Réseau électrique : Un aspect négligé, mais essentiel

Réseau électrique : un aspect négligé, mais essentiel

Le réseau électrique doit être modernisé pour gérer l'intermittence des sources renouvelables et répondre à la demande croissante en électricité.

 

Par D. M.

Très peu abordé, le réseau électrique représente un élément crucial dans l’atteinte des objectifs de transition énergétique et de neutralité carbone. Alors que l’urgence climatique s’intensifie, l’expansion des énergies renouvelables et de l’électrification s’accélère dans de nombreuses régions du monde. Par conséquent, la prise en compte rapide de cet aspect devient cruciale. Depuis le lancement de sa stratégie énergétique nationale en 2009, le Maroc s'est engagé dans une transition énergétique visant à atteindre environ la moitié de sa capacité électrique installée à partir de sources d'énergies renouvelables d'ici 2030.

Parallèlement aux projets de grande envergure, le pays entend également produire davantage d’électricité verte dans de petites installations décentralisées. Cependant, l'intégration de cette production intermittente dans le réseau électrique pose un défi majeur en raison de la fiabilité offerte par les centrales traditionnelles au charbon ou au gaz. Par conséquent, il est essentiel d'optimiser la gestion du réseau et la planification des systèmes électriques pour répondre à ces défis techniques. Les énergies renouvelables ont atteint un niveau de compétitivité par rapport aux combustibles fossiles pour la production d'électricité, mais leur intégration efficace dans les réseaux électriques requiert bien plus que simplement produire de l'électricité renouvelable; il faut aussi pouvoir l'acheminer là où elle est nécessaire. Selon les experts, ce défi majeur se heurte à quelques obstacles, notamment le manque d'infrastructures électriques appropriées et le financement conséquent.

«L’électricité est techniquement la plus facile à décarboner… à condition d’y allouer les ressources financières adéquates. Le réseau électrique étant le moyen de transporter cette électricité, sa présence et sa qualité sont fondamentales pour la décarbonation de l’énergie d’un pays», affirme Amin Bennouna, expert en énergie. Sur la bonne voie… Le Maroc est sur la bonne voie, avec la réalisation d'importants progrès dans sa transition énergétique. Et ce, en investissant massivement dans des projets d'énergies renouvelables, tels que le complexe Noor Ouarzazate et le parc éolien de Tarfaya. De plus, pour intégrer ces énergies renouvelables sur le réseau, le Royaume a renforcé son réseau de transport électrique et mis en place des politiques incitatives. Cependant, des défis persistent. Le réseau électrique doit être modernisé pour gérer l'intermittence des sources renouvelables et répondre à la demande croissante en électricité. Le développement de technologies de stockage et d'adaptation du réseau est crucial pour gérer l'injection variable d'électricité renouvelable, et ceci nécessite un apport financier conséquent, alerte Amin Bennouna.

«Le défi essentiel auquel nous avons à faire face au Maroc est le manque de moyens financiers. J’en veux pour preuve le fait que sans l’expérience du Maroc, mais avec un carnet de chèques bien garni, l’Algérie sera équipée en 2026 de 3.000 MWc de solaire PV en 5 ans, entre la décision et la mise en service. Ceci dit, nous devrions atteindre l’objectif de 52% avant même 2030, surtout parce que ce pourcentage se rapportait initialement à une capacité totale de 24.000 MW en 2030, alors que nous nous orientons vers moins de 17.000  MW. Avec un dénominateur plus petit, les capacités renouvelables réelles à mettre en œuvre sont plus faibles que celles initialement prévues».

Mais le Maroc ne s’avoue pas vaincu. En lançant le Programme de développement des réseaux de transport d'électricité et d'électrification rurale (PDRTE-ER), un programme ambitieux pour moderniser son réseau électrique, il vise à augmenter la capacité du réseau national pour intégrer la production supplémentaire des énergies renouvelables et électrifier les zones rurales. Il explore également l'intégration de nouvelles technologies numériques dans ses systèmes électriques, notamment les réseaux intelligents qui améliorent la gestion du réseau, optimisent la consommation et permettent un stockage intelligent, fiable et durable de l'énergie. 

 

 

 

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