Zone d'activités économiques de Fnideq: bon démarrage, mais…

Zone d'activités économiques de Fnideq: bon démarrage, mais…

Les grands et moyens opérateurs arrivent à s’intégrer dans le nouvel écosystème, ce qui n’est pas le cas des petites activités.

La réussite du projet dépendra des incitations que la région va accorder aux futurs investisseurs.

 

Par C. Jaidani

Pour lutter contre la contrebande qui sévissait autour de la ville de Sebta et qui porte lourdement atteinte à l’économie nationale, une zone d’activités économiques a été créée en avril 2022. Une année et demie après son démarrage, le projet affiche globalement un bilan satisfaisant, au regard de certains indicateurs de la douane. Le Maroc a gagné considérablement de la fermeture de Bab Sebta. Les recettes douanières ont augmenté de 4 milliards de DH en 2021 ainsi qu’en 2022. Mais pour certaines associations locales et des experts, cette expérience n’a pas atteint tous ses objectifs, dans la mesure où le volet social n’a pas été pris suffisamment en compte. Du côté économique, la ville a perdu de son attrait commercial. Plusieurs boutiques ont fermé et même des familles ont été obligées de quitter la ville vers d’autres métropoles comme Kénitra, Rabat et Casablanca. «Les grands et moyens commerçants peuvent plus ou moins s’intégrer dans le nouvel écosystème. Ce qui n’est pas le cas pour les petites activités comme les ‘femmesmulets’ qui sont les plus impactées. Ces personnes n’ont ni le profil, ni la formation, encore moins les connaissances nécessaires pour se convertir à d’autres activités, surtout qu’elles ont exercé ce métier pendant des années, voire des décennies. Il est donc primordial que cette zone soit soutenue par des programmes d’accompagnement de pointe», souligne Mohamed Karmoune, militant associatif dans la région. Il est utile de préciser que la zone d’activités économiques de cette ville n’est que dans sa phase de démarrage. Il lui faut au moins 5 ans pour qu’elle atteigne sa vitesse de croisière. De nombreuses extensions nécessitant des investissements importants sont prévues. «C’est une expérience pilote qui doit être évaluée pour tirer des conclusions. Sa réussite dépendra des incitations que la région doit accorder aux futurs investisseurs. En atteignant le plein régime, cette zone permettra à la ville de Fnideq de se développer indépendamment de la contrebande et atteindre une indépendance totale de Sebta. La ville s’est développée depuis plus de 30 ans autour de la contrebande. Le changement de son modèle économique nécessitera encore des années», affirme Driss Effina, économiste. Comme l’ont confirmé plusieurs militants associatifs et observateurs, le projet n’a pas encore donné les effets escomptés sur le plan social. Les quelques initiatives lancées par l’Etat ont une portée limitée. «La zone d’activités économiques de Fnideq a absorbé un nombre très réduit de populations concernées par la contrebande. La majorité des ‘femmesmulets’ a été absorbée dans le cadre de l’Entraide nationale. Particulièrement les femmes qui travaillaient dans l’activité de transport de marchandises de Sebta vers Fnideq». 

 

 

Faut-il dupliquer cette expérience à Nador ?

Avec la zone d’activités économiques de Fnideq, le Maroc a commencé à asphyxier Sebta. Cette ville dépend totalement de la contrebande. Depuis la fermeture de Bab Sebta en 2020, les recettes de la ville ont diminué considérablement et des centaines de boutiques ont été obligées de fermer leurs portes. Le gouvernement local commence à demander plus d’aide financière de la part de Madrid pour faire face aux différentes charges. Dans le même schéma, il est nécessaire de revoir le modèle économique de Nador, dans la perspective de le rendre moins dépendant de la contrebande issue de Mellilia. Avec l’activation du nouveau port et de la grande zone industrielle Al Aroui, l’économie de la ville sera plus orientée vers des secteurs économiques productifs.

 

 

 

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