Oléagineux: pourquoi il faut donner une nouvelle impulsion à la filière

Oléagineux: pourquoi il faut donner une nouvelle impulsion à la filière

Le Maroc est très dépendant de l’étranger pour satisfaire ses besoins.

Avec la flambée des prix à l’international, la production locale devient plus intéressante.

 

Par C. Jaidani

Les huiles de table ont connu ces derniers mois une nette hausse des prix. En fait, ce sont les produits alimentaires qui ont subi la plus forte flambée depuis la reprise économique. La reprise de la demande mondiale, la perturbation de la production et la guerre en Ukraine ont accentué le renchérissement des prix des oléagineux.

Le Maroc, qui dépend totalement des importations pour satisfaire ses besoins, a intérêt à donner une nouvelle impulsion à la filière pour assurer sa sécurité alimentaire. Force est de reconnaitre que l’activité avait une présence remarquée par le passé. A l’époque, les huiles de table étaient subventionnées. Mais actuellement, les exploitations qui s’intéressent aux oléagineux ne sont pas assez nombreuses pour assurer l’approvisionnement adéquat de l’aval agricole.

La production locale est jugée coûteuse. Les industriels préfèrent les produits importés à faible coût et dont la teneur en huile est très élevée. Toutefois, la situation a changé actuellement : les prix des oléagineux ont connu des prix record. Ainsi, le prix du colza est passé de 537 dollars/ tonne en juillet 2021 à près de 1.000 dollars/tonne actuellement, soit une hausse de près de 86,22%. Comparativement à 2018, les cours oscillaient autour d’une moyenne de 370 dollars/tonne. Pour le soja, les prix qui s’affichaient à 1.200 dollars/tonne en novembre 2021, sont actuellement à 1.600 dollars/tonne, soit un bond de plus de 33%.

D’où l’intérêt de donner une nouvelle impulsion à la filière des oléagineux au Maroc. Certes, l’Etat a signé un contrat programme avec les professionnels de l’activité pour la période 2013-2020, mais les résultats ont été en deçà des objectifs. Le coût de ce contrat-programme est estimé à 421 millions de DH, dont 117 millions de DH pris en charge par l’Etat et 303 millions de DH par la profession. Il était prévu l’extension et la diversification des superficies réservées aux cultures oléagineuses pour atteindre 127.000 ha, dont 85.000 ha de tournesol et 42.000 ha de colza. Actuellement, cette superficie ne dépasse pas les 33.000 hectares.

En matière de productivité, l’objectif était d’améliorer les rendements pour atteindre une moyenne de 18 q/ha pour le tournesol et 20 q/ha pour le colza. Sur le plan industriel, la production d’huile alimentaire devait atteindre 93.000 tonnes en 2020 contre 8.000 tonnes auparavant et le taux de couverture des besoins en huile à partir de la production nationale 19% contre 2%. Tenant compte de ces données prévisionnelles, le prix des huiles de table aurait pu être plus ou moins maîtrisé. Il est donc essentiel de lancer un nouveau contrat-programme dans le cadre de Generation Green pour la période 2022-2030. Du fait que ces cultures sont très consommatrices d’eau et nécessitent un niveau d’ensoleillement important, les périmètres irrigués de Tadla, du Gharb, Loukkos ou Béni Mellal sont les plus recommandées pour l’installation des nouvelles exploitations.

A l’image de l’ancien contratprogramme, un ensemble de dispositifs doit être mis en place pour atteindre les objectifs. Il s’agit notamment des subventions pour l’acquisition du matériel agricole spécifique aux cultures oléagineuses, en plus de l’octroi d’une prime forfaitaire pour l’agrégation, ainsi que la mise en place d’une aide de 10% du coût de l’investissement relatif à la modernisation des unités de stockage. Il y a aussi le paiement compensatoire afin de prendre en charge la différence entre le prix du marché mondial et celui payé à l’agriculteur. Il s’agit également de renforcer le système d’agrégation dans la filière à travers la création d’associations et de coopératives de production et de collecte de produits dans l’aval agricole qui ont un lien étroit avec les industriels. Ces derniers doivent assurer un encadrement technique des exploitants. 

 

 

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