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Bourse &Finances

Transformation digitale des banques : Cap sur la robotisation

Transformation digitale des banques : Cap sur la robotisation
Samedi 15 Fevrier 2020 - Par Finances News

Ali Essadak, directeur du cabinet Effyis Partners


 

La transformation digitale des banques marocaines est en marche, et ce à des vitesses et degrés différents selon les banques.

Parmi les catalyseurs les plus pertinents de cette transformation, on trouve la RPA (Robotisation Process Automation).

Effyis Partners accompagne de nombreuses banques de la place dans le cadre de leur transformation digi-tale, et notamment sur les chantiers de robotisation des processus. Le point avec Ali Essadak, directeur du cabinet et responsable de l’offre RPA. 

 

Propos recueillis par Adil Hlimi

 

Finances News Hebdo : Qu’est-ce qu'on entend par la robotisation et les cognitives ?

Ali Essadak : Pour concrétiser la définition de la robotisation et les cognitives, prenons l'exemple d'un collaborateur back-office d’une banque. Ce dernier effectue quotidiennement des tâches récurrentes et répétitives. Ces tâches administratives sont liées à des processus métiers et génèrent, d'une part, des coûts supplémentaires liés à la navigation entres plusieurs applications et, d'autre part, produisent des risques opérationnels difficilement maîtrisables.

Grâce à la robotisation des processus automatisés «RPA», la banque réussit à minimiser les coûts liés au traitement de certaines tâches. Et ce, en proposant un assistant virtuel conçu pour effectuer des tâches répétitives en conformité avec les règles utilisateurs.

Sans s’appesantir sur des aspects technologiques très poussés, les plateformes de robotisation utilisent nativement la reconnaissance optique des caractères, Machine Learning et d'autres techniques qui entrent dans le cadre des cognitives.

 

F.N.H. : Quels sont donc les principaux apports de la RPA pour la banque ?

A. E. : La RPA permet une meilleure maîtrise du risque opérationnel, optimise les coûts de traitement des processus et réduit de 40% la durée moyenne du cycle de traitement. Ceci permet d’améliorer l'expérience client tout en assurant une continuité de service opérationnel 24h/24 et 7j/7.s.

Notre expérience sur les programmes RPA dans le domaine bancaire en Europe et pour certaines banques marocaines fait ressortir des réductions de coûts de traitement entre 30 et 80%.

Par ailleurs, sur l’aspect RH, la RPA permet aux collaborateurs de se libérer des tâches ingrates. A titre d’illustration, un collaborateur back-office peut mettre 20 minutes à naviguer entre différentes applications pour traiter une opération de clôture de compte, là où un robot peut le faire en 20 secondes en toute fiabilité. Ce gain de temps permet aux collaborateurs de se consacrer aux tâches à plus haute valeur ajoutée.

 

F.N.H. : Comment évaluez-vous la maturité de notre marché par rapport à la tendance de la roboti-sation ?

A. E. : Aujourd’hui, il existe plusieurs initiatives et projets en place sur la RPA au niveau des banques marocaines, et ce avec un support réglementaire encourageant.

La robotisation représente un levier et non une solution et c'est uniquement une partie de l'équation.

L'enjeu primordial est la capacité de changement sur les volets organisationnels et celui du capital humain. Ce que nous pouvons confirmer, c’est que plusieurs acteurs de la place sont soucieux de l’importance des coûts de traitement de flux ainsi que des coûts SI, et sont conscients des apports apportés par la robotisation.

Les résultats des dispositifs de robotisation au sein des banques marocaines que nous avons accompagnées sont très satisfaisantes.

 

F.N.H. : Quelles sont aujourd’hui les limites de la RPA ?

A. E. : La RPA toute seule est un concept Low-code. Elle est ainsi insuffisante pour répondre de manière efficace à toutes les problématiques de digitalisation que rencontrent les banques.

Elle peut représenter une excellente solution provisoire sur certains processus, mais il faut à tout prix qu’elle s’inscrive dans le cadre d’une stratégie globale de transformation inté-grant de manière forte l’informatique de la banque. Sur nos différentes expériences, la meilleure solution a été de coupler la RPA à l’intelligence artificielle.

 

F.N.H. : De par votre expérience sur le marché européen, quelles sont les tendances futures de la trans-formation digitale ?

A. E. : Aujourd’hui, nous poursuivons principalement notre accompagnement sur les programme RPA initiés il y a 1 ou 2 ans. En parallèle, nous accompagnons plusieurs banques européennes pour le cadrage de sujets d’actualité ou à venir, notamment autour du concept de banque phygitale, l’intelligence artificielle, l’avan-cée technologique des assistants vocaux, les nouveaux modes d’authentification, l’arrivée de la technologie 5 G… 

 

 

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