Accord d’association Maroc-UE: ce que veulent les communautés d’affaires

Accord d’association Maroc-UE: ce que veulent les communautés d’affaires

Depuis l’adoption de l’Accord d’association Maroc-UE en 1996, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

Les opérateurs économiques de part et d’autre militent en faveur d’un cadre tenant compte des nouvelles réalités économiques.

 

Par M. Diao

 

 

Les textes et les accords bilatéraux qui couvrent le volet économique, ont besoin d’être revus avec le temps. Et ce, afin de leur permettre de tenir compte des nouveaux enjeux majeurs. D’où le sens de l’adoption par la CGEM et BusinessEurope, en septembre 2021, d’une déclaration conjointe. Cette dernière prône une modernisation du cadre des relations commerciales et d'investissement Maroc-UE, attendue depuis longtemps par les deux communautés des affaires. Faudrait-il le rappeler, le Maroc est le premier partenaire économique de l’UE en Afrique. Concrètement, près de 15% des échanges commerciaux de l’UE avec le continent africain émanent du Royaume.

Premier investisseur à l’échelle nationale, l’UE s’arroge près de 64% des exportations marocaines, sachant qu’elle capte dans le même temps plus de 50% des importations du Royaume. Ces quelques données prouvent la densité des relations économiques des deux partenaires, qui aux yeux des communautés d’affaires de part et d’autre ont encore une marge de progression, notamment dans le secteur des investissements, des énergies renouvelables et du numérique.

 

L’heure est à l’action

Le webinaire organisé récemment par la CGEM et BusinessEurope portant sur le thème : «La modernisation de l'Accord d’association Maroc-UE : Pour une intégration plus forte des marchés européens et africains» a été l’occasion pour les différents participants de plaider en faveur d’une nouvelle impulsion économique tenant compte des nouvelles réalités. «La modernisation de l'Accord d’association Maroc-UE offre un énorme potentiel et peut être un modèle pour une relation UE-Afrique plus forte. Le temps est à l’action», dixit en substance Chakib Alj, président de la CGEM. La modernisation du cadre des relations commerciales et d'investissement Maroc-UE  est d’autant plus justifiée si l’on sait que depuis l’adoption de cet Accord en 1996, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’Europe qui comptait 15 Etats membres, en dénombre désormais 27. Le Maroc qui jouit aujourd’hui d’une stature d’investisseur et d’acteur commercial de premier plan en Afrique de l’Ouest, a vu son PIB ainsi que sa population doubler.

Par ailleurs, à en croire Pierre Gattaz, président de BusinessEurope, il faut combler les barrières non-tarifaires et faciliter les investissements étrangers et le commerce de services afin de favoriser l’intégration des chaînes de valeur de part et d’autre. Sachant que beaucoup d’entreprises européennes cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement. D’ailleurs, Chakib Alj n’a pas manqué de rappeler que de par sa stabilité politique et ses avantages géographique, financier et économique, entre autres, le Royaume est aujourd’hui une destination d’investissement fiable, à forte valeur ajoutée et un hub reconnu pour l’Afrique. Le contexte pour la modernisation de l’Accord d’association est d’autant plus propice pour les entreprises des deux continents, notamment en termes d’intégration des chaînes de valeur à l’aune de l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Au registre des améliorations concrètes en faveur d’une intégration plus forte des chaînes de valeur, Bruno Mettling, président du Business Europe Africa Network, plaide pour que les règles d’origine puissent permettre le cumul tenant compte de l’intégration régionale (Zlecaf).

Ceci dit, plusieurs éléments factuels poussent à l’optimisme en ce qui concerne l’amélioration du cadre normatif régissant les relations bilatérales décrites plus haut. La décarbonation de l’économie et les énergies renouvelables constituent des sujets d’intérêt commun pour l’UE (Pacte vert) et le Maroc, qui nourrissent de grandes ambitions écologiques d’ici 2050. A ce titre, il importe de rappeler que lors de son récent déplacement au Maroc en février 2022, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne,  a annoncé que l’Union européenne va investir 1,6 milliard au Maroc dans le cadre de la nouvelle stratégie européenne «Global Gateway», lancée le 1er décembre 2021. L’initiative vise  le développement des liens intelligents, propres et sûrs dans les domaines du numérique, de l'énergie et des transports, tout en renforçant les systèmes de santé, d'éducation et de recherche dans le monde entier. Pour sa part, Nadja Haakansson, DG Afrique de Siemens Energy, a souligné l’intérêt pour l’UE et le Maroc d’investir ensemble le champ de l’hydrogène vert, domaine dans lequel le Royaume présente un grand potentiel. Au final, le dessein des communautés d’affaires marocaines et européennes a le mérite d’être clair. La balle est maintenant dans le camp des politiques habilités à faire de la modernisation de l’Accord d’association Maroc-UE une réalité au bénéfice des deux rives de la Méditerranée.

 

 

 

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