Immobilier: quels leviers pour assurer la reprise ?

Immobilier: quels leviers pour assurer la reprise ?

Le programme d’aide au logement ne peut à lui seul assurer la relance tant attendue du secteur. Ses effets ne seront visibles qu’à partir de 2025 ou 2026. Des opérateurs du secteur attendent beaucoup de l’effet Mondial.

 

Par C. Jaidani

2024 est une année particulière pour le secteur de l’immobilier. Elle est marquée par le démarrage du programme d’aide au logement qui connaît un intérêt notoire. En effet, dès la première semaine du lancement de la plateforme dédiée à cette opération, 16.302 demandes ont été enregistrées. Et tout laisse présager que ce chiffre va augmenter sensiblement dans les semaines à venir.

Le gouvernement veut donner une nouvelle impulsion au secteur qui affiche un niveau de production annuelle moyenne de 200.000 unités, soit moins que celui enregistré lors de la première génération d’aide destinée au logement social. Les opérateurs, notamment les promoteurs ont accueilli favorablement le nouveau programme bien qu’ils aient formulé certaines réserves. Ils estiment qu’il aurait pu donner plus d’effet s’il n’était pas restrictif, en prenant en considération les particularités des régions et des villes.

«Les effets de ce programme ne seront visibles qu’à partir de 2025 et 2026. Si les permis d’habiter délivrés au cours de 2020, 2021 et 2022 avaient été inclus, l’effet serait perceptible en 2024 et relancerait la machine tant attendue», souligne Amine Nokta, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Et de poursuivre que «ce programme constitue un défi à relever par les promoteurs dans des villes comme Casablanca et Rabat où le coût du foncier est très élevé». Il estime toutefois qu’«une dynamique est enclenchée actuellement pour le recasement des bidonvilles dans la capitale économique en prévision du Mondial 2030. Pour la population cible, les procédures deviennent simplifiées et fluides pour réussir l’opération».

S’agissant d’autres segments, Amine Nokta nuance ses propos en affirmant que «2024 se présente différemment selon les produits. Chaque catégorie a ses propres spécificités. Le haut standing, qui n’entre pas dans les subventions et n’est pas visé par les politiques publiques, est arrivé à un niveau de maturité. Moins impacté par les fluctuations des prix, il devrait évoluer au même rythme ou peut être positivement si l’on prend en considération l’effet Mondial. Ce qui n’est pas le cas du moyen standing ou de l’économique qui sont plus vulnérables à la fluctuation des prix. Pour la première catégorie, le gouvernement n’arrive toujours pas à trouver la bonne formule. Je pense qu’avec le nouveau programme, il peut y avoir un effet».

Bien qu’on porte beaucoup d’espoir au programme d’aide au logement, de nombreuses incertitudes planent toujours, accentuées par une conjoncture économique difficile marquée par une sixième année consécutive de sécheresse. Des tensions géostratégiques à l’international peuvent impacter le Maroc, et malgré la baisse, le poids de l’inflation reste pesant. Interrogés à ce sujet, plusieurs opérateurs du secteur de l’immobilier redoutent le manque de visibilité.

«Le nouveau programme d’aide au logement peut apporter une certaine contribution pour développer l’immobilier, mais à lui seul, il ne peut assurer la relance tant attendue. Il ne faut pas oublier qu’il est destiné à une catégorie de clientèle bien déterminée et ne touche pas à tout le marché.

Pour les autres segments, le niveau des transactions n’arrive pas à atteindre la vitesse de croisière. Une véritable crise de confiance s’est installée et les gens ont peur d’acheter ou de vendre. Ils prennent beaucoup de temps pour se décider. Aussi, la procédure pour la déclaration des impôts devenue plus contraignante complique la situation. Un accord préalable de la DGI est requis pour la valider. On espère qu’avec la Coupe du monde les choses s’amélioreront», conclut Mohamed Lahlou, président de l’Union des agents immobiliers de Casablanca-Settat.

 

 

 

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