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Dette publique : Les marchés à l’épreuve de la macro

Dette publique  : Les marchés à l’épreuve de la macro

 

La macroéconomie devrait évoluer de manière mitigée en 2019.

Mais le Trésor ne devrait pas peser sur les marchés.

 

 

 

La macro constitue la principale source d'informations négatives et donc de risques pour les marchés financiers en 2019. Et si une partie de ces risques se dissipe légèrement, des inconnues persistent.

Les analystes de CDG Capital le relèvent d'ailleurs dans une conférence récente à Casablanca où ils ont estimé que le bilan macroéconomique sera «mitigé» pour 2019. Mitigé car marqué, d'une part, par un ralentissement de la croissance et un rétrécissement additionnel de la sphère monétaire et, d’autre part, par une atténuation de l'inflation et du déséquilibre extérieur.

 

Pas de cash pour alimenter la machine !

C'est décidément «Le» sujet qui agite les marchés depuis près d'un an : le déficit de liquidité. Ce dernier devrait d'ailleurs se creuser en 2019, passant de 69,7 milliards de dirhams en 2018 à 72,1 milliards de dirhams, soit l'un des niveaux les plus élevés depuis 2012.

Une situation qui s'accompagne par un crédit bancaire au secteur non financier en faible croissance. Quelques jours auparavant, le HCP avait signalé que la faiblesse du crédit est une source réelle d'inquiétude pour la conjoncture.

 

Un risque agricole

La perspective d'une croissance molle en 2019 pourrait être aggravée si la campagne agricole est en dessous de la moyenne des 80 millions de quintaux. Si c'est le cas, on devrait observer, selon CDG Capital, plusieurs phénomènes négatifs : une surchauffe sur les prix à cause de la prépondérance de l'alimentation dans le panier de l'indice des prix à la consommation, un plus grand déséquilibre sur la balance commerciale et donc une dégradation supplémentaire de la sphère monétaire découlant de pressions supplémentaires sur la croissance du crédit.

 

Une bonne nouvelle en provenance du Trésor ?

C'est peut-être un paradoxe qui, s'il venait à se réaliser, réduirait les tensions sur le marché financier. Pour les analystes, bien que la Loi de Finances 2019 prévoit une hausse considérable des dépenses ordinaires, particulièrement celles relatives aux biens et services, le marché ne devrait pas être déstabilisé par un besoin important du Trésor public. Les analystes prévoient ainsi que les levées brutes du Trésor devraient augmenter de 7 Mds de dirhams seulement. Chiffre qui tient compte des opérations d'échange de titres menées au cours de 2018. De quoi réduire les pressions sur les taux.

Mais cela a un prix. Car cette Loi de Finances prévoit un rebond significatif des encaissements fiscaux et ce, dans une conjoncture tendue et difficile (ralentissement de la demande intérieure, baisse de la demande étrangère, etc.). L'Etat va tout de même demander aux contribuables de faire quelques efforts. Résultat, le déficit public n'augmentera que de 600 MDH en 2019 à 43,2 Mds de dirhams. ◆

 


Endettement public : Courbe inflexible !

Les analystes de CDG Capital font remarquer que le déficit public, bien qu'en regression constante baisse depuis 2012 où il était de 7,2%, n'arrive toujours pas à atteindre les niveaux cibles. «L'objectif de 3% du PIB semble toujours difficile à réaliser», relèvent-ils.

Parallèlement, l'endettement public culmine à 66% du PIB à fin 2018 contre moins de 50% en 2009. Là aussi, l'Etat a souvent promis de réduire ce taux sous 60%, mais la courbe ne veut pas s'inverser !


 

Par A.H

 

 

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