Bank Al-Maghrib : Une structure de défaisance à l'étude

Bank Al-Maghrib : Une structure de défaisance à l'étude

Le secteur bancaire se fait l'écho, depuis quelques semaines, du lancement d'un projet de structure de défaisance au Maroc​ pour alléger les bilans bancaires de leurs "actifs toxiques"​. Abdellatif Jouahri a clarifié la position de la ​B​anque centrale sur ce point en conférence de presse mardi. 
 

La banque centrale réfléchit à cette possibilité. "Oui, on y pense. Nous avons reçu des propositions que nous étudions", indique le Wali de la ​B​anque centrale pour qui il est ​encore ​prématuré ​de se prononcer​.​  "Il n y a encore aucune décision qui été prise à ce sujet car cela ne dépend pas uniquement de nous mais également des banques concernées". De plus, plusieurs points techniques sont encore à régler​, précise le Wali de la Banque centrale​.

Ces structures de défaisance, souvent publique​s,​ ont le surnom très réducteur de "banques poubelles"​ ou "Bad bank"​. Leur objet est de racheter des créances en souffrances et d'autres actifs fortement dépréciés auprès des banques commerciales ​à des valeurs supérieures au prix de marché pour nettoyer leur bilans, les remettre à flot et leur permettre de ​continuer à ​financer correctement l'économie.  Les opération de défaisance ont permis à nos voisins Sspagnols d'éviter des faillites bancaires lorsque le pays était frappé de plein fouet par la crise immobilière de 2011-2012. ​D'ailleurs, les professionnels estiment que ce modèle serait le plus scruté dans le cadre de cette étude de faisabilité. 


Abdellatif Jouahri évoque également la problématique des dations en paiement​ dans le secteur bancaire​. "Nous sommes en train d'encadrer cette pratique à travers une directive pour en fixer les modalités sachant que peu de pays ont pris une telle décision​ (ndlr : d'encadrer la pratique)​​"​. Jouahri évoque furtivement le​ type​ ​de ​modalités à fixer, comme la nature des biens à ​accepter en dations​​ ou la durée de détention dans les bilans des banques qui​, théoriquement,​ n'ont pas vocation à détenir des actifs ​aussi peu liquides​ dans leurs bilans. Ces dations permettent aux promoteurs immobiliers de rembourser leurs ​dettes bancaires "en nature" lorsqu'ils ​ont des problèmes de liquidité. La pratique s'est rapidement développée au Maroc ​parallèlement à la crise traversée par les promoteurs immobiliers. 

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