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Guerre des taux immobiliers : Le client est-il perdant dans l’histoire ?

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Le client pourrait être le grand perdant de l’injonction faite par la Banque centrale aux banques commerciales de mettre fin à la «concurrence anarchique» sur les taux immobiliers. Certains courtiers en immobilier, comme CAFPI Maroc, assurent que la hausse des taux ne sera pas généralisée.

 

Voilà plusieurs semaines que l’on évoque une stagnation des taux des crédits immobiliers, après une baisse spectaculaire sur les deux dernières années, ramenant le taux facial pratiqué par les banques de grosso modo 6% à 4%.

Ismail Douiri, Directeur général d’Attijariwafa bank, avait évoqué cette stagnation récemment à l’occasion des résultats annuels de la banque. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, a lui sifflé la fin de la guerre des taux que se livraient les banques commerciales depuis plusieurs mois, en envoyant une lettre au GPBM (Groupement professionnel des banques au Maroc) pour lui demander de mettre fin à la concurrence anarchique sur le crédit habitat, car, dixit le wali, elle mettrait en péril la rentabilité des banques et leur solidité. Un signal qui aurait été entendu par les établissements de crédit.

Récemment, au micro de Boursenews, Baldoméro Valverde, président du Directoire du Crédit du Maroc (CDM), anticipait pour les mois à venir une légère hausse des taux. «Il faut s’attendre à un retour des taux plus proches de ceux que l’on a connu auparavant; tout le monde était conscient que cela allait trop vite et trop loin, d’où un retour à un niveau de taux normal». En langage moins euphémique, on dirait que les soldes sur les taux immobiliers sont bel et bien finis. Ces mots ont d’autant plus de résonnance qu’il faut garder à l’esprit que le Crédit du Maroc est la banque à l’origine de la première démarque sur les taux des crédits immobiliers. C’était déjà en juin 2015. A l’époque, le groupe bancaire lançait une offre quasi imbattable à 4,5% pour les taux fixes, entraînant les taux pratiqués par les autres banques à la baisse, au grand bonheur des acquéreurs de biens immobiliers.

La question qui se pose à présent est de savoir si les banques ont signé la paix des braves, sous la bénédiction de la Banque centrale, quitte à ne pas jouer pleinement le jeu de la concurrence, au détriment des intérêts du consommateur ? En tout cas, l’idée d’une entente entre les banques sur des taux planchers pour les crédits immobiliers fait son chemin, et revient dans la bouche de plusieurs opérateurs.

 

Des divergences entre les banques

 

Et le consommateur n’est-il pas finalement le cocu de cette histoire ? Ghali Chraïbi, Directeur général de CAFPI Maroc, spécialiste du courtage immobilier, pose clairement la question : «Le GPBM défend les intérêts des banques, la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers) ceux des promoteurs immobiliers, mais qui défend ceux du consommateur ?», fait-il remarquer à juste titre. Un consommateur qui a pu bénéficier ces derniers mois des taux immobiliers les plus bas de l’histoire au Maroc, contribuant à maintenir le secteur immobilier dans une dynamique correcte, malgré les difficultés qu’il traverse.

Chraïbi refuse de croire également en une hausse généralisée des taux d’intérêt et, pour cause, il y aurait des divergences au sein même du GPBM, entre ceux qui veulent conquérir les parts de marché perdues sur le segment de l’immobilier ces dernières années, et ceux qui veulent se reposer sur leurs lauriers. «Chaque banque a sa propre stratégie. Certaines sont agressives sur les MRE, d’autres le sont sur l’immobilier», explique-t-il. En d’autres termes, si une banque souhaite être agressive sur l’immobilier, pourquoi l’en empêcher ?! Pas de hausse généralisée donc, et certains clients pourront encore bénéficier de taux préférentiels, dans la mesure où les dossiers continueront d’être traités au cas par cas.

En tout cas, assure notre interlocuteur, «nous allons tout faire pour que le client continue de bénéficier de taux attractifs. C’est l’intérêt du client qui doit primer à nos yeux». ■

 

Par A.E

 

L’habitat intermédiaire se fait désirer
Le gouvernement vient d’annoncer un plan pour le logement de 800.000 nouveaux logements à l’horizon 2021. Mais, plus que l’habitat social, c’est le logement intermédiaire, moyen standing, qui est nécessaire et serait susceptible de redynamiser durablement le secteur. «La classe moyenne s’est beaucoup développée ces dernières années, et elle doit bénéficier d’une offre intermédiaire entre le logement haut de gamme et l’habitat social, autour de 750.000 DH», fait remarquer Chraïbi. Car, il est vrai qu’entre les logements à 1,5 million de DH et ceux à 250.000 DH, il y a tout un pan de la société marocaine qui n’est pas servi. La FNPI doit parvenir à un accord avec la tutelle pour développer une offre dans ce sens.

 

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