Aviculture: la branche se fixe de nouveaux objectifs à l’horizon 2030

Aviculture: la branche se fixe de nouveaux objectifs à l’horizon 2030

Elle a pu assurer l’autosuffisance du Maroc en produits avicoles, en dépit de la croissance de la consommation. Le secteur est toujours impacté par différentes contraintes, comme l’informel, la fluctuation des prix et la hausse du coût des intrants.

 

Par C. J.

L'aviculture au Maroc figure parmi les activités agricoles qui se sont le plus développées. L’intérêt pour la filière s’explique par différentes raisons. Les produits avicoles sont une source de protéines à faible coût par rapport à d’autres types de viande. Le cycle de production est court, ce qui permet leur disponibilité dans les marchés au bout de deux mois maximum. Ces produits représentent 55% de la consommation totale, toutes viandes confondues. Plus du tiers des protéines animales dans la ration alimentaire moyenne du consommateur marocain est fourni par le secteur avicole. Il était donc important de booster l’activité pour répondre aux besoins du pays à travers le déploiement d’outils modernes. En 2023, le secteur a enregistré une production de 660.000 tonnes de viandes de volaille et 5 milliards d’œufs.

Dans le cadre du Plan Maroc Vert, la filière a totalisé près de 14 milliards de DH d’investissements. L’activité assure 142.000 emplois directs et 328.000 indirects. «Avec le PMV, l’aviculture marocaine a connu un essor remarquable. De nombreux pays africains veulent s’inspirer de notre expérience. Le contrat-programme pour la période 2011-2020 a donné des résultats notables à plusieurs niveaux, que ce soit pour l’amélioration de la production, la qualité ou encore l’organisation du secteur. Certes, il existe de nombreuses contraintes, comme la hausse des prix des intrants qui sont intimement liés au marché international, mais nous envisageons l’avenir avec sérénité pour améliorer tous les indicateurs», affirme Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA).

Il est à noter que la consommation de viandes blanches et d’œufs se développe au fil du temps. Elle a atteint en 2022 respectivement 22,1 kg et 195 unités par habitant et par an. Les besoins devraient se développer davantage dans les années à venir. «Notre secteur est parvenu à assurer les besoins du pays en produits avicoles. Il a les atouts pour développer davantage la production pour approvisionner le marché national. De nombreux opérateurs ont investi l’export pour les produits transformés. Des perspectives d’avenir prometteuses se présentent à ce niveau», explique Alaoui.

En effet, dans le cadre de Génération Green, la filière s’est dotée d’un nouveau contratprogramme. L’objectif est d’augmenter la production de la viande de volaille à 912.000 tonnes à l’horizon 2030. Pour les œufs, le programme vise à atteindre la production de 7,6 milliards d’unités. Au niveau de l’emploi, il table sur la création de 140.000 nouveaux postes. Des incitations sont lancées pour augmenter la productivité, optimiser les coûts de production et revoir l’organisation des circuits d’abattage, de valorisation et de distribution.

Outre l’amélioration de la production, le secteur est appelé à assurer une croissance pérenne et durable. Il s’agit d’adopter les bonnes pratiques pour réduire la consommation d’énergie, gérer intelligemment les déchets et assurer la salubrité maximum des produits. Toutefois, force est de constater que la filière demeure impactée par la fluctuation des prix, la présence de l’informel et la dépendance de l’étranger pour assurer une grande partie de l’aliment de bétail, essentiellement l’importation du maïs et du soja. Aussi, de nombreux exploitants lancent des projets sans respecter le cahier des charges imposé par les autorités, comme l’existence de locaux d’élevage selon les normes exigées et la présence d’incinérateur pour détruire les déchets organiques. 

 

 

 

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