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Marchés : la détente USA-Iran soulage les actifs sans déclencher d’euphorie

Marchés : la détente USA-Iran soulage les actifs sans déclencher d’euphorie

Les marchés financiers ont accueilli avec soulagement les premiers signaux de détente entre les États-Unis et l’Iran, sans pour autant basculer dans un mouvement d’euphorie. Après plusieurs semaines dominées par le risque de blocage du détroit d’Ormuz et par les à-coups du pétrole, les investisseurs ont surtout retiré une partie de la prime géopolitique intégrée aux prix.

 

Par Y. Seddik

Réunies en Suisse, les délégations américaine et iranienne ont acté des «progrès encourageants», selon les médiateurs pakistanais et qataris. Le point le plus suivi par les marchés concerne l’établissement d’une ligne de communication destinée à sécuriser le transit dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel circule habituellement près d’un cinquième du pétrole mondial.

Les discussions doivent désormais se poursuivre au niveau technique, avec l’objectif affiché d’aboutir à un accord plus complet dans les prochaines semaines. Le premier effet a été visible sur le pétrole. Après un bref sursaut lundi en début de séance asiatique, les cours ont nettement reflué. En fin de journée européenne, le Brent évoluait autour de 77,5 dollars le baril, en baisse de près de 4%, tandis que le WTI cédait plus de 2,5%, autour de 74,6 dollars.

La suspension temporaire, jusqu’au 21 août, des sanctions américaines visant le pétrole iranien a accentué le mouvement. Pour les opérateurs, le risque d’un choc immédiat sur l’offre s’est réduit, même si le scénario d’une normalisation complète reste prématuré. Cette détente énergétique est importante pour les marchés.

Un baril moins tendu réduit la pression sur les anticipations d’inflation, allège les inquiétudes sur les marges des entreprises consommatrices d’énergie et donne un peu d’air aux économies importatrices. Mais elle ne règle pas, à elle seule, les autres sujets qui dominent les portefeuilles : taux américains élevés, valorisations technologiques, ralentissement de certains secteurs européens et incertitudes politiques au Royaume-Uni après l’annonce de la démission de Keir Starmer.

La réaction des actions mondiales est restée contrastée. En Europe, le Stoxx 600 a terminé en hausse de 0,58%, le Dax a gagné 0,66% et le FTSE 100 a progressé de 0,72%. Paris a en revanche reculé de 0,25%, pénalisé par les valeurs du luxe, dans le sillage d’Hermès, LVMH et Kering. À Wall Street, le Dow Jones avançait légèrement à l’heure de la clôture européenne, tandis que le S&P 500 reculait d’environ 0,3% et le Nasdaq perdait plus de 1%, sous la pression d’Alphabet et SpaceX.

Le message des marchés est donc clair : la détente au Moyen-Orient soulage, mais ne suffit pas à porter tous les actifs. Les investisseurs restent prudents face aux revirements des derniers jours. Les menaces américaines de reprise des frappes, les tensions autour des alliés de Téhéran et le caractère encore provisoire du processus diplomatique empêchent pour l’instant de considérer le dossier comme clos.

Pour la Bourse de Casablanca, le canal de transmission est d’abord macroéconomique. Le Maroc, importateur net d’énergie, bénéficie directement d’un repli durable du pétrole à travers la facture énergétique, les coûts logistiques et une partie de l’inflation importée. Un Brent plus bas améliore aussi la visibilité pour plusieurs secteurs cotés sensibles aux intrants, notamment l’industrie, le transport, les matériaux de construction et certaines valeurs de consommation. Mais sur le marché actions, la réaction reste mesurée. Le MASI a terminé lundi en hausse de 0,21% à 18.391,12 points, tandis que le MASI 20 est resté quasiment stable à 1.337,43 points.

Les volumes sur le marché central se sont limités à environ 160 MDH, loin des séances de fort rachat observées lors des premiers signaux de désescalade. La capitalisation globale ressort à 1.057 Mds de dirhams. Cette prudence contraste avec la forte séance du 15 juin, lorsque le MASI avait bondi de 4,46% après les premières annonces d’accord. Une semaine plus tard, le marché ne prolonge pas mécaniquement ce mouvement. Les investisseurs attendent des confirmations : maintien effectif du trafic à Ormuz, visibilité sur les exportations iraniennes et stabilité du Brent sous les seuils de tension.

À Casablanca comme ailleurs, les marchés ne traitent donc pas encore une paix définitive. Ils corrigent surtout le prix du risque. C’est un changement important après plusieurs semaines de volatilité géopolitique, mais pas encore un signal suffisant pour installer un rebond durable. Pour que la détente devienne un vrai relais de marché, il faudra désormais qu’elle se vérifie dans les flux, les volumes et les anticipations de résultats. 

 

 

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