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Automobile : Le secteur toujours dans le dur

Automobile : Le secteur toujours dans le dur
Lundi 31 Aout 2020 - Par admin

Les exportations automobiles ont chuté de 33% au premier semestre.

Les distributeurs ont vu le cumul des ventes de voitures neuves chuter de 36% depuis le début de l’année.

La situation sanitaire actuelle ne plaide pas pour une relance vigoureuse du secteur.

 

Par B. Zamani

 

Le secteur automobile est parmi les métiers mondiaux du Maroc. En effet, il est considéré comme l’un des moteurs de l’industrie nationale et a enregistré une croissance remarquable ces dernières années, en termes d’investissement et d’exportation. Ce qui lui a permis de se hisser avec succès aux normes mondiales.

Cette progression fulgurante est le fruit de la vision définie dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (2014-2020). L’État a misé sur l’instauration d’écosystèmes industriels afin de placer le secteur sur les standards internationaux.

Une stratégie qui a renforcé l’offre de valeur développée et favorisé une meilleure organisation de ses acteurs qui gagnent en compétitivité, en qualité et en réactivité. L’ensemble de ces atouts ont eu pour effet de faire du Maroc une plateforme automobile attractive aux yeux des leaders industriels.

Ce saut qualitatif a ainsi permis au secteur de devenir le premier secteur exportateur du Royaume, devant les phosphates. Cependant, la crise sanitaire liée à la Covid-19 a donné un coup de frein brutal à l’activité automobile, tant à l’échelle industrielle que commerciale. Les constructeurs automobiles ainsi que leurs écosystèmes ont été contraints de mettre à l’arrêt leurs activités de production en Europe et dans le Royaume en raison du confinement.

C’est notamment le cas de Renault et PSA qui ont temporairement fermé leurs sites de production au Maroc. Par ailleurs, les concessionnaires ont considérablement diminué leurs importations de véhicules en raison de la pandémie de la Covid-19, qui a impacté la demande et entraîné la fermeture de presque tous les showrooms.

Reprise timide

Toutefois, juste après le déconfinement, le secteur a connu un léger mieux. Au niveau industriel, les constructeurs automobiles ont amorcé la reprise, mais ils estiment que l’impact de la crise est assez fort et principalement corrélé à la situation mondiale. Selon l’Office des changes, les exportations automobiles ont atteint 28 Mds de DH, soit une chute de 33% au premier semestre.

Cette baisse est principalement causée par le recul de la construction (-40%), du câblage (-38,9%) et de l’intérieur de véhicules et sièges (-26%).

Même son de cloche au niveau de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), qui souligne dans sa note de conjoncture de juillet 2020 que la baisse des ventes est liée principalement à l’arrêt des activités des sites de Renault et PSA et la baisse de la demande en provenance de l’Europe, fortement touchée par la crise sanitaire. Au niveau commercial, cette situation sanitaire inédite a fortement impacté l’activité des concessionnaires, déjà touchés par le report du Salon Auto Expo 2020.

Certes, les ventes du mois de juillet ont atteint 14.377 unités, soit une progression de 10,17% par rapport à la même période de l’année dernière. Mais cette reprise n’a pas suffi à réduire les pertes subies par le marché. Le cumul des unités vendues, depuis le début de l’année, est de 60.151, soit un recul de 35,86%.

Mais ce rebond en juillet n’est pas un signe de relance durable, d’autant que le mois d’août connait une recrudescence de la situation épidémiologique, qui ne semble pas écarter un retour au confinement. Ce qui pourrait, par conséquent, alourdir les pertes globales déjà subies par le secteur.

En cela, cette crise pourrait remettre en cause les prévisions du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, qui avait annoncé que la capacité de production annuelle du Maroc afficherait un million de véhicules à l’horizon 2022, et que le chiffre d’affaires à l’export devrait atteindre 100 milliards de dirhams contre 70 milliards actuellement.

En raison de la situation sanitaire, ces prévisions risquent donc d’être fortement compromises. D’où l’appel des acteurs du secteur pour un plan de relance à long terme

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