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Economie

Produits alimentaires: le spectre de la flambée des prix se maintient

Produits alimentaires: le spectre de la flambée des prix se maintient
Lundi 13 Septembre 2021 - Par admin

La hausse concerne pratiquement tous les produits de base dont une bonne partie est importée.

Les prix restent fortement dépendants de l’évolution des cours à l’international.

Par C. Jaidani

En dépit d’une bonne année agricole, les prix de certains produits alimentaires de base s’inscrivent à la hausse. Une tendance observée essentiellement pour les produits importés. Ce constat a été confirmé par la dernière enquête de conjoncture auprès des ménages, réalisée par le HCP. Au deuxième trimestre de 2021, 87,1% des familles marocaines déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois contre une proportion minime (0,3%) qui ressent leur diminution. Pour les 12 prochains mois, 70,6% de l’échantillon s’attendent à une poursuite de cette flambée alors que 2,9% seulement prévoient une baisse.

Force est de constater que cette progression des cours a été remarquée depuis plusieurs mois déjà. L’on se rappelle du coup de gueule des associations des consommateurs suite à la hausse des prix des huiles de table constatée au début de l’année 2021.

Face à cette grogne, les professionnels du secteur sont montés au créneau pour apporter des explications. «Les matières premières ont connu à l’international une inflation majeure des prix de vente depuis mai 2020 et les cours des huiles ont augmenté de plus de 80%. Cette flambée des cours est notamment due à de mauvaises conditions climatiques ayant impacté la récolte mondiale de l’ensemble des oléagineux», affirment-ils. De même, la hausse de la demande des pays importateurs visant à constituer des stocks de sécurité a, par ailleurs, accru la tension sur les marchés. Le marché national entièrement libéralisé est fortement dépendant des grands producteurs internationaux de soja et de tournesol. Le Maroc importe la quasitotalité de ses besoins dédiés à la consommation intérieure sous forme d’huiles brutes ou de graines à triturer. Ce qui expose fortement le secteur à l’évolution des cours mondiaux. L’effet a également impacté les producteurs de l’aliment composé pour le bétail. Les prix ont été revus à la hausse de pas moins de 20%.

Ce constat est observé pour d’autres produits de base comme les semoules ou les légumineuses qui ont connu une variation à la hausse des prix comprise entre 20 et 30%.

Dans son dernier bulletin d’information, l’Organisation mondiale de l’agriculture et de l’alimentation (FAO) affirme que malgré un certain apaisement sur le marché mondial, l’indice des prix des produits alimentaires demeure plus haut de 31% comparativement au 31 juillet 2020.

La même source explique que les cotations du blé ont progressé de 1,8% en juillet pour atteindre leur plus haut niveau depuis la mi-2014, compte tenu notamment des inquiétudes concernant le temps sec et l’état des cultures en Amérique du Nord. Malgré une bonne récolte au titre de l’actuelle saison, le Maroc sera contraint d’importer pas moins de 3 millions de tonnes toutes céréales confondues. Les importateurs devraient payer plus cher leur facture comparativement aux autres saisons. Outre le prix proprement dit des produits, il faut ajouter également un surcoût du frêt qui, lui aussi, s’est inscrit à la hausse, aggravant le prix final.

Excepté le blé tendre dont la farine est subventionnée par l’Etat, les prix transformés des autres céréales ont nettement augmenté. La fédération des boulangers n’a pas manqué de manifester ses inquiétudes et les professionnels du secteur demandent une intervention urgente des autorités concernées. Pour le sucre, autre produit de base dont le Maroc importe la moitié de ses besoins de l’étranger, l’Indice FAO des prix de ce produit a augmenté de 1,7% en juillet et enregistre sa quatrième hausse mensuelle.

Cette augmentation est principalement liée à ll'inflexibilité des prix du pétrole brut ainsi qu’aux incertitudes quant à l’impact des stagnations sur les rendements au Brésil, premier exportateur mondial de sucre, tandis que les bonnes perspectives de production en Inde ont empêché une hausse plus importante.

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