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Assurances: les sujets qui préoccupent le secteur

Assurances: les sujets qui préoccupent le secteur

Avec la généralisation de l’AMO, les assureurs s’attendent au basculement de leurs clients vers la CNSS.

Aucune avancée n’a été réalisée sur la problématique du recouvrement.

 

Par Y. Seddik

Alors que les crises s’enchaînent, le secteur des assurances a fait jusqu’à présent montre de résilience. En 2021, l’industrie a affiché des indicateurs satisfaisants, avec pas moins de 50 milliards de DH de primes émises et une croissance de près de 10%.

«Notre secteur a été mis à rude épreuve ces dernières années, mais nous sommes parvenus à préserver notre activité. La performance enregistrée en 2021 témoigne de notre capacité de résilience et nous conforte dans nos efforts», a déclaré le président de la Fédération marocaine des sociétés d'assurances et de réassurance (FMSAR), Mohamed Hassan Bensalah, lors de la dernière rencontre avec les agents et les courtiers. Pour lui, la croissance des primes est le fruit du dynamisme dont fait preuve le secteur depuis plusieurs années, mais pas seulement. «Nous avons constaté que les facteurs d'incertitude poussent les agents économiques à renforcer leurs couvertures pour améliorer leur résilience aux risques», a-t-il lancé.

L’arsenal juridique portant sur la généralisation de l’AMO, qui sera vulgarisée à compter du 1er décembre prochain, a été bouclé. Pour les compagnies d’assurances, la généralisation de la couverture médicale est un sujet qui préoccupe, puisque cela entraînera forcement une perte en termes de clientèle. «S'il y a un autre sujet sensible que nous devrions gérer intelligemment, c'est bien celui de l'assurance maladie obligatoire, qui entraînera un basculement de nos clients vers la CNSS. L'impact sera, sans aucun doute, considérable pour les entreprises d'assurances», a noté Mohamed Hassan Bensalah, pour qui les agents et les courtiers auront également un manque à gagner non négligeable qu'il faudra combler par la complémentaire santé et par les assurances décès et invalidité, que «nous gagnerons à développer davantage».

Même son de cloche auprès du président par intérim de l’ACAPS, Othman Khalil El Alamy, qui a indiqué que «le risque le plus imminent est celui qui pèse sur l’assurance maladie à court terme, avec la généralisation de la protection sociale et le basculement de la population relevant de l’article 114 de la loi AMO vers la CNSS». Et d’expliquer que pour les intermédiaires d’assurance, plus de 60% des commissions de l’assurance maladie proviennent d’assurances obligatoires et donc à peine 40% des commissions sont issues d’assurances non obligatoires. «Cette forte dépendance aux assurances obligatoires est pour nous un facteur de risque. C’est pour vous dire que les intermédiaires d’assurances sont appelés à sortir de leur zone de confort pour aller chercher les clients et développer les assurances facultatives», a insisté El Alamy. Notons que les intermédiaires perçoivent quelque 367 MDH de commissions sur cette branche.

 

Recouvrement : à quand une solution définitive ?

Bien que les assureurs renouvellent la grande majorité des contrats entreprises à la fin de l'exercice précédent, les paiements se font par tranche et certaines entreprises seront très tentées de retarder cette dépense. Le recouvrement est une véritable bête noire dans l’activité des assureurs et des intermédiaires. «S'il y a un sujet qui continue à nous préoccuper et sur lequel notre marché n'a fait aucune avancée, c'est bien celui du recouvrement. Il n'est pas normal que notre secteur, qui s'est structuré et qui s'est modernisé, reste prisonnier d'un système archaïque qui peut entrainer, dans certains cas, des situations dramatiques.

Les outils monétiques peuvent servir à améliorer ce process et le sécuriser, aussi bien pour les assurés que pour les intermédiaires et les compagnies», relève Bensalah. Il faut dire que la relation entre les intermédiaires et les assureurs est bien souvent altérée par la problématique des créances sur les intermédiaires. Cette problématique, qui persiste depuis des années, est très consommatrice de temps et d’effort des deux côtés. D’ailleurs, l’ACAPS compte mener deux chantiers en collaboration avec les parties prenantes : le premier chantier est relatif à l’apurement des créances dues sur les intermédiaires,  alors que le 2ème aura pour objectif de trouver des solutions permettant d’éviter cette problématique de créance, ou du moins en réduire l’ampleur.

«Nous vous proposons de mener ensemble une réflexion dans ce sens et étudier la possibilité d'utiliser les nouvelles technologies de paiement, pour vous libérer du bon vouloir de l'assuré en termes de paiement, assurer la remontée du cash et recevoir la commission dans la foulée. Ce projet, qui ne pourra bien évidemment pas se construire sans l'implication de l'ACAPS, pourra porter, dans un premier temps, sur l'assurance automobile, avant d'être étendu à d'autres risques», a suggéré Bensalah. 

 

 

 

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