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Marché financier : ce que veut le patronat

Marché financier : ce que veut le patronat

 

Mohamed Benabderrazik a été fraîchement reconduit  à la vice-présidence de la Fédération des secteurs bancaire et financiers (FSBF) au sein de la CGEM.

OPCI, OPCVM, marché boursier, plan d’épargne en actions : voici les doléances du secteur financier pour le budget 2019.

 

Finances News Hebdo : Vous avez été réélu vice-président général de la Fédération des secteurs bancaire et financier (FSBF) pour la période 2018-2021 au sein de la CGEM. Quel rôle
cette Fédération joue-t-elle au sein du patronat ?

Mohamed Benabderrazik : Effectivement, lors de l’Assemblée générale élective de la Fédération, tenue le 17 octobre dernier, Lotfi Sekkat et moi-même avons été élus respectivement président et vice-président général. Notre Fédération est une structure interne à la CGEM. Elle a été créée en 1996 et regroupe aujourd’hui près de 130 membres issus des secteurs bancaire et financier comme les banques, les sociétés de financement, la Bourse, les sociétés de Bourse, les sociétés de gestion, les sociétés de Private Equity…Elle intègre également les associations professionnelles de ces métiers telles que le GPBM, l’APSF, l’APSB, l’ASFIM, l’AMIC,… Nous ne prétendons pas traiter toutes les problématiques de ces secteurs, étant donné que ces derniers disposent d’associations professionnelles prévues, en général, par la loi et traitent directement les questions qui leur sont propres.

Par contre, nous avons un rôle de représentation des membres auprès des instances de la CGEM, des pouvoirs publics et des opérateurs économiques. Notre mission intègre l’identification des besoins et des problématiques des secteurs, organiser les débats, remonter les doléances, promouvoir, vulgariser et développer des synergies dans cet écosystème pour que chaque secteur puisse mieux jouer son rôle.

 

F.N.H. : Dans le cadre du dialogue avec le gouvernement, quelles sont vos principales doléances ? Allez-vous faire des propositions concrètes pour la Loi de Finances 2019 ?

M. B. : Nos principales doléances proviennent des secteurs qui nous ont remonté leurs propositions. Je peux vous en citer quelques-unes sur le plan fiscal. Concernant les Organismes de placement collectif en immobilier (OPCI), nous avons proposé pour le PLF 2019 l’application d’un abattement de près de 95% sur les dividendes versés par les OPCI aux personnes morales (contre 50% prévus dans le PLF2019), étant donné que c’est une nouvelle activité qui peut faire émerger une nouvelle industrie, qui va développer l’immobilier professionnel au Maroc et également de nouveaux gisements de recettes fiscales pour l’Etat. 

S’agissant des OPCVM, nous proposons de les exclure de la contribution de solidarité afin de préserver le principe de l’équité des porteurs de parts et actionnaires. Il est proposé également d’exclure les OPCVM du champ de l’impôt sur les sociétés pour lequel ils sont exonérés dans le but d’assouplir les démarches et de les exempter des déclarations fiscales auxquelles ils sont soumis aujourd’hui. 

Quant au marché boursier, il a besoin d’accompagnement et d’appui pour l’aider à jouer son rôle de financement complémentaire. A cet effet, nous pensons que le retour des privatisations est une excellente chose. Cela permet ainsi à l’Etat d’exploiter de nouvelles ressources sans toucher aux grands équilibres macroéconomiques. Cela pourrait également dynamiser le marché financier et créer un cercle vertueux. A cet effet, nous sollicitons l’Etat pour exécuter le programme de privatisation prévu par le PLF 2019, à travers le marché boursier dans le cadre d’ouverture de capital d’entreprises publiques et que ce programme continue pour les prochaines années, sachant qu’en 20 ans, le marché n’a connu que quatre IPO d’entreprises publiques.

L'autre proposition qui nous parait essentielle pour la relance du marché boursier, concerne la réforme du plan d’épargne en actions (PEA). Nous proposons d’inscrire le PEA dans le même schéma fiscal que les produits de retraite complémentaire, à savoir l’exonération du montant investi à l’entrée et l’alignement au cadre réglementaire et technique (Durée, abattement IR, rachat partiel, etc.). Les avantages générés par une telle mesure sont évidents; développement et mobilisation de l’épargne à long terme, développement du Retail et d’un actionnariat populaire, améliorer la liquidité et l’attractivité du marché à l’international…

 

F.N.H. : Justement, dans l’élaboration de cette Loi de Finances, le gouvernement semble vouloir demander un effort supplémentaire aux grandes entreprises. Comment jugez-vous cette démarche ? 

M. B. : Il est clair que les conditions d’élaboration de la Loi de Finances 2019 sont difficiles. Il y a des exigences encore plus importantes sur le plan social en matière d’éducation et de santé, mais également en matière de politique vis-à-vis des jeunes et de l’emploi. De l’autre côté, le pays doit œuvrer pour la préservation des grands équilibres macroéconomiques, il y va de sa souveraineté économique. Maintenant, il pourrait exister des possibilités de prioriser davantage et de procéder à des réglages et arbitrages ainsi qu’à la mutualisation de quelques dépenses pour optimiser le budget, sachant que le budget réservé à l’investissement n’est généralement pas consommé en totalité. L’effort de solidarité demandé se comprend, mais votre question concerne plutôt les grandes entreprises auxquelles il faut poser la question directement.

 

F.N.H. : Quelles sont les ambitions de la FSBF à l’horizon 2021 ?

M. B. : Nous souhaitons être une fédération dynamique, forte grâce à ses membres, qui joue pleinement son rôle dans le développement d’un écosystème de financement au sens large, de la mobilisation de l’épargne et la stimulation de l’investissement.  ■

 

 

 

Propos recueillis par A.H

 

 

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