À l’approche des prochaines élections législatives, les nouvelles statistiques des listes électorales dessinent un corps électoral sensiblement différent de celui de 2021. Le Maroc compte désormais 15,8 millions d’inscrits. Mais c’est surtout leur profil qui évolue : les moins de 35 ans ne représentent plus que 18% des électeurs, tandis que les 60 ans et plus pèsent désormais 30%. La répartition entre hommes et femmes reste, elle, inchangée.
Le visage du corps électoral marocain a changé en cinq ans. Les statistiques issues de la révision exceptionnelle des listes électorales, arrêtées au 10 juillet 2026, font état de 15.801.162 personnes inscrites.
Au-delà de ce chiffre global, la ventilation des données par âge, genre et milieu de résidence permet de dresser le portrait des électeurs inscrits en 2026 et, surtout, de mesurer les évolutions intervenues depuis les dernières élections législatives de 2021.
Le changement le plus important concerne l'âge. En cinq ans, le poids des jeunes s'est sensiblement réduit dans les listes électorales, tandis que celui des catégories les plus âgées s'est renforcé.
En 2026, les électeurs âgés de 18 à 24 ans ne représentent que 3% des inscrits. Les 25-34 ans pèsent, pour leur part, 15%.
Au total, les moins de 35 ans constituent donc 18% du corps électoral marocain.
La situation était sensiblement différente en 2021. Les 18-24 ans représentaient alors 8% des inscrits, tandis que les 25-34 ans en représentaient 19%.
Les moins de 35 ans concentraient ainsi 27% des personnes inscrites sur les listes électorales.
Entre 2021 et 2026, leur poids a donc reculé de 9 points, de 27% à 18%.
Le mouvement est particulièrement marqué chez les 18-24 ans. Leur part passe de 8% à 3%, soit une diminution de 5 points.
Cette évolution est d'autant plus notable qu'en 2021, la sous-représentation des jeunes sur les listes électorales constituait déjà un enjeu. Le rapport d'observation des législatives du Conseil de l'Europe relevait alors que les 18-24 ans représentaient 8% des inscrits, alors que leur poids attendu dans la population concernée était nettement supérieur.
À l'autre extrémité de la pyramide des âges, l'évolution va dans le sens inverse.
Les électeurs âgés de 60 ans et plus représentent désormais 30% des inscrits, contre 23% en 2021.
Leur poids augmente donc de 7 points en cinq ans.
Le rapport entre les deux grandes générations s'est ainsi inversé. En 2021, les moins de 35 ans représentaient 27% des inscrits, soit quatre points de plus que les 60 ans et plus, à 23%.
En 2026, les moins de 35 ans ne représentent plus que 18% des inscrits, tandis que les 60 ans et plus atteignent 30%. L'écart est désormais de 12 points en faveur de ces derniers.
Les catégories intermédiaires connaissent des mouvements beaucoup plus limités. Les 35-44 ans représentent 21% des inscrits, exactement comme en 2021.
La tranche des 45-54 ans progresse légèrement, de 20% à 22%, tandis que celle des 55-59 ans reste stable à 9%.
La comparaison met donc en évidence une évolution essentiellement concentrée aux deux extrémités de la pyramide : recul du poids des plus jeunes et progression des plus âgés.
Cette transformation intervient dans un corps électoral également moins important numériquement que celui recensé à l'approche des élections de 2021.
Au 30 juillet 2021, les listes électorales générales comptaient 17.983.490 personnes inscrites. En 2026, les statistiques arrêtées au 10 juillet font état de 15.801.162 inscrits.
La différence entre ces deux situations statistiques atteint ainsi 2.182.328 personnes, soit environ 12,1%.
Cette comparaison du nombre global doit toutefois être distinguée de celle de la structure par âge. Les données disponibles permettent de mesurer précisément l'évolution du poids de chaque tranche dans l'ensemble des inscrits, mais pas d'en déduire directement l'évolution du nombre absolu de jeunes électeurs sans disposer des effectifs détaillés par âge.
Si la structure par âge évolue fortement, la répartition entre hommes et femmes affiche une stabilité remarquable.
En 2026, 54% des inscrits sont des hommes et 46% des femmes.
C'était exactement la même répartition en 2021 : 54% d'hommes et 46% de femmes.
Autrement dit, en cinq ans, le recul du nombre global d'inscrits et la transformation de leur pyramide des âges n'ont pas modifié la répartition du corps électoral selon le genre.
Les données montrent également une légère évolution de la répartition territoriale.
En 2026, 55% des électeurs inscrits relèvent du milieu urbain, contre 45% du milieu rural.
En 2021, le rapport était de 54% pour l'urbain et 46% pour le rural.
L'évolution reste donc limitée : l'urbain gagne un point en cinq ans, tandis que le rural en perd un.
Au final, les nouvelles statistiques font ressortir deux tendances distinctes. Les équilibres entre hommes et femmes, ainsi qu'entre milieux urbain et rural, restent relativement stables. La rupture la plus nette apparaît dans la structure par âge du corps électoral.
En cinq ans, les moins de 35 ans sont passés de 27% à 18% des inscrits, soit neuf points de moins. Dans le même temps, les 60 ans et plus sont passés de 23% à 30%, soit sept points supplémentaires.
À l'approche des prochaines législatives, le corps électoral marocain présente ainsi un profil nettement plus âgé que celui observé lors du scrutin de 2021.