Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient figurent désormais parmi les principaux facteurs de risque identifiés par Bank Al-Maghrib. Dans son dernier communiqué de politique monétaire, la Banque centrale souligne les répercussions du conflit sur les chaînes d’approvisionnement, les prix de l’énergie et les perspectives de l’économie mondiale.
Lors de sa réunion trimestrielle du 23 juin, le Conseil de Bank Al-Maghrib a consacré une partie importante de son analyse à l’évolution de la conjoncture internationale. La Banque centrale estime que le conflit au Moyen-Orient a fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, accentué les pressions inflationnistes et renforcé les incertitudes entourant les perspectives économiques mondiales.
Selon BAM, les répercussions de cette guerre continuent de peser sur l’activité économique internationale malgré la conclusion récente d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.
Bank Al-Maghrib relève que cet accord pourrait favoriser une normalisation progressive du transport maritime international. Toutefois, la Banque centrale considère que l’économie mondiale devrait continuer à subir, à court terme, les conséquences du conflit.
Les perturbations observées sur les chaînes logistiques et l’augmentation des coûts liés au transport et à l’énergie demeurent ainsi des facteurs de risque pour l’activité économique mondiale.
Dans ce contexte, la croissance de l’économie mondiale devrait ralentir. Selon les projections de Bank Al-Maghrib, elle passerait de 3,3% en 2025 à 3% en moyenne en 2026 et en 2027.
Aux États-Unis, le rythme de croissance resterait stable à 2,1%, soutenu notamment par les investissements liés à l’intelligence artificielle et par l’appui budgétaire.
La situation serait en revanche plus difficile dans la zone euro. Pâtissant des conséquences des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, la croissance y ralentirait de 1,5% en 2025 à 1,1% en 2026, avant de s’établir à 1,3% en 2027.
Bank Al-Maghrib prévoit également une accélération de l’inflation mondiale, qui passerait de 2,9% en 2025 à 3,6% en 2026 avant de revenir à 3,1% en 2027.
Dans la zone euro, l’inflation atteindrait 3,1% cette année avant de ralentir à 2,2% en 2027. Aux États-Unis, elle demeurerait supérieure à l’objectif de la Réserve fédérale, s’établissant à 3,7% en 2026 puis à 2,8% l’année suivante.
Face à cet environnement international marqué par de fortes incertitudes, Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25%, tout en indiquant qu’elle continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture mondiale et ses répercussions sur l’économie nationale.