Filière oignon: les raisons de la flambée des prix

Filière oignon: les raisons de la flambée des prix

L’hiver réduit les récoltes, et la hausse des charges pousse les exploitants à revoir à la baisse leurs investissements.

La sécheresse, l’export et la spéculation ont impacté l’offre.

 

Par C. Jaidani

Les prix des légumes connaissent actuellement une hausse sensible, mais ceux de certains produits comme les oignons ont flambé. Généralement, les prix à la consommation se situent entre 3 et 5 DH, mais actuellement ils sont dans une fourchette comprise entre 8 et 10 DH. D’ordinaire, cette cherté revêt un caractère cyclique lié à de nombreux facteurs comme le climat, la demande ou encore les exportations. Des professionnels de l’activité ont donné plus de précisions à ce sujet.

«L’hiver connaît habituellement une hausse des prix des fruits et légumes, particulièrement après une année de sécheresse. Le manque d’eau, les difficultés d’accès aux exploitations pour la récolte ainsi que la pression des exportateurs font que le marché local est moins approvisionné. Cette baisse de l’offre entraîne automatiquement une hausse des prix. Au niveau des légumes les plus consommés, le prix de l’oignon est le plus fluctuant car c’est un produit fragile. Sa durée de stockage est limitée dans le temps et il ne passe pas par la chaîne de froid», souligne-t-on auprès de l’Association des commerçants du marché de gros de Casablanca. La même source explique que «les spéculateurs biaisent les règles de l’offre et la demande du marché, où les produits changent de main plusieurs fois.

De même, certains exploitants retardent au maximum leurs récoltes ou bien n’écoulent pas la totalité afin que les ventes coïncident avec le Ramadan où l’oignon est fortement consommé, et de ce fait ils peuvent réaliser de bonnes marges». Les agriculteurs ne sont pas de cet avis et avancent d’autres explications. Pour Mohamed Amahrane, secrétaire général de l’Association des producteurs d’oignons d’El Hajeb, «la flambée des prix des intrants et du carburant a poussé de nombreux exploitants à réduire ou abandonner l’investissement dans la culture des oignons, dont les prix sont volatiles. Ils ont opté pour les céréales, les légumineuses ou d’autres cultures. Pour ceux qui pratiquent l’élevage, ils ont affecté leurs parcelles aux parcours naturels pour leur bétail.

Mais cela n’explique pas tout. Le retard des pluies  a différé le démarrage des semis de l’oignon». Et de poursuivre : «pour réussir les plantations, il faut que les semis soient lancés au moment où les températures ne chutent pas à moins de 10°C et qu’il y ait un ensoleillement compris entre 10 et 13 heures par jour. L’humidité ne doit pas, elle aussi, dépasser les 50%, autrement cela risque d’impacter la qualité des produits. L’optimale de la germination nécessite une température comprise entre 23 et 27°C et la croissance est favorable entre 20 et 24°C. Et il faut veiller à utiliser la variété préconisée pour le type de terroir adéquat». La culture de l’oignon nécessite également d’autres précautions.

Avant la récolte, on applique un désherbant et un inhibiteur de germination et de croissance sur le feuillage afin de provoquer la sénescence des feuilles. On arrête l'irrigation un mois avant l'arrachage des plants et on procède au ressuyage des bulbes en exposant les plants arrachés au soleil pendant un à deux mois. Il faut prendre soin de ces bulbes en les retournant. Afin de pouvoir conditionner les bulbes en buttes, il faut les laisser munis de leurs feuilles.

 

Production annuelle entre 300.000 à 400.000 tonnes
La culture d’oignon occupe près de 20.000 hectares. En termes de superficie, elle est la troisième activité de la filière maraîchage derrière les pommes de terre et les melons, mais devance les tomates. Elle est présente dans plusieurs régions agricoles du Royaume, mais El Hajeb reste la plus connue. La production nationale totale est de 300.000 à 400.000 tonnes/an, soit un rendement moyen à l’hectare variant entre 18 et 21 tonnes. Les variétés connues au Maroc sont l’oignon rouge des Doukkala et jaune de Valence. En général, la culture demande une bonne répartition des apports d'eau. Les variétés précoces exigent un volume d'eau total de l'ordre de 400 mm/cycle productif. Les variétés tardives ont besoin d'environ 600 mm/cycle.

 

 

 

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