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Construction durable: la fibre écologique gagne lentement du terrain

Construction durable: la fibre écologique gagne lentement du terrain

Plusieurs textes de loi ont été promulgués pour favoriser l’efficacité énergétique.

L’écoconstruction engendre des surcoûts, mais elle séduit certains acquéreurs.

 

Par C. Jaidani

 

Le BTP est l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie nationale. Aujourd’hui, le gouvernement et les opérateurs du secteur veulent renforcer l’aspect écologique dans la construction à travers des textes de loi et des règlements en phase avec ce qui est admis à l’international. La fibre écologique fait de plus en plus son chemin auprès des professionnels et elle est exigée par les donneurs d’ordre et les acquéreurs. Il faut noter que la dynamique que connait le secteur est une occasion pour introduire de nouveaux process de construction durable et d’efficacité énergétique. Mais, en pratique, des contraintes freinent la réalisation des objectifs assignés.

«L’Administration marocaine est sensible au volet écologique. Mais actuellement, il n’existe pas de dispositifs ou d’incitations comme le font certains pays. Pour respecter les normes de durabilité, il faut supporter un surcoût par rapport à la construction conventionnelle, qui est imputé sur le prix final. Excepté les bâtiments de haut standing, il est difficile de convaincre l’acquéreur de cette hausse de prix», souligne Rachid Khayatey Houssaini, président de l’Association marocaine de la construction durable (AMCOD) et vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI).

Il propose une classification des bâtiments et une taxation urbaine en fonction de leur déperdition énergétique. Le respect de l’environnement est un enjeu de première importance pour les architectes. Du fait qu’ils sont les maîtres-d‘œuvre du projet, ils choisissent les plans et les matériaux utilisés.

Par leur approche globale et leur capacité d’intégrer plusieurs paramètres, ils sont capables d’inciter tous les acteurs du BTP à opter pour l’écoconstruction. «Notre secteur est un levier majeur pour concilier les aspirations des individus avec les contraintes collectives dans un cadre qui prend en considération l’intérêt des générations futures», souligne Mohamed Karim Saï, président de l’Ordre des architectes de la région du Grand Casablanca.

«Construire durable, ce n’est pas seulement ériger un bâtiment énergétiquement performant. Il s’agit de le concevoir dans une démarche globale de respect de l’environnement. La conception architecturale doit être pensée de façon à réduire les consommations d’énergie et répondre aux besoins des usagers», ajoute-t-il.

Le bâtiment s’accapare au total 36% de la consommation d’énergie nationale. Il est donc primordial de promouvoir l’efficacité énergétique dans la construction. Dans ce cadre, le Royaume a réalisé d’importantes avancées en la matière, mais reste toutefois en deçà des normes internationales, notamment pour ce qui est de l’intégration des préoccupations énergétiques et écologiques en amont de la conception de projets urbains et de villes nouvelles.

 

Les projets labellisés ont la cote
Des projets labellisés écologiques sont de plus en plus présentés sur le marché. L’écocité de Zenata en est le parfait exemple. Conçue pour accueillir 300.000 habitants, la ville a adopté un concept qui a fait ses preuves dans plusieurs métropoles étrangères. Les projets sont réalisés selon un cahier des charges bien précis. Les résidences sont situées dans un environnement organisé selon les principes traditionnels des médinas marocains. Il faut dire que l’aspect écologique est un argument commercial vendeur malgré son coût élevé. Il est véhiculé par plusieurs promoteurs, notamment dans le pôle urbain d’Anfa ou dans certains projets touristiques de grande envergure.

 

 

 

 

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