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Bourse &Finances

L'habilitation, un saut qualitatif pour les professionnels du marché [Entretien]

L'habilitation, un saut qualitatif pour les professionnels [Entretien]
Vendredi 12 Avril 2019 - Par Finances News

Nezha Hayat, présidente de l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC)


 

 Les fonctions d’analyste financier et de gestionnaire de portefeuilles devront se doter d’un certificat reconnu à l’international. 

Cette mesure permettra de s’aligner sur les standards internationaux. 

 

Propos recueillis par Badr Chaou

 

Finances News Hebdo : A quoi servira concrètement ce dispositif d’habilitation pour les professionnels ? 

Nezha Hayat : C’est un nouveau dispositif que nous lançons, et qui permettra, à terme, d’habiliter toutes les professions exercées au sein des sociétés opérant dans les marchés des capitaux et qui sont sous notre tutelle. Cette avancée devient aujourd’hui une obligation légale dans le cadre de la loi.

Ce qu’il faut savoir également, c’est que l’instauration de cette mesure a été un long processus et a soulevé beaucoup de questions de la part des professionnels.

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons, depuis le début, fait le choix d’une approche de concertation avec les principales associations professionnelles concernées, que sont le Groupement professionnel des banques du Maroc, pour toute la partie dépositaire et teneurs de comptes, mais aussi l’Association professionnelle des sociétés de Bourse ainsi que l’Association professionnelle des sociétés de gestion. 

 

F.N.H. : Quel est l’enjeu à travers l’instauration de cette mesure ?

N. H. : C’est la volonté du pays de hisser son marché financier aux meilleurs standards internationaux, afin d’en assurer un bon développement, un meilleur fonctionnement et également une bonne attractivité à l’international.

Ce dispositif, qui est lancé dès à présent, donnera lieu à des examens dès juin. Il va être mené de façon progressive afin de permettre de faire passer des tests à une population qui, aujourd’hui, est au nombre de 400 personnes. Elle sera sans doute amenée à évoluer au fur et à mesure de l’adoption des circulaires qui permettront d’exercer de nouvelles activités.

Je pense notamment aux circulaires d’application des OPCI, qui devraient voir le jour prochainement et pourront donner lieu à la création de sociétés de gestion d’OPCI et de fonds OPCI.

Je pense aussi au Règlement général de la Bourse, qui devrait bientôt être publié au Bulletin officiel pour donner suite à la création d’une nouvelle catégorie de professionnels que sont les conseillers en investissement financier. Ainsi, tous ces nouveaux secteurs adhéreront à ce dispositif.

 

F.N.H. : Quels sont les métiers concernés ?

N. H. : Il y a tous les métiers des marchés qui sont concernés, dont les contrôleurs internes, les traders, les négociateurs, les conseillers en investissement financier, les métiers du back-office. De même, sont concernés les analystes financiers et les gestionnaires de portefeuilles.

Il y a, à cet effet, un arrêté que nous avons mis en place et qui liste toutes les fonctions habilitées. Si d’autres professions voient le jour, nous les intégrerons, bien évidemment, dans ce processus.

Il s’agit pour le moment de présenter et de notifier le lancement du dispositif d’habilitation des professionnels, et de rassurer les acteurs du marché dans leur globalité quant aux conditions d’octroi de cette habilitation et des étapes qui restent à venir. 

 

F.N.H. : Quels types d’habilitations seront octroyés ?

N. H. : Nous octroierons des cartes d’habilitation à l’issue d’examens que vont passer les différents professionnels, après qu’ils aient suivi une formation adéquate.

Il y a néanmoins deux professions pour lesquelles il sera demandé aux concernés, avant l’octroi de ladite habilitation, de pouvoir suivre et obtenir un certificat reconnu internationalement. Le choix de ce certificat n’est toujours pas fixé, c’est une question autour de laquelle nous continuons à avoir des échanges avec les associations des professionnels.

Néanmoins, je peux vous dire que les deux fonctions qui suivront ce chemin, sont les fonctions d’analyste financier et celles de gestionnaire de portefeuilles. Parce que ce sont des fonctions qui, d’abord, s’adressent à des investisseurs non seulement marocains mais aussi étrangers, et elles sont supposées avoir un grand impact sur l’évolution d’un cours ou d’une recommandation. Ces deux fonctions doivent absolument être assorties d’un certificat international.

 

F.N.H. : Par qui les formations seront-elles assurées ?

N. H. : Les formations seront assurées par des institutions qui sont en cours de sélection par les trois associations professionnelles. Encore une fois, nous adossons le rôle d’observateur, sans imposer de choix sur les institutions qui seront choisies.

Par contre, nous avons été sollicités concernant la fonction de négociateur. La formation de ces derniers sera assurée par des responsables de l’AMMC, le temps que le dispositif de sélection et de mise en place des formations par les centres, qui seront sélectionnés par les associations professionnelles, puisse être mis en place. 

 

F.N.H. : Cette habilitation est-elle définitive ?

N. H. : Ce qui a été estimé, c’est qu’il y ait un renouvellement de cette habilitation à travers le passage d’un autre examen. Cependant, pour les personnes qui auront déjà obtenu une habilitation et exercé plus de 10 ans dans la même fonction, nous pourrions dès lors estimer qu’ils n’ont pas besoin de repasser un autre test d’habilitation.

Ceci dit, il faudra toujours assurer des formations continues, car il y a beaucoup d’évolution réglementaire et d’innovation financière et technologique. ◆

 

 

AMMC

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