Depuis janvier, le Maroc a importé près de 2,7 millions de tonnes de blé. Un volume important, qui a suffi à remettre la France au premier rang des fournisseurs du Royaume, devant la Russie et l’Ukraine, selon les données de S&P Global.
Ce basculement ne traduit pas un choc sur les prix, ni une pénurie sur les marchés mondiaux. Il reflète plutôt un changement d’arbitrage du côté des importateurs marocains. Sur les marchés de la mer Noire, les cours restent relativement stables depuis plusieurs mois. Début février, le prix de référence du blé s’établissait autour de 230 dollars la tonne, sans tendance claire à la hausse ou à la baisse.
En revanche, les difficultés logistiques se multiplient. Les délais d’acheminement depuis certains ports russes et ukrainiens se sont allongés, parfois de manière imprévisible. Pour les acheteurs, cette incertitude complique la planification des livraisons, surtout à l’approche des périodes de consommation soutenue.
Dans ce contexte, le blé français apparaît comme une solution plus lisible. La France a bénéficié d’une bonne récolte et dispose de circuits d’exportation mieux rodés. Début février, le blé français se négociait autour de 199 euros la tonne FOB Rouen, un niveau jugé compétitif compte tenu de la régularité des flux.
Le Maroc n’a pas pour autant misé sur une seule origine. L’Argentine a également renforcé sa présence sur le marché national. En janvier, ses livraisons ont atteint 192 500 tonnes, contre 57 000 tonnes un mois plus tôt. Des prix attractifs expliquent cette progression, même si la qualité protéique reste inférieure à celle des blés européens ou de la mer Noire.
À travers ces choix, le Maroc cherche avant tout à sécuriser son approvisionnement. Dans un marché mondial bien fourni mais fragilisé par des contraintes de transport, la fiabilité des livraisons pèse désormais autant que le prix affiché.