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Interconnexions électriques : accélérateur pour la transition énergétique du Maroc

Interconnexions électriques : accélérateur pour la transition énergétique du Maroc

Conscient du rôle crucial des interconnexions électriques dans sa transition énergétique vers un modèle bas carbone, le Maroc a fait de l’intégration régionale des réseaux et des marchés électriques l’une des priorités de sa stratégie énergétique nationale.

 

Par Désy M.

Depuis plus d'une décennie, le Maroc multiplie des stratégies pour augmenter sa capacité énergétique issue de sources renouvelables. Pour ce faire, plusieurs projets ambitieux et des investissements conséquents dans les technologies solaires, éoliennes et hydrauliques sont réalisés. Dans cet élan de maximiser l'utilisation de ces énergies propres et pallier leur intermittence, le Royaume mise sur une stratégie d'intégration régionale ambitieuse : le développement des interconnexions électriques avec ses voisins.

Récemment, par l’entremise de sa ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, il a procédé à la signature d’un mémorandum d’entente avec la Mauritanie, représenté également par son ministre de l’Energie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled. Cet accord prévoit la réalisation d’une nouvelle ligne électrique reliant les deux pays. Cette infrastructure permettra d’échanger de l’électricité, en grande partie d’origine renouvelable, tout en assurant une sécurité énergétique mutuelle face aux fluctuations de la demande.

«Cette importante initiative va donc renforcer la politique du Maroc en matière d’intégration régionale dans le marché régional de l’électricité. Notons que l’intégration régionale constitue le troisième pilier de la transition énergétique du Maroc, aux côtés de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables», souligne Said Guemra, expert en énergie. Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus large visant à positionner le Maroc comme un pont énergétique entre l’Europe et l’Afrique. Avec des projets ambitieux comme le développement conjoint d’infrastructures d’hydrogène vert, les deux pays entendent exploiter les synergies offertes par leurs ressources naturelles complémentaires.

Un réseau d’interconnexions stratégiques

Le Maroc ne part pas de zéro. En optant pour une stratégie d’interconnexion bien ficelée, le pays a montré qu’il est possible d’intégrer des systèmes énergétiques complexes et transfrontaliers. «En novembre 2022, un mémorandum signé avec des pays européens a tracé une feuille de route pour les échanges d’électricité d’origine renouvelable, consolidant davantage cette position stratégique, le mettant ainsi au centre d’un grand marché électrique avec plusieurs corridors énergétiques entre l’Europe et l’Afrique. Sa connexion avec les deux champions d’Europe des renouvelables, l’Espagne et le Portugal, en plus de la Mauritanie, va donc permettre d’échanger les renouvelables et améliorer les parts dans le mix électrique de chaque pays», explique Guemra.

Malgré la suspension des interconnexions avec l’Algérie en raison des tensions diplomatiques, le pays est doté de deux interconnexions sous-marines avec l’Espagne, d’une capacité totale de 1,4 GW et bientôt renforcées à 2,1 GW. D’autres projets sont en préparation, notamment une ligne de 1 GW avec le Portugal, et celle avec la Mauritanie représentera un total de plus de 75% de la puissance renouvelable totale du pays en 2023. Ces infrastructures représentent des artères vitales pour évacuer les excédents d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables, évitant ainsi leur gaspillage. Pour accompagner ces interconnexions, le Maroc développe également des solutions de stockage énergétique à grande échelle.

Des projets tels que Noor Midelt 2 et 3 intégreront des batteries de stockage d’énergie (BESS), tandis que les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) d’Afourar (464 MW) et d’Abdelmoumen (350 MW), d’une capacité combinée de 814 MW, jouent un rôle clé dans la gestion des pics de consommation et des excédents renouvelables. «La technologie des systèmes de stockage d’énergie par batteries, qui commence à connaitre un développement important dans le monde, peut connaitre également un développement non négligeable au Maroc.

Avec les développements des interconnexions avec les pays voisins, des stations de transfert de l’énergie par pompage et des stockages sur batteries, le Maroc met toutes les chances de son côté pour pouvoir développer les renouvelables de manière accrue. Le but est d’espérer pouvoir atteindre un pourcentage d’électricité intermittente pouvant dépasser les 60% à 70% de part des renouvelables dans son mix électrique de 2050», conclut l’expert.

 

 

 

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