Retraites: la réforme à deux pôles plus urgente que jamais

Retraites: la réforme à deux pôles plus urgente que jamais

Pour le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS), les mesures prises dans le cadre du dialogue social ne font que repousser les horizons d'épuisement des réserves des régimes CMR-RPC et RCAR, sans toutefois garantir leur viabilité à long terme.

 

Par Y. Seddik

Le secteur des retraites au Maroc continue de faire face à des défis financiers majeurs, selon les derniers résultats de l’évaluation des risques systémiques réalisée par le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS). Les régimes de base principaux, tels que le CMR-RPC (Caisse marocaine des retraites - Régime des pensions civiles) et le RCAR (Régime collectif d'allocation de retraite), restent dans une situation précaire malgré les récentes mesures prises.

L'accord du dialogue social du 29 avril 2024 a permis une légère amélioration des perspectives à court terme, notamment grâce aux résolutions relatives aux salaires. Ces mesures repoussent de quelques années l'épuisement des réserves des régimes CMR-RPC et RCAR. Cependant, elles n'offrent pas de solution durable pour assurer leur viabilité à long terme. Pour le régime général de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale), la situation est tout aussi préoccupante.

La réduction de la durée minimale de cotisation donnant droit à une pension, passée de 3.240 à 1.320 jours, accélérera l’apparition d’un déficit global du régime et l'épuisement de ses réserves. Cette mesure, bien qu’ayant pour objectif d’augmenter le nombre de bénéficiaires, pourrait paradoxalement fragiliser davantage le système. Face à ces constats alarmants, la nécessité d'une réforme systémique du secteur des retraites devient inéluctable. L’instauration d’un système à deux pôles, l’un public et l’autre privé, figure parmi les recommandations clés issues de l’accord du dialogue social. Cette approche vise à établir une tarification capable de résorber une partie substantielle des engagements passés non couverts des régimes actuels.

La réforme proposée prévoit la mise en place de deux entités distinctes : un pôle public, qui continuerait de gérer les pensions des fonctionnaires et des employés du secteur public, et un pôle privé, destiné aux travailleurs du secteur privé. Cette structure bipolaire devrait permettre une gestion plus efficace et une meilleure répartition des ressources, tout en assurant une couverture plus étendue et plus équitable des bénéficiaires. Toutefois, la mise en œuvre de ces réformes soulève de nombreux défis. La transition vers un système à deux pôles nécessitera une coordination rigoureuse entre les différents acteurs impliqués et une communication transparente avec les cotisants et les retraités.

De plus, il sera crucial d’assurer une gestion prudente des fonds et une surveillance continue pour éviter de nouveaux déséquilibres financiers. Au final, le secteur des retraites au Maroc est à un tournant décisif. Les récentes mesures offrent un répit temporaire, mais la viabilité à long terme des régimes de retraite dépendra de la mise en œuvre réussie des réformes structurelles proposées. Les prochaines étapes seront déterminantes pour garantir une retraite digne et sécurisée pour les générations futures. 

 

Assurances : La marge de solvabilité améliorée
Concernant le secteur des assurances, en dépit de la hausse des taux d’intérêt, il a pu maintenir sa croissance bien qu’à un rythme moins rapide. Son chiffre d’affaires a atteint 55,9 milliards de dirhams à fin 2023, en légère progression de 3,9% portée principalement par celle de 5,8% de la branche non-vie. La croissance de la branche vie, freinée notamment par le segment épargne, a, quant à elle, accusé une décélération sensible à 1,8% contre une moyenne de 11,9% au cours des dix dernières années. Sur le plan de la rentabilité, le secteur a dégagé un résultat net comptable de 4,2 milliards de dirhams, en progression de 6,2%, portant ainsi le taux de rendement des fonds propres (ROE) à 9,6%. Le ratio des plus-values latentes sur les placements s’est amélioré à 9,3%, dans un contexte de reprise du marché boursier, ce qui a eu un impact positif sur la marge de solvabilité du secteur qui a atteint 330,4% contre 312,7% un an auparavant.

 

 

 

 

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