DANS LA CHALEUR DE LA NUIT

DANS LA CHALEUR DE LA NUIT

Le propos n’est pas de s’épancher sur ce film américain (In the Heat of the Night) sorti en 1967 et qui a raflé cinq Os-cars. Non. Nous ne parlons pas de cinéma, mais d’une réalité bien plus dramatique qui frappe le Maroc. Pendant plusieurs jours, le nord du Royaume a vu rouge, croulant sous la chaleur des flammes et des braises.

Les incendies qui se sont déclarés dans cette région depuis le 13 juillet ont détruit environ 9.200 hectares de couvert forestier dans les provinces de Larache, d’Ouezzane, Tétouan et de Chefchaouen, dont 7.800 ha dans la commune Souk L’qolla. Des centaines de familles ont dû être déplacées par mesure de sécurité.

La cause de ces incendies ? Que l’on se rassure, nous ne pointerons pas du doigt nos voisins algériens. Même si eux, dans l’absurdité de leurs réflexions et leurs délires paranoïaques, n’ont pas hésité à accuser le Maroc d’être à l’origine des incendies qui ont ravagé la Kabylie en août dernier. Non, nous savons faire preuve de rationalité et ne verserons pas dans de telles aberrations. Sans prendre de raccourcis hâtifs, on peut quand même affirmer sans risque de se tromper que deux éléments essentiels peuvent expliquer ces incendies : la bêtise humaine et le fameux changement climatique.

D’un côté, il y a les pyromanes habités par leur obsession d’allumer des incendies et ces inconscients et irresponsables qui, tantôt se permettent de jeter leurs mégots sur des herbes asséchées, tantôt allument un feu pour se faire un piquenique en pleine forêt. D’un autre, le Maroc traverse cette année une sécheresse qui s’est traduite par une importante baisse des ressources hydriques, lesquelles ont diminué de 85% en raison des faibles précipitations et de la baisse du volume des chutes de neige.

Les fortes chaleurs enregistrées actuellement entrainent dès lors le dessèchement des herbes qui deviennent particulièrement inflammables. La moindre étincelle, et c’est la catastrophe. Tout cela a de quoi inquiéter. Car le Royaume est appelé, de plus en plus souvent, à faire face à la récurrence des sécheresses. Elles deviennent structurelles et plus fréquentes. Voire même plus sévères à cause notamment du changement climatique qui perturbe les régimes pluviométriques.

Et ce phénomène n’est pas spécifique au Maroc; il est mondial. Comme en témoignent les incendies qui ravagent la Gironde, en France : près de 20.000 hectares sont partis en fumée. L’on comprend alors mieux l’inquiétude de l’Organisation des nations unies, qui estime que «la sécheresse est sur le point de devenir la prochaine pandémie et il n’y a pas de vaccin pour la guérir». D’où la nécessité pour le Maroc d’anticiper et de commencer à muscler ses moyens d’intervention (humains et matériels). Puisque des incendies, il y en aura d’autres. Peut-être même plus destructeurs. 

 

 

 

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