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Créances en souffrance : un marché secondaire pour désengorger les banques

Créances en souffrance : un marché secondaire pour désengorger les banques

La progression des crédits bancaires au Maroc continue d'être tirée par les sociétés non financières privées.

Les créances en souffrance poursuivent leur tendance haussière, atteignant 95 milliards de DH et un ratio de 8,7% par rapport au total des crédits.

Alors que les concours au secteur non financier ont connu une légère régression, notamment dans les prêts aux sociétés non financières privées qui ont retrouvé leur niveau de février 2023 après une baisse initiale, les crédits aux ménages, quant à eux, sont restés relativement stables, tandis que les prêts aux sociétés non financières publiques ont ralenti leur croissance. Ces fluctuations ne sont pas sans conséquence, notamment sur le front des créances en souffrance (CES).

Les chiffres récents révèlent une augmentation des CES de 6%, portant leur ratio au crédit à 8,7%. Cette tendance à la hausse n'est pas une surprise, étant alimentée par les répercussions continues des crises économiques récentes. Avec un encours atteignant les 95 milliards de DH, les banques marocaines se trouvent confrontées à une situation délicate. En effet, cette augmentation des créances en souffrance exerce une double pression sur leur rentabilité et leur capacité à soutenir l'économie.

Face à cela, la mise en place d'un marché secondaire pour les prêts non performants se présente comme l’unique solution. Depuis quelques années, Bank Al-Maghrib a entamé des discussions avec les différentes parties prenantes publiques pour concrétiser ce projet. Mais la nécessité d'un tel marché devient de plus en plus pressante à mesure que les chiffres des CES augmentent.

Lors de sa dernière intervention en mars, le wali a souligné l'importance de ce dossier et les progrès réalisés dans sa concrétisation. Des réunions récentes ont rassemblé les banques, les sociétés de financement, les ministères concernés et la présidence du ministère public pour finaliser les conditions de cession des créances en souffrance. Ces discussions, soutenues par la Société financière internationale (SFI), visent à garantir un cadre qui réponde aux préoccupations de toutes les parties prenantes.

Pourtant, malgré les progrès réalisés, des défis subsistent. Comme l'a souligné le wali, les étapes finales peuvent souvent être les plus complexes. Mais avec une volonté collective et une collaboration continue entre les acteurs impliqués, il reste optimiste quant à la conclusion d'un texte satisfaisant d'ici la fin de l'année.

La création d'un marché secondaire pour les prêts non performants offrirait de multiples avantages. En libérant les bilans des banques des prêts à risque, cela renforcerait leur santé financière tout en fournissant une plateforme pour la gestion efficace de ces actifs toxiques. De plus, en permettant aux investisseurs d'acquérir ces créances à des prix réduits, cela encouragerait la reprise économique en libérant des ressources pour de nouveaux investissements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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