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Economie

Open Banking : Le monopole de la data échappe aux banques

Open Banking : Le monopole de la data échappe aux banques
Dimanche 13 Septembre 2020 - Par admin

L’Open Banking, prochain véritable défi pour l’industrie bancaire, viendra casser les silos de la donnée bancaire, longtemps protégés. Détails.

 

Par Y. Seddik

 

Blockchain, Big Data, Intelligence artificielle, Réalité augmentée… Toutes ces disruptions ont émergé en l’espace de quelques années, mettant plusieurs secteurs face à des changements décisifs, le bancaire en premier lieu. Que ce soit pour améliorer l’expérience client, prédire les habitudes des consommateurs ou encore développer des services en ligne, les banques sont aujourd’hui contraintes d’adopter toutes ces évolutions numériques.

L’Open Banking, qui a récemment fait irruption dans l’industrie bancaire, consiste à ouvrir l’accès aux informations sur les comptes bancaires des particuliers, à des tiers - des Fintech principalement - dans le but de leur proposer de nouveaux services et de mieux les cibler.

Dit autrement, nous explique un expert en data, «il s'agit de déposséder la banque d'une forme de monopole sur la donnée de ses clients pour la transférer le plus souvent à des start-up innovantes dont la spécialité est la valorisation de cette donnée».

Parmi les bénéfices attendus grâce à l’Open Banking figurent «la diversification des revenus à travers l’élargissement de la gamme de produits et services ainsi que l’élargissement de la base client», selon une étude du cabinet Alliancy.

On y cite aussi «l’amélioration de l’expérience client, à travers la proposition de services innovants et des parcours digitaux à l’état de l’art». Des bénéfices sont également attendus sur le plan de l’efficacité opérationnelle, avec notamment «la possibilité pour la banque de bénéficier, dans certains cas, de l’agrément de son partenaire et de son time to market».

Une ouverture gagnant-gagnant

Si l’Open Banking est aujourd’hui un sujet d’actualité, c’est parce que beaucoup de Fintech développent des solutions plus simples que celles proposées par les banques. On dit qu’elles offrent une meilleure «expérience client», dans le jargon marketing.

Face à cette agilité et dans une optique de défendre leur pré-carré, les banques sont alors astreintes de s’ouvrir et de collaborer avec ces jeunes pousses de la finance. Or, pour les deux parties, c’est gagnant-gagnant : le bénéfice pour la banque sera de diversifier la gamme de produits proposée à ses clients, tandis que pour la Fintech l’avantage sera d’accéder plus facilement à un marché monopolisé.

A côté, cette ouverture n’est pas dénuée de risque. La banque, en dehors du fait qu’elle finit par accepter de ne plus être l'unique «interlocuteur» de ses clients, risque aussi «d'être reléguée au statut de machinerie interne réglementée pour la gestion du dépôt de l'argent», nous confie notre expert.

Pour le client, le risque serait de «confier une partie intime de sa vie à un acteur qu'il ne connaît pas, ayant simplement téléchargé une application sur son smartphone. C’est un réflexe banal du quotidien, mais dont on ne pèse parfois pas les conséquences en termes de vie privée», poursuit-il.

Les établissements de paiement : premiers candidats

Les établissements de paiement qui ont reçu leurs agréments il y a deux années, sont les premiers candidats possibles à l’exploitation de l’Open Banking au Maroc. Ces nouveaux entrants pourront développer des services innovants sans avoir à investir dans des systèmes d'information très onéreux, ce qui intéresse tout particulièrement les banques qui, elles, en supportent la charge.

Au final, les contours de cette nouvelle opportunité commencent à se préciser partout dans le monde. Au Maroc, le marché reste pour l’heure mal exploré, voire inexploré. Mais il faut garder en tête qu’il est inutile de tergiverser ! L'avenir appartiendra sans doute à ceux qui agiront plus vite.

 

 

L’API : La clé de l’Open Banking
Bien entendu, l’utilisation de la data doit être soumise à des conditions. Le partage, pour sa part, se fait grâce à des API (Application Programming Interface). Des interfaces utilisées pour mettre en relation une base de données avec une plateforme informatique. D’ailleurs, l’éditeur de logiciels de paiement HPS a lancé l’API PowerCARD Connect-Open, une plateforme ouverte qui permet aux Fintech de créer des applications de paiement innovantes, sur les systèmes d’information déjà existants des banques. En gros, cela permettra aux utilisateurs finaux de bénéficier des dernières technologies du secteur des paiements, telles que le paiement mobile, le paiement sans contact, la tokenisation et la biométrie…
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