Tourisme : Pourquoi il faut changer de paradigme

Tourisme : Pourquoi il faut changer de paradigme

 

Il y a trois ans, le secteur touristique affichait pâle figure. Gravement sinistré à cause de la pandémie, tout l’écosystème s’est effondré et a été maintenu sous perfusion grâce aux aides étatiques.


Aujourd’hui, le tourisme national va mieux, à la faveur de la reprise de l’activité post-pandémie, mais également des différentes mesures prises par les pouvoirs publics pour promouvoir le secteur et le repositionner sur les radars internationaux. Les derniers chiffres rendus publics par le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie sociale et solidaire témoignent des bonnes performances de l’activité. Le Maroc a en effet enregistré 5,1 millions d’arrivées touristiques à fin mai 2023, soit une croissance de 20% par rapport à la même période de 2019, année de référence pour le secteur. Sur le seul mois de mai, il y a eu une croissance record de 55% avec 1,1 million d’arrivées comparé à 2019. Cette tendance positive impacte positivement les recettes touristiques qui ont atteint à leur tour 32 Mds de dirhams à fin avril 2023, soit 40% de plus que 2019, informe le ministère, notant que plusieurs marchés émetteurs majeurs portent cette croissance : les marchés espagnol, britannique, israélien et italien qui enregistrent des croissances respectives de 46, 29, 158 et 10%. Bien évidemment, la ministre de tutelle est la première à se réjouir de ces performances. «Nous sommes très fiers de ces réalisations, qui sont le résultat du plan d’urgence de 2 milliards de dirhams que le gouvernement a mis en place pour soutenir les professionnels en 2022 et leur permettre notamment de mettre à niveau l’offre hôtelière, aux nombreuses actions offensives que nous menons en termes d’aérien, de promotion et de référencement du Maroc auprès des grands Tour-opérateurs, ainsi qu’au dynamisme des opérateurs du secteur. Sans oublier bien sûr l’exploit des Lions de l’Atlas qui a propulsé notre pays sur le devant de la scène internationale», précise Fatim-Zahra Ammor. Elle a eu raison de le rappeler : le Maroc, en général, et le secteur touristique, en particulier, doivent une fière chandelle aux Lions de l’Atlas qui, grâce à leur performance historique à la Coupe du monde au Qatar, ont permis au Royaume de rayonner dans le monde.
Maintenant, après avoir surfé sur l’exploit du Onze national, il faut capitaliser sur les acquis. Pour asseoir les performances du secteur dans le temps. Ce qui est loin d’être gagné d’avance.

Comment performer dans la durée ?

La feuille de route stratégique du tourisme 2023-2026 adoptée récemment, qui ambitionne de doubler le nombre d’arrivées à 26 millions de touristes à horizon 2030, devrait être un véritable catalyseur pour le secteur. Si toutefois elle est déployée et concrétisée dans le respect de son contenu, de ses délais et de son esprit. Et là, on ne peut s’empêcher de rappeler tout le tintamarre qu’il y avait autour des «Vision 2010» et «Vision 2020», qui ont très tôt montré leurs limites.

Aujourd’hui, il est établi que pour développer une industrie touristique forte, il faut initier une stratégie de rupture. Changer de paradigme. Et provoquer cet électrochoc nécessaire pour lever les problèmes liés à la gouvernance, l’inadéquation entre l’offre et la demande, les moyens de promotion limités, les déficits en termes de liaisons aériennes, ainsi que la faiblesse de l’offre touristique nationale.
L’activité ne doit plus être appréhendée uniquement sous le prisme du tourisme, stricto sensu. L’action doit être transversale et globale afin d’ériger un modèle économique résilient et agile face aux chocs extérieurs, qui intègre la capacité du Royaume à apporter des réponses fortes susceptibles d’assurer, au besoin, la sécurité sanitaire des touristes. La composante sanitaire étant désormais un élément essentiel à prendre en compte, comme l’a prouvé la pandémie liée à la Covid-19. 

Le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, ne dit pas autre chose : «pour renforcer ce secteur face aux chocs exogènes, le gouvernement travaille sur une approche holistique pour un modèle marocain innovant de tourisme durable à même de relever les défis sous toutes ses formes, qu'ils soient sanitaires, environnementaux ou économiques». Un impératif pour faire du Maroc une destination de référence et faire franchir à l’industrie touristique un nouveau palier. Qualitativement et quantitativement. 

F. Ouriaghli

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