ZLECAF: les recommandations du FMI

ZLECAF: les recommandations du FMI

La création de la Zone de libre-échange continentale africaine en 2018 a établi la plus grande zone de libre-échange au monde.

Ses 54 pays membres ont la possibilité de tirer parti de l'expansion du commerce pour relever la croissance et le niveau de vie sur tout le continent. Mais, certaines réformes s’imposent.

 

Par A. Diouf

Le Fonds monétaire international (FMI) s’intéresse à la Zone de libre –échange du continent africain (ZLECAF), à laquelle il a consacré un rapport qui examine les perspectives d'intégration commerciale africaine dans le contexte d'un monde en mutation face au changement climatique, aux risques de fragmentation géopolitique, aux progrès et au futur boom démographique de l’Afrique. Dans ce document, qui examine également les politiques visant à étayer la mise en œuvre réussie de la ZLECAF et les réformes complémentaires qui maximiseraient les gains potentiels d'une meilleure intégration commerciale en Afrique, le FMI a dressé un diagnostic très réaliste de l’existant, avant d’émettre des recommandations.

Il en ressort que le commerce transfrontalier africain, affecté par l’informel, a connu une croissance relativement modeste au cours des dernières décennies, avec une progression limitée du commerce des marchandises et une part inchangée du commerce des services dans le PIB. Les exportations du continent vers le reste du monde sont dominées par les produits de base, tandis que le commerce au sein de la région est plus diversifié et comprend une part plus importante de produits transformés. Ainsi, le continent est peu intégré dans les chaines de valeur mondiales (CVM), en raison de son paysage de politique commerciale fragmenté, marqué par de multiples communautés économiques régionales, un environnement commercial difficile, avec des lacunes dans les facteurs structurels tels que les réseaux de transport, les processus douaniers et frontaliers et l'accès au financement.

Construire des chaines de valeur régionales

Toutefois, si l’Afrique parvient à construire des chaines de valeur régionales, unifier le paysage de sa politique commerciale et renforcer son environnement commercial, le potentiel de gains serait important pour le commerce intra-africain, reconnait le FMI. En tous cas, la mise en œuvre de la ZLECAF entrainera d'importantes réductions des barrières tarifaires et non tarifaires entre les pays africains. Ces réductions pourraient augmenter le flux moyen des échanges de marchandises entre les pays africains de 15% et le PIB réel moyen par habitant de 1,25%. Si les réductions des barrières tarifaires et non tarifaires sont combinées à des améliorations substantielles de l'environnement commercial, le bénéfice pour les pays serait significativement plus élevé. Des réformes globales combinées à la mise en œuvre de la ZLECAF pourraient augmenter de 53% le flux commercial moyen de marchandises entre les pays africains et de 15% avec le reste du monde et, par conséquent, augmenter le PIB réel moyen par habitant de l'Afrique de plus de 10%.

Ce résultat rejoint les conclusions de la littérature selon lesquelles les réformes commerciales pourraient aider à réduire l'extrême pauvreté de 30 à 50 millions de personnes supplémentaires sur le continent. La création de la ZLECAF intervient à un moment où un environnement mondial en mutation crée à la fois des opportunités et des défis pour l'Afrique. Une plus grande intégration commerciale peut aider le continent à tirer parti des opportunités offertes par le changement technologique et les tendances démographiques, et renforcer sa résilience face aux chocs tels que le changement climatique et la fragmentation géopolitique. En particulier, une plus grande ouverture commerciale peut aider les pays à s'adapter au changement climatique et à renforcer la sécurité alimentaire, notamment en améliorant la disponibilité et l'abordabilité des approvisionnements alimentaires.

Un commerce plus diversifié et plus large réduirait l'impact des perturbations sur des marchés et des produits spécifiques qui pourraient résulter de changements dans la structure des échanges mondiaux. Le commerce est le principal moyen par lequel l'émergence des nouvelles technologies et la numérisation, en combinaison avec une maind'œuvre en croissance rapide, pourrait créer de nouveaux emplois mieux rémunérés. Pour saisir ces opportunités, il faudra investir dans le capital physique et humain, une structure macroéconomique solide et un environnement des affaires propice à une croissance tirée par le secteur privé, et un filet de sécurité sociale modernisé qui soutient les plus vulnérables lors de la transition vers une trajectoire de croissance plus élevée. 

 

 

 

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