Le Maroc à l'aube d'une nouvelle étape de son développement : 27 années de vision royale au service de la modernisation, de la souveraineté et de l'économie de la connaissance

Le Maroc à l'aube d'une nouvelle étape de son développement : 27 années de vision royale au service de la modernisation, de la souveraineté et de l'économie de la connaissance

Le 30 juillet 2026, le Royaume du Maroc célèbre le vingt-septième anniversaire de l'accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu Le glorifie, au Trône de Ses glorieux Ancêtres. Cette date constitue une occasion privilégiée pour dresser un bilan des profondes transformations engagées depuis 1999 et réfléchir aux orientations qui devront guider la prochaine étape du développement national. En moins de trois décennies, le Maroc a profondément modernisé ses infrastructures, diversifié son économie, renforcé sa stabilité institutionnelle, accéléré sa transformation numérique et consolidé son rayonnement international.

Ces avancées s'inscrivent dans le cadre d'une vision royale stratégique et cohérente qui place le développement humain, la souveraineté nationale, la justice territoriale et l'ouverture sur le monde au cœur du projet de développement du Royaume. Toutefois, le contexte international a profondément évolué.

La révolution numérique, l'intelligence artificielle, les tensions géopolitiques et les impératifs de compétitivité imposent désormais une nouvelle ambition : transformer les investissements réalisés en innovation, en productivité, en emplois qualifiés et en prospérité durable. Le Maroc entre ainsi dans une deuxième phase de son développement, où les infrastructures de la connaissance deviennent aussi importantes que les infrastructures physiques.

 

I- Vingt-sept années d'une transformation profonde

Depuis 1999, le Maroc a connu une mutation remarquable. Les grands projets structurants, tels que Tanger Med, le train à grande vitesse, les autoroutes, les plateformes industrielles, les infrastructures hydrauliques et énergétiques, les stades, les universités et les CHU ont profondément renforcé la compétitivité du Royaume. Parallèlement, l'économie s'est progressivement diversifiée avec l'essor de secteurs tels que l'automobile, l'aéronautique, les énergies renouvelables, les services financiers et les technologies numériques.

Cette transformation s'est accompagnée d'importantes réformes sociales, notamment à travers l'Initiative nationale pour le développement humain, la généralisation de la protection sociale et la modernisation progressive de l'administration publique. La vision royale a également accordé une importance croissante aux différentes dimensions de la souveraineté : alimentaire, énergétique, hydrique, industrielle, sanitaire et désormais numérique. Les crises récentes ont confirmé la pertinence de cette orientation en soulignant l'importance de la résilience économique et de la capacité d'anticipation. Le Maroc dispose ainsi de bases solides pour engager une nouvelle étape de son développement.

 

II- Une deuxième transformation fondée sur l'économie de la connaissance

Les principaux rapports de Bank Al-Maghrib, de la Banque mondiale et du Nouveau modèle de développement convergent vers un même constat : les infrastructures sont désormais largement en place, et le principal défi consiste à améliorer durablement la productivité, stimuler l'innovation, développer le capital humain et renforcer la compétitivité des petites et moyennes entreprises. Cette convergence rejoint pleinement la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, qui rappelle régulièrement que le développement économique doit avant tout améliorer les conditions de vie des citoyens et préparer le Royaume aux mutations de son époque. Dans une économie mondiale où la richesse repose de plus en plus sur le savoir, les compétences, les données, la recherche scientifique et l'intelligence artificielle, les actifs immatériels deviennent les principaux moteurs de croissance. Le Maroc dispose aujourd'hui d'un cap stratégique clair, l'enjeu réside désormais dans l'accélération de sa mise en œuvre.

 

III- Trois priorités stratégiques pour réussir cette nouvelle étape

Si la vision royale fixe le cap et si les analyses de Bank Al-Maghrib, de la Banque mondiale et du Nouveau modèle de développement convergent vers la nécessité d'une nouvelle étape de transformation, une question demeure : quelles priorités doivent aujourd'hui mobiliser l'ensemble des acteurs publics et privés ? La première exigence consiste à consolider les acquis des vingt-sept dernières années. Les importantes réformes engagées, les infrastructures réalisées, les progrès institutionnels et les politiques publiques mises en œuvre constituent un socle solide qu'il convient désormais de renforcer, d'approfondir et de rendre encore plus performant. La prochaine étape du développement ne doit pas être pensée comme une rupture avec le passé, mais comme la poursuite et l'amplification d'une dynamique déjà engagée. Dans cette perspective, aucune politique publique ne peut, à elle seule, répondre à l'ensemble des défis économiques et sociaux. En revanche, certaines réformes possèdent un puissant effet d'entraînement sur l'ensemble du système productif. Elles améliorent simultanément la compétitivité, l'emploi, l'innovation, la cohésion sociale et la création de richesse.

À cet égard, trois priorités apparaissent aujourd'hui déterminantes : investir davantage dans l'école et le capital humain, accélérer l'intégration progressive de l'économie informelle grâce à la transformation numérique et libérer pleinement le potentiel des très petites entreprises. Ces trois priorités ne constituent pas des politiques indépendantes. Elles s'inscrivent dans une logique de complémentarité et forment un même cercle vertueux. Une école performante prépare les compétences dont les entreprises ont besoin pour innover. Des entreprises plus compétitives créent davantage d'emplois formels et de richesse. Une économie mieux formalisée renforce les recettes publiques, améliore la protection sociale et permet d'investir davantage dans l'éducation, la recherche, l'innovation et les infrastructures. C'est en consolidant les acquis tout en accélérant ces trois chantiers structurants que le Maroc pourra franchir une nouvelle étape de son développement et réussir pleinement sa transition vers une économie de la connaissance.

 

1- Faire de l'école le premier investissement stratégique

Le capital humain constitue désormais la première richesse des nations. L'école marocaine doit préparer les jeunes aux métiers de demain en renforçant l'enseignement des sciences, du numérique, de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité et des nouvelles technologies. Cette ambition suppose également de rapprocher davantage l'université du monde économique, de soutenir la recherche scientifique et de développer un véritable écosystème national de l'innovation.

 

2- Intégrer progressivement l'économie informelle grâce au numérique

L'économie informelle demeure un défi majeur pour la compétitivité et les finances publiques. Son intégration progressive doit reposer sur la simplification des procédures, la digitalisation des services publics, le développement des paiements électroniques et un meilleur accès aux services bancaires. Une économie davantage formalisée favorisera la productivité, élargira la protection sociale, renforcera la confiance entre les citoyens et l'administration et améliorera les capacités d'investissement de l'État.

 

3- Faire des très petites entreprises un moteur de croissance

Les très petites entreprises représentent l'essentiel du tissu économique marocain. Leur développement passe par un meilleur accès au financement, à la formation, aux marchés publics, au numérique et à l'accompagnement entrepreneurial. Grâce au commerce électronique, aux plateformes numériques et à l'intelligence artificielle, ces entreprises peuvent accroître leur productivité, accéder à de nouveaux marchés et créer davantage d'emplois durables.

 

IV- Faire du monde rural un acteur majeur de la nouvelle transformation

La réussite de cette deuxième transformation ne pourra être complète sans une attention particulière portée au monde rural. Les investissements réalisés au cours des vingt-sept dernières années ont permis d'importants progrès, mais les disparités territoriales demeurent. Le développement des territoires ruraux doit désormais reposer sur une école modernisée, la formalisation progressive des activités économiques, le soutien aux très petites entreprises, aux coopératives, à l'agriculture à forte valeur ajoutée, au tourisme rural et à l'économie sociale et solidaire. L'intelligence artificielle et les technologies numériques offrent également des perspectives considérables dans les domaines de l'agriculture de précision, de la gestion de l'eau, de la télémédecine, de l'enseignement à distance et de la commercialisation des produits agricoles. Faire du monde rural un espace d'innovation, d'entrepreneuriat et de création de richesse constitue ainsi une condition essentielle pour renforcer la cohésion nationale, la souveraineté alimentaire et le développement équilibré des territoires.

 

Conclusion

Après vingt-sept années de profondes transformations, le Maroc dispose aujourd'hui d'atouts considérables : une vision royale de long terme, une stabilité institutionnelle reconnue, une économie plus diversifiée et des infrastructures modernes. La nouvelle étape qui s'ouvre consiste moins à construire davantage qu'à mieux valoriser les acquis afin de renforcer la productivité, l'innovation, la recherche scientifique et la compétitivité. Dans cette perspective, trois priorités apparaissent essentielles : investir dans l'école et les compétences, intégrer progressivement l'économie informelle grâce au numérique et faire des très petites entreprises un levier majeur de création de richesse.

À ces priorités s'ajoute une exigence fondamentale : placer le monde rural au cœur de cette nouvelle dynamique afin que les bénéfices de la croissance profitent à l'ensemble des territoires. Le Maroc possède aujourd'hui les conditions nécessaires pour réussir sa transition vers une économie de la connaissance. La mobilisation de l'État, des collectivités territoriales, des régions, des universités, des entreprises, des centres de recherche et de l'ensemble des citoyens permettra de transformer cette ambition en résultats concrets. C'est dans cette continuité, fidèle à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, que le Maroc pourra consolider sa place parmi les grandes économies émergentes et construire un développement durable, inclusif et résolument tourné vers l'avenir.

 

Par Fouad Boujbir, chercheur en sciences du management et de l'économie, spécialiste des politiques publiques.

 

 

 

 

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