Tribune/Coronavirus : Quelles mesures préventives menées par les institutions monétaires internationales ?

Tribune/Coronavirus : Quelles mesures préventives menées par les institutions monétaires internationales ?

Par Adil El jouali, professeur chercheur spécialiste en Economie Internationale.

 

Alors que la crise pandémique s’amplifie, l’économie avec ses deux sphères (réelle et monétaire) pique littéralement du nez. La tempête covid-19 a dégagé  un signal de panique sur les marchés financiers, et comme à chaque crise, les regards se tournent vers les banquiers centraux afin de remédier le déséquilibre. En ce moment crucial, chaque pays joue sa propre partition, en dépit des unions monétaires et coopération financières. En Europe, si les banquiers centraux avaient répondu de concert à la crise des « subprime » à l’été 2008, cette fois chacun a agi dans son coin et mis les autres sous pression voir en difficulté, indiquent les experts internationaux. Dans ce point-là, l’Italie est considéré comme l’exemple le plus rude. Chacun espère que la banque centrale européenne (BCE) ramènera le calme, estiment les observateurs internationaux.

Cette crise pandémique constitue le premier vrai test pour Christine Lagarde, la présidente de la BCE, qui a l’attribution de mettre en œuvre la politique monétaire unique dans la zone euro. Plus précisément, c’est l’Eurosystème, constitué par les banques centrales nationales de la zone euro et la BCE, qui définit la politique monétaire unique. L’objectif principal consiste à maintenir la stabilité des prix, en d’autres termes, à sauvegarder la valeur de l’euro, ainsi que la conduite de la politique de change.

La crise covid-19 a provoqué une réaction au Bazooka de la BCE avec un plan d’aide de 750 milliards d’euro destinés à des rachats de dettes publique et privée. Elle a incité aussi les banques européennes à continuer à prêter et soutenir l’emploi et la production. Ce dispositif d’urgence mené par la BCE contre la pandémie représente 7,3% du PIB de la zone euro.

Le président français, Emanuel Macron a appelé les Etats de l’UE à des interventions budgétaires et une  solidarité financière accrue au sein de la zone euro.

Par ailleurs, face à cette crise, neuf pays de la zone euro à savoir « France, Italie, Espagne, Portugal, Irland, Grèce, Belgique, Luxembourg, Slovénie » appellent à créer des «coronabonds». L’expression revient de plus en plus régulièrement dans les sphères européennes. La présidente de la BCE a demandé lors d’une visioconférence aux ministres des finances de la zone euro d’envisager sérieusement l’hypothèse des « coronabonds ». Afin de financer leur déficit, chaque année les Etats émettent des obligations, qui sont en fait des promesses de remboursement avec plus ou moins d’intérêts. Ces titres sont mis sur les marchés et peuvent être acquis par des investisseurs publics ou privés comme des fonds de pensions ou des fonds d’assurance.

Sur un autre registre, les autorités monétaires du G7+Espagne ont annoncé des mesures préventives face à la crise. Selon  la BCE : «L’Allemagne a mobilisé 550 milliards d’euro comme prêts sans limite pour les entreprises locales.

La France a alloué un budget de 345 milliards d’euro pour le soutien aux très petites entreprises et au chômage partiel, et une intervention au capital de grands groupes.

L’enveloppe budgétaire pour l’aide de l’Italie et l’Espagne s’élève respectivement à 25 milliards d’euro et 200 milliards d’euro, considéré insuffisant comparativement avec le budget des autres pays de G7.

Le Japon a consacré 1.600 milliards de yens comme prêts sans intérêts aux PME. La conjoncture est légèrement conséquente au Canada, sa principale mesure consiste à injecter 92 milliards de dollars canadiens, qui seront dépensée comme aide aux travailleurs précaires, entreprises en difficultés et report d’impôts.

La contribution des autorités britanniques s’est chiffrée de 370 milliards  de livres. Quant aux USA, la réserve fédérale a injecté 2500 milliards de dollars reparties en dons de soutien aux petites entreprises et les secteurs les plus frappés  (hôtellerie, tourisme,…), financement de chômage partiel et arrêts maladie, et autres aides sociales ».

La banque mondiale et le FMI (le Fonds monétaire international) ont appelé les créanciers bilatéraux officiels d’alléger les dettes des pays les plus pauvres du monde qui risquent de subir de plein fouet les effets de virus. Cela aidera les pays de l’AID (Association internationale de développement) à résoudre leurs besoins immédiats en liquidités afin de surmonter les défis posés par la pandémie et de prendre le temps d’évaluer l’impact de la crise et les besoins de financement de chaque pays, annoncent le FMI et la banque mondiale dans un communiqué. Parmi les pays membre de l’AID, figurent de nombreux Etats africains.

Les mesures préventives menées par les institutions et les autorités monétaires internationales expriment vraisemblablement leur forte implication dans cette bataille intestine contre les effets économiques et financiers de la pandémie.

Des plans d’urgence avec financement immédiat ont été déployés, des instruments financiers divers ont été utilisés. Et si ce malin virus épuise tous les stratagèmes de toutes les instances internationales, quelle stratégie financière devraient-elles menées ?

 

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