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Développement durable

Transport durable : La mise à niveau environnementale du secteur s’impose

Transport durable : La mise à niveau environnementale du secteur s’impose
Lundi 23 Mai 2016 - Par admin

voiture

Le secteur du transport marocain est considéré comme étant un vecteur majeur d’émissions de GES avec 15% du total national, et dont la part de CO2 représente 12%.

 Honorer les engagements pris par le Maroc dans le cadre de l’Accord de Paris (13% à l’horizon 2030 en matière de réduction de gaze à effet de serre) requiert l’implication de tous les secteurs, particulièrement les plus pollueurs, notamment l’énergie, l’agriculture, l’industrie et le transport. Ce dernier est considéré comme étant un vecteur majeur d’émissions de GES avec 15% du total national, et dont la part de CO2 représente 12%.
L’augmentation du nombre de véhicules en circulation (environ 3,6 millions en 2015 contre 3,4 millions en 2014), associée au vieillissement du parc (15 ans pour les voitures et 20 ans pour les utilitaires) et à son mauvais entretien entraînent d’année en année un accroissement nocif de l’impact environnemental de ce secteur.
Cet état de fait s’explique également par le tarif avantageux du diesel, qui a entraîné la diésélisation du parc (70%) et l’augmentation de la consommation de ce carburant au détriment de l’essence sans plomb, beaucoup moins polluante. Une question s’impose : quelles sont les mesures prise par le gouvernement pour réduire ces émissions ?
Il faut dire que comparativement à nos voisins européens, le Maroc est toujours à la traîne en matière de réduction des émissions de GES dans le secteur du transport, malgré quelques timides tentatives. En France par exemple, où les émissions de GES des véhicules sont soumises à une réglementation très stricte et surtout appliquée, le gouvernement a mis en place des mesures très incitatives visant à améliorer l’efficacité énergétique des véhicules neufs du transport routier. Entre autres mesures, encourager le développement des véhicules à faibles émissions (notamment électriques et hybrides rechargeables), le développement des biocarburants, et favoriser le report modal vers des moyens de transport moins émetteurs. Autre dispositif et pas des moindres, celui du bonus malus qui permet de soutenir le renouvellement du parc automobile et de participer à la réduction significative des émissions moyennes de CO2 des voitures particulières.
Sans oublier qu’avec un réseau de transport en commun étoffé, les Français n’utilisent leur voiture qu’en cas de nécessité. Ce qui n’est pas le cas au Maroc, où faute de transport en commun de qualité, la voiture est devenue le moyen de transport de prédilection de nos concitoyens sans conteste. Il faut dire que c’est plus par besoin, que par un choix, dicté par la réalité !
Pas faute d’avoir essayé !
Pourtant, les pouvoirs publics marocains ont mis en place des initiatives qui n’ont pas abouti ou sont encore en cours de réalisation. Entre autres mesures, celles prévues dans le contrat-programme pour le développement de la compétitivité logistique du Maroc signé en 2010. Parmi ses objectifs, la réduction de 35% des émissions de CO2 émises par les moyens de transport à l’horizon 2015, et la diminution de 30% du nombre de tonnes kilomètres pour contribuer à décongestionner les routes et les villes marocaines. Aussi, le gouvernement a-t-il lancé en 2013 un programme de renouvellement du parc de véhicules de transport routier : le transport de marchandises et celui des voyageurs. Concernant le transport de marchandises, toujours en cours de réalisation, les enveloppes budgétaires allouées ne sont pas très incitatives, ce qui explique en partie le non-aboutissement des objectifs escomptés.
Faut-il rappeler que ce programme est financé par le Fonds d’accompagnement des réformes du transport routier urbain et interurbain (FART), au niveau interurbain par le ministère de l’Equipement et au niveau urbain (surtout les taxis) par le ministère de l’Intérieur.
De leur côté, les professionnels du secteur ne manquent aucune occasion pour exprimer leur sensibilité au volet environnemental et leur engagement pour la réduction des GES.
«Depuis quelques années, nous avons élaboré avec le ministère de l’Environnement une charte d’engagements volontaires de réduction des émissions de CO2 que nous n’avons toujours pas signée. Il faut dire que nous n’avons ressenti l’engouement de l’administration pour la réalisation de cette charte que depuis cette année», nous a confié Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport de la Confédération générale des entreprises du Maroc. Cette charte, qui traduit la prise de conscience des professionnels du secteur quant aux enjeux liés à l’environnement, a pour objectif d’inciter les entreprises issues des secteurs de transport et de la logistique à s’engager sur 5 ans dans un plan d’actions concret et personnalisé en vue de diminuer les émissions de CO2 par leurs activités.
La question est de savoir qu’attendent les pouvoirs publics pour signer cette charte et mettre le secteur aux normes internationales.

1 Md de DH pour le renouvellement du parc
Abdelilah Hifdi a, souligné que la Fédération s’est penchée sur une réforme qui se traduira par la signature (très prochainement) d’un contrat-programme avec l’Etat concernant le transport de voyageurs, qui prévoit une enveloppe d’1 Md de DH pour le renouvellement du parc.
Le président de la Fédération a également insisté sur un volet non moins important, celui de la formation qui figure parmi les dispositifs du Code de la route et qui comporte des modules sur la conduite rationnelle. Il va sans dire que la transition vers un transport «durable» est largement tributaire de l’aboutissement de ces mesures qui, espérons-le, devraient voir le jour, vu les engagements internationaux du Maroc, pays hôte de la COP22.

Lamiae Boumahrou

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