Sidérurgie : Maghreb Steel veut croire en une relance du marché

Sidérurgie : Maghreb Steel veut croire en une relance du marché

 

L'équipe dirigeante de Maghreb Steel croit dur comme fer à une augmentation de la taille du marché de l'acier au Maroc dans les années à venir.

Les actionnaires ont été approchés par des investisseurs industriels, mais ils préfèrent continuer seuls pour le moment.

 

Par A.H

 

Dans le marché mondial de l'acier, il y a ceux qui jettent l'éponge, s’arriment à plus grands et à bas prix et ceux qui veulent résister en rééquilibrant leurs comptes, en attendant la bonne fenêtre de tir...Faute de mieux peut-être.

L'un des plus importants sidérurgistes du Maroc, Maghreb Steel, qui n'a jamais caché son ambition de trouver un partenaire industriel ou financier pour se développer, a reçu des offres. Mais les propriétaires ont finalement pris la décision de poursuivre seuls.

«Nous étions à la recherche de partenaires potentiels de renommée internationale depuis 2017», nous confirme, lors d'une rencontre avec la presse, son Directeur général, Hatim Senhaji, en poste depuis cet été.

Senhaji confie que des offres ont été présentées fin 2018, mais les actionnaires ont finalement pris la décision de «continuer seuls avant de s'adosser à un partenaire». La société remet à plus tard cette option et préfère maintenant «exploiter son potentiel».

Maghreb Steel, qui affiche un EBITDA récurent positif depuis 2015, n'arrive toujours pas à redresser son résultat net à cause des charges financières qui ont découlé de la restructuration de l'aciériste. En 2018, l'EBITDA était de 81 MDH. Un chiffre dont se félicite l'équipe managériale, qui estime que l'opérationnel est la seule variable sur laquelle elle doit être jugée dans la délicate équation de l'équilibre financier.

Senhaji avoue que 2019 s'inscrira dans la continuité de 2018, dans un contexte de marché «vraiment difficile» où les prix ont de nouveau plongé pour revenir aux niveaux de 2016, à cause des surcapacités de production et des mesures protectionnistes un peu partout dans le monde.

A cela s'ajoutent une faible consommation d'acier sur le plan national et une hausse des importations, qui se traduisent par un taux d'utilisation des capacités qui a oscillé entre 45% et 50% pour Maghreb Steel en 2018.

Mais, à moyen terme, Senhaji, qui n'a pas voulu commenter l'offre de prix qui a été faite aux actionnaires, préfére croire à une sortie de crise si «la taille du marché augmente».

Il compte pour cela sur la relance des industries et des infrastructures au Maroc, permettant d'atteindre une consommation par habitant au moins égale à celles des  pays voisins comme l'Algérie.

Le chiffre de 1 million de tonnes de consommation est revenu souvent dans les propos du dirigeant lors de cette rencontre, laissant entendre que des responsables politiques se sont engagés sur la relance du secteur. Une relance qui passera par plus de produits industriels et d'infrastructures.

En attendant, Maghreb Steel, dont les ventes concernent pour les deux tiers l'acier laminé à chaud, compte gagner du temps avec l'introduction d'une requête de reconduction provisoire des mesures de sauvegarde sur cet acier auprès du ministère de l'Industrie pour être «au même niveau de protection que les autres pays qui appliquent ces mesures», assurant que le Maroc remplit toutes les conditions de l'OMC pour appliquer de telles mesures.

Pour rappel, les mesures antidumping en vigueur depuis 5 ans sur ces produits sont arrivées à expiration le 25 septembre. ◆

 


Encadré : Gouvernance et efficacité opérationnelle

Face au retournement brutal de la conjoncture mondiale en 2007, Maghreb Steel n'avait pas d'autres choix que d'ajuster ses voiles en attendant des vents favorables. Un ajustement qui est passé par la mise à niveau progressive de l’outil industriel pour le mettre aux standards internationaux en termes d'efficacité énergique et opérationnelle. La gouvernance a été revue, avec l'arrivée notamment d'administrateurs indépendants et une restructuration managériale qui ont abouti à un suivi plus fin des performances.

Affûtée, la société a donc pu retrouver la rentabilité d'exploitation dès mi-2015. Mais ce n'est pas encore suffisant pour absorber les charges de structure, notamment financières.

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