Les marchés mondiaux entament la semaine du 11 mai dans un climat de forte nervosité. Après un week-end marqué par un nouveau durcissement des tensions entre Washington et Téhéran, les cours du pétrole repartent à la hausse, tandis que le dollar se renforce et que l’or recule.
Lundi matin, le Brent évoluait autour de 104 dollars le baril, dans un marché toujours secoué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Avant le déclenchement du conflit, les cours gravitaient autour de 70 dollars, soit une hausse de près de 50% en quelques semaines.
Cette nouvelle poussée des prix intervient après les déclarations de Donald Trump, qui a rejeté dimanche la contre-proposition iranienne autour d’un éventuel accord de paix. Le président américain a qualifié la réponse de Téhéran de « totalement inacceptable », réduisant les perspectives d’un apaisement rapide dans la région.
Au cœur des inquiétudes figure toujours le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. La fermeture partielle de cette route maritime depuis plusieurs semaines continue de perturber les flux énergétiques internationaux et maintient une forte pression sur les marchés pétroliers.
Dans ce contexte, les investisseurs anticipent une inflation plus persistante à l’échelle mondiale. La hausse du pétrole risque d’alourdir les coûts du transport, de l’industrie et de la logistique, avec des répercussions directes sur les prix à la consommation. Ce scénario pousse progressivement les marchés à intégrer l’hypothèse de taux d’intérêt élevés pendant une période plus longue, notamment aux États-Unis.
Conséquence directe : l’or perd de son attrait. Le métal précieux, traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période de crise, souffre cette fois de la remontée des anticipations de taux. L’or au comptant reculait lundi autour de 4.665 dollars l’once, tandis que les contrats à terme sur l’or cédaient également plus de 1%.
Le dollar américain profite, lui, pleinement du climat d’incertitude. Les investisseurs se replient vers le billet vert, soutenu également par l’idée que les États-Unis demeurent relativement protégés des chocs énergétiques grâce à leur importante production pétrolière domestique.
Les marchés surveillent désormais deux rendez-vous majeurs cette semaine : les nouvelles données sur l’inflation américaine et la rencontre prévue entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. Les discussions devraient notamment porter sur l’Iran, le commerce mondial et la sécurité énergétique, dans un contexte où chaque déclaration politique continue désormais d’influencer directement les marchés mondiaux.