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Hydrogène vert: pourquoi le Maroc est-il à l'affût ?

Hydrogène vert: pourquoi le Maroc est-il à l'affût ?

Le Royaume fait partie des pays à fort potentiel pour la production et l’export de molécules vertes, pour ne citer que l’ammoniac et le méthanol.

Il pourrait capter jusqu’à 4% du marché mondial de l’hydrogène, soit près de 3 milliards de dollars.

 

Par M. Diao 

 

Ces dernières années, le Royaume a posé plusieurs actes allant dans le sens de la réduction de la dépendance énergétique, qui a baissé pour se situer aujourd’hui autour d’un peu plus de 90%. A ce titre, force est d’admettre que l’une des orientations majeures du Royaume est de se donner les moyens nécessaires afin d’intégrer le club sélect des pays producteurs de combustibles verts, qui constituent un marché porteur au regard des projections.

Ces dernières tablent sur une forte demande de la part des pays européens au cours des années à venir. Rappelons que le Maroc s’est attelé à la mise en place d’une commission nationale d'hydrogène, couplée à la feuille de route de production de l'hydrogène et ses dérivés à base d'énergies renouvelables.

Ladite commission a un rôle de pilotage, puisqu’elle aura pour mission de diriger et assurer le suivi de la réalisation des études dans le domaine d'hydrogène, ainsi que d'examiner la mise en œuvre de la feuille de route précitée.

Les vertus de l'hydrogène sont multiples. Il peut être produit à partir des énergies renouvelables. De plus, une combinaison hybride d'énergie solaire et éolienne peut fournir un facteur de charge élevé pour le processus d'électrolyse, ce qui permet d'obtenir un coût compétitif de l'hydrogène vert. Cela est d’autant plus crucial si l’on sait que le coût dans le domaine énergétique est une variable essentielle.

Le Maroc a une place à se faire

Différentes entités nationales ont fait savoir que le Maroc fait partie des pays à fort potentiel pour la production et l’export de molécules vertes, pour ne citer que l’ammoniac et le méthanol. Très concrètement, le Royaume pourrait capter jusqu’à 4% du marché mondial de l’hydrogène, soit près de 3 milliards de dollars. Ce qui constitue une manne financière pour l’économie nationale et une réelle opportunité pour l’essor de la recherche et développement.

La proximité du Maroc avec l’Europe, qui affichera une forte demande pour les combustibles verts, conforte l’orientation du Royaume qui dispose ainsi de tous les atouts pour développer sa production d’hydrogène vert. D’ailleurs, comme action concrète, l’on peut citer la création de la plateforme nationale de recherche et développement, en l’occurrence le centre «Green H2A». Ce projet est une plateforme de test comprenant des pilotes de petites puissances d’électrolyses, d’ammoniac vert, du méthanol vert et de combustibles synthétiques. Il y a lieu de souligner également l’implication de la recherche scientifique à travers l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) et l’Université polytechnique Mohammed VI, qui travaillent de concert pour développer la recherche de base sur l’hydrogène vert.

Dans le même ordre d’idées, notons que Masen projette de développer un projet de référence portant sur l’hybridation (éolien, solaire etc.). La tutelle est formelle. La production de l’hydrogène vert ouvrirait au Maroc de grandes perspectives, notamment à l’export. En clair, la production d’ammoniac pourrait jouer un rôle important dans cette ouverture à l’international. De plus, combiné à l’azote, l’hydrogène permettra à long terme au Maroc d’économiser les 2 millions de tonnes d’ammoniac importées annuellement.

Ce qui sera bénéfique à la balance commerciale, jusque-là déficitaire structurellement. Le recyclage du carbone pour la production du méthanol synthétique, le kérosène synthétique et le diesel synthétique est de nature à enrichir la chaîne de valeur.

Par ailleurs, il importe de noter que le Maroc et le Portugal ont signé, en février 2021 à Rabat, une déclaration de coopération sur l’hydrogène vert afin de mettre en place les bases nécessaires pour développer le partenariat dans cette filière d’énergie propre entre les acteurs économiques des deux pays. C’est dire que le pays met à profit ses excellentes relations bilatérales afin de booster ce secteur à fort potentiel pour l’avenir.

 

 

 

 

 

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