

« Les résultats de cette étude montrent à quel point le numérique fait aujourd’hui partie intégrante du quotidien des enfants au Maroc. Dans ce contexte, la sécurité numérique ne peut pas reposer uniquement sur la surveillance ou sur des règles techniques. Il est essentiel que les parents construisent un dialogue régulier avec leurs enfants et, surtout, un climat dans lequel ils se sentent suffisamment en confiance pour parler lorsqu’une situation en ligne les met mal à l’aise. Les outils de protection peuvent accompagner les familles dans cette démarche, mais ils doivent toujours venir en complément du dialogue et de l’éducation aux bons réflexes numériques », explique Gladys Salmouth, Directrice de la communication corporate pour l’Europe et l’Afrique francophone chez Kaspersky.

Accompagner les enfants vers des usages numériques plus sûrs

Pour aider les familles à mieux accompagner les enfants dans leur vie numérique, Kaspersky recommande aux parents de :

● S’intéresser aux activités numériques de leurs enfants, aux plateformes qu’ils fréquentent et aux personnes avec lesquelles ils interagissent, sans attendre qu’un problème survienne ;

● Maintenir un dialogue régulier et sans jugement, afin que l’enfant sache qu’il peut demander de l’aide lorsqu’une expérience en ligne le met mal à l’aise ;

● Définir ensemble des règles adaptées à l’âge de l’enfant, notamment concernant le temps d’écran, les applications utilisées, les achats en ligne et le partage d’informations personnelles ;

● Sensibiliser les enfants aux principaux risques numériques, comme les contenus inappropriés, les sollicitations d’inconnus, le cyberharcèlement, les arnaques ou la divulgation de données personnelles ;

● Associer dialogue, éducation numérique et outils de protection, notamment des solutions de contrôle parental adaptées, plutôt que de considérer ces approches comme alternatives. 


 

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