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Transition énergétique et développement durable: ce qui attend la nouvelle ministre

Transition énergétique et développement durable: ce qui attend la nouvelle ministre

La nomination de Leila Benali au poste de ministre de la Transition énergétique et du Développement durable n’est pas le fruit du hasard.

 

Par M. Diao

 

C’est un truisme de préciser qu’en matière de gouvernance au niveau des entités-clefs (gouvernement, administration), la compétence et l’expérience peuvent faire la différence. D’ailleurs, en parcourant le CV de la plupart des nouveaux ministres qui composent le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch, il est aisé de s’apercevoir que les deux atouts précités constituent un dénominateur commun, si ce n’est des critères de choix. Cette donne est de bonne guerre et consacre la célèbre formule  : «L’homme qu’il à la place qu’il faut». La nomination de Leila Benali est parfaitement en phase avec ce principe salutaire, lequel devrait guider les décisions de nomination dans la sphère étatique.

Une femme experte en la matière

La nomination de Leila Benali au poste de ministre de la Transition énergétique et du Développement durable n’est pas le fruit du hasard, au regard du parcours de celle qui a succédé à Aziz Rabbah. Experte chevronnée dans le domaine énergétique, Benali a été jusque-là économiste en chef, directrice de la Stratégie, de l’Economie et de la Durabilité chez Arab Petroleum Investments Corporation (Apicorp). L’ancienne directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique à IHS (Cabinet international de recherche et conseil en sécurité et énergie) a été professeur à Sciences Po et ingénieur industriel chez Schlumberger. Au regard de ce qui précède, force est d’admettre que la nouvelle ministre, également docteur en économie de l’énergie, n’est pas sans savoir les défis majeurs du Royaume en matière de transition énergétique et de développement durable. L’expertise de la lauréate de l’Ecole Mohammadia d’Ingénieurs et de l’Ecole Centrale Paris en matière de stratégie, d’investissement, de financement et de diplomatie énergétique, peut être un atout incontestable pour concrétiser la principale ambition énergétique du Royaume : porter dans le mix énergétique la part des énergies renouvelables à 52% à l’horizon 2030.

La tâche sera ardue

Leila Benali devra également œuvrer pour l’accélération de l’édification de l’économie circulaire au Maroc. Ce qui passe, entre autres, par la mise en place de solutions efficaces pour la multiplication des décharges contrôlées, l’adoption et la généralisation du tri des déchets ménagers et surtout l’augmentation substantielle des taux de recyclage des déchets ménagers (moins de 10%) et industriel. La lutte contre la pollution sous toutes ses formules (air, plages, eaux de baignade, etc.) doit avoir davantage de place sous l’ère Benali. L’arrivée aux affaires de la nouvelle ministre coïncide avec le positionnement du Maroc sur le marché de l’hydrogène vert qui pèse plusieurs milliards de dollars. Tout l’enjeu sera de bâtir un écosystème approprié permettant au Royaume de capter près de 4% du marché mondial de l’hydrogène vert. Un pari loin d’être gagné pour l’heure.

 

Le potentiel économique de l’économie verte

Ce n’est pas trop demander à la nouvelle ministre que de lui suggérer de faire en sorte que l’Etat porte une vision globale d’un écosystème vert performant. Cela impliquerait, entre autres, la valorisation de 65% des déchets. Des chiffres officiels montrent que l’économie verte serait susceptible de générer plus de 60.000 emplois à horizon 2030. Le Maroc pourrait également se fixer l’objectif de générer un chiffre d’affaires de 12,2 milliards de DH dans la valorisation. Et ce, outre le but d’atteindre à terme une valeur ajoutée de 3,7 milliards de DH en la matière. Notons enfin que pour atteindre les objectifs de valorisation, 13 filières doivent être mises à contribution (aluminium et cuivre, déchets de peaux de bêtes, de construction et de démolition, batteries usagées, plastique, papier et cartons, pneus usés, huiles lubrifiantes usées, huiles alimentaires, etc.).

 

 

 

 

 

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