Forum de Paris sur la paix: «Nous étudions presque toutes les régions en conflit»

Forum de Paris sur la paix: «Nous étudions presque toutes les régions en conflit»

Dans cet entretien, Angel Gurria, président du Forum de Paris sur la paix et ancien secrétaire général de l’OCDE, explique les raisons ayant motivé le choix du Maroc pour la première réunion de printemps du Forum de Paris sur la paix en dehors de l’Europe. Il revient également sur les initiatives marocaines prometteuses en matière de transition énergétique et sur le rôle crucial du Forum dans la promotion de la paix et de la sécurité internationale.

 

Propos recueillis par D. M.

Finances News Hebdo : Pourquoi avoir choisi le Maroc pour cette première réunion de printemps du Forum de Paris sur la paix, hors d’Europe ?

Angel Gurria : Être ici au Maroc, à l'UM6P, est une grande réussite et une concrétisation de notre engagement envers l'Afrique. Nous avons choisi le Maroc, et plus précisément l’UM6P, parce que c’est un espace d’apprentissage, de connaissance et de sagesse. Son écosystème dispose de laboratoires qui mènent des recherches sur des domaines développés tout au long de ce forum, tels que la transition énergétique, la santé globale et la science. Le cadre chaleureux et accueillant ainsi que la politique favorable ont permis à des chercheurs comme l’explorateur écologiste Bertrand Piccard de réaliser des projets écologiques. Par exemple, en partenariat avec l’UM6P, Bertrand Piccard va lancer «Climate Impulse», un projet visant à effectuer le premier tour du monde sans escale et sans émission à bord d'un avion à hydrogène.

 

F.N.H. : Lors du panel portant sur le thème  : «Combler le fossé énergétique  : une collaboration mondiale pour une transition inclusive», de nombreuses solutions ont été discutées. Selon vous, quelles sont les initiatives réalisées au Maroc qui sont prometteuses et qui pourraient accélérer l’accès à une énergie propre et abordable ?

A. G. : Ce que j'ai mentionné, c'est que le Maroc progresse bien car il a lancé son programme pour le développement de la filière d’hydrogène. Il faut se rappeler qu’il importe 68% de ses besoins en pétrole, et aujourd’hui on pourrait envisager que tout cela disparaisse avec l'hydrogène. Si le Maroc s’embarque dans cette révolution de l'hydrogène, cela pourrait non seulement satisfaire les besoins énergétiques locaux, mais aussi devenir une industrie d'exportation, potentiellement aussi grande que celle des engrais phosphatés.

 

F.N.H. : Comment le Forum de Paris sur la paix peutil faciliter les collaborations internationales nécessaires pour une transition énergétique juste ? 

A. G. : Notre tâche principale est de renforcer les relations entre les pays développés du Nord et le Sud global pour améliorer le niveau de vie des populations. Nous travaillons depuis 2020 pour promouvoir la coopération et combler le fossé Nord-Sud à travers des évènements annuels, le soutien à des projets de gouvernance innovants et des initiatives politiques multipartites.

 

F.N.H. : Pouvez-vous partager des exemples concrets de projets ou de réussites soutenus par le Forum qui ont eu un impact significatif sur la paix et la sécurité internationale ?

A. G. : Nous étudions presque toutes les régions en conflit. Par exemple, nous suivons de très près la situation en Ukraine depuis l'invasion de la Russie. Nous avons également surveillé de près les tensions au Moyen-Orient, en Afrique (notamment au Soudan, au Congo, au Niger et au Mali), ainsi qu'en Amérique du Nord, où Haïti est confronté à un problème de gouvernance et de contrôle par les gangs. En Guyane, nous surveillons les menaces du Venezuela. D’autres régions comme le Myanmar sont également sous notre observation. Le Forum de Paris sur la paix a une double responsabilité : comprendre les causes des conflits et proposer des solutions.

 

F.N.H. :Y a-t-il des obstacles qui empêchent la mise en place des politiques du Forum pour apporter la paix ?

A. G. : Nous ne pouvons pas être responsables des actions des pays, mais nous pouvons créer les conditions pour mieux comprendre chaque situation locale. Cela inclut l'analyse des tensions locales et transfrontalières, afin de savoir pourquoi il y a des conflits et comment les résoudre. 

 

 

 

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