MSCI n’a annoncé aucun changement concernant le Maroc dans sa revue annuelle de classification, le 23 juin 2026. Le Royaume reste classé Frontier Market, sans mise sous revue pour un éventuel passage en Emerging Markets.
Par Y. Seddik
Le rapport 2026 sur l’accessibilité des marchés permet toutefois de mieux lire la position de Casablanca. MSCI y évalue notamment l’ouverture aux investisseurs étrangers, les flux de capitaux, l’efficacité opérationnelle, les instruments disponibles et la stabilité institutionnelle.
Sur plusieurs volets, le Maroc conserve une appréciation favorable. Le marché ne présente pas de difficulté majeure sur les exigences de qualification des investisseurs étrangers, les limites de détention étrangère, le niveau de «foreign room», la conservation, le dépositaire central ou la disponibilité d’instruments d’investissement.
Ces éléments confirment une ouverture formelle aux non-résidents. Mais plusieurs limites opérationnelles demeurent. MSCI relève que l’information des sociétés cotées et certaines réglementations ne sont pas toujours facilement disponibles en anglais, un point suivi de près par les investisseurs internationaux.
Le change reste aussi un sujet d’attention. MSCI note l’absence d’un marché offshore libéralisé pour le Dirham et des contraintes sur le marché onshore, les opérations de change devant notamment être liées à des transactions sur titres. Sur les flux de capitaux, le rapatriement doit passer par des comptes en dirhams convertibles et les investissements financés par transferts entrants doivent être déclarés à l’Office des changes. L’infrastructure de marché reste perfectible, puisque le MSCI cite l’absence de reconnaissance juridique du statut de nominee, des restrictions sur les facilités de découvert pour les investisseurs étrangers et des limites sur les transferts de titres hors marché.
Le fournisseur d’indices relève aussi un niveau de concurrence limité entre sociétés de Bourse, pouvant entraîner des coûts plus élevés. Le prêt-emprunt de titres et la vente à découvert demeurent également parmi les points faibles.
Pour MSCI, l’existence de règles ne suffit pas, car ces mécanismes doivent s’appuyer sur une infrastructure opérationnelle et des pratiques établies. En gros, le Maroc dispose d’un cadre d’accès relativement ouvert, mais plusieurs chantiers restent déterminants : information en anglais, flexibilité du change, efficacité du règlement-livraison, transferts de titres, prêt-emprunt et vente à découvert. Et en l’absence de signal dans la revue 2026, le scénario d’un passage rapide en Emerging Markets s’éloigne.