Logement : les amicales d’habitation sont de moins en moins appréciées

Logement : les amicales d’habitation sont de moins en moins appréciées

Les scandales à répétition ont terni leur image.

Un nouveau cadre juridique s’impose pour préserver les droits des acquéreurs.

 

Par C.J

L’accès au logement est le rêve de tous les Marocains, particulièrement les personnes ayant un revenu moyen. Malgré les facilités accordées par les organismes de financement, de nombreux citoyens n’arrivent pas à concrétiser leurs objectifs, et ce à cause de plusieurs contraintes dont notamment la cherté des offres proposées. Différents programmes ont été lancés, dont le «logement social», qui est dédié exclusivement à une catégorie de la population bien déterminée. Pour les autres catégories, de nouvelles formules ont vu le jour avec comme principal objectif le lancement de logements à des prix compétitifs à travers la maîtrise des charges.

Parmi ces formules, figure celle des amicales d’habitation. Celles-ci ont une forme d’association à but non lucratif. Elles viennent en aide à de nombreux citoyens pour devenir propriétaire. C’est une solution qui a montré sa pertinence, car elle présente de nombreux avantages comme les exonérations fiscales. Elle permet aussi d’épargner la marge générée par le promoteur. Dans l’ensemble, un logement lancé dans le cadre d’une amicale d’habitation revient moins cher d’au moins 30% comparé à un circuit normal.

Cependant, différentes problématiques ont surgi comme le non achèvement des projets, des difficultés pour avoir le permis d’habiter, des délais de livraison longs, le non-respect des engagements pris que ce soit pour l’architecture, la superficie ou l’aménagement du projet. Ces problèmes ont conduit parfois à des litiges qui aboutissent devant les tribunaux.

«Les amicales d’habitat sont de plus en plus boudées par les acquéreurs à cause des différents scandales qui les secouent et leurs mauvaises réputations. Elles se maintiennent dans certains corps de métiers comme les enseignants, les fonctionnaires ou d’autres groupements où il y a une homogénéité de la population», explique Mohamed Alaoui, expert en immobilier

«Les litiges dans les amicales d’habitation sont dus parfois à la mauvaise foi des superviseurs des projets. Mais le plus souvent c’est à cause du mode de fonctionnement de ces entités basé sur le modèle associatif. Le financement du projet se fait par étape et l’argent est débloqué sous forme de cotisations des adhérents. Quand un ou plusieurs membres de l’amicale ne respectent pas leurs engagements, toute la chaîne est bloquée. C’est le cas aussi quand un membre veut se retirer, ou qu’il n’a pas de quoi payer sa cotisation ou s’il décède. Des retards sont alors enregistrés dans l’exécution du projet. Plus le temps passe, et plus le coût de production est revu à la hausse. En fin de compte, le chantier devient irréalisable. C’est l’une des raisons invoquées par les banques pour refuser le financement», poursuit Mohamed Alaoui.

Outre ces problèmes, les amicales doivent faire face à des difficultés d’ordre administratif et technique. «Un projet d’habitat, quel qu’il soit, nécessite des autorisations pour le morcellement ou la construction. Ces documents impliquent de nombreuses administrations et organismes, dont la préfecture, la commune, l’agence urbaine, la protection civile, les régies de distribution d’eau et d’électricité, l’architecte, le conseil technique, les géomètres… Chaque administration peut faire des remarques qu’il va falloir prendre en compte. Les amicales n’ont ni l’expérience ni le savoir-faire pour ce genre d’opération. Du coup, l’évolution du projet peut être perturbée par moment. Parfois, il y a même des dépenses supplémentaires qu’il faut honorer et qui n’étaient pas prévues dans le programme», conclut Alaoui.

Il faut noter par ailleurs que les amicales d’habitation sont également fortement critiquées par les promoteurs, estimant qu’elles exercent une concurrence déloyale due à l’exonération fiscale dont elles bénéficient. D’autres opérateurs du même secteur l’utilisent de façon déguisée pour un objectif purement commercial afin de générer des bénéfices. Par ailleurs, certains utilisent les amicales pour procéder à des actes d’escroquerie ou d’abus de confiance. De ce fait, il est nécessaire de revoir le cadre juridique pour assurer plus de garantie aux acquéreurs.

 

 

 

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