Entretien. «Le CRI joue le rôle de guichet unique auprès des investisseurs»

Entretien. «Le CRI joue le rôle de guichet unique auprès des investisseurs»

Les CRI ont un rôle majeur en matière d’accompagnement et d’orientation des porteurs de projets. Pour ce faire, ils sont dotés de nouveaux dispositifs plus innovants afin d’assurer une bonne exécution des différents programmes lancés par l’Etat.

Entretien avec Yacine Tazi, Directeur général du Centre régional d’investissement de Fès-Meknès, une région qui a mené à bien plusieurs programmes pilotes au profit des investisseurs.

Finances News Hebdo : Quels sont les facteurs d’attractivité de la région de Fès-Meknès ?

Yacine Tazi : La région de Fès-Meknès bénéficie d’un emplacement géographique stratégique, des flux démographiques et des couloirs des échanges économiques. Elle est au centre du Royaume et c’est un carrefour entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest du pays. Elle bénéficie aussi d’un patrimoine naturel très riche et diversifié, comme le parc national d’Ifrane qui contient la plus grande forêt de cèdre au monde. Ce site est classé patrimoine mondial de l’Unesco. Il y a aussi le parc national de Tazgua, celui de Friwato, les montagnes de Michlifen et de Bouiblane, les stations thermales de Moulay Yaâcoub et de Sidi Harazem. Couplé aux ressources hydriques importantes, ce patrimoine naturel nous différencie au niveau national et donne à la région un cachet qui lui est propre. La région dispose également d’un autre facteur d’attractivité, qui est lié à son patrimoine matériel et immatériel unique. Elle regroupe 5 médinas historiques (Fès, Meknès, Taza, Sefrou et Zerhoun). Al Qaraouine est la plus ancienne université dans le monde toujours en activité. Il ne faut pas oublier le site archéologique de Volubilis, sans compter le festival des musiques sacrées. D’autres facteurs d’attractivité importants existent dans la région, comme les infrastructures qui séduisent les investisseurs. Les routes représentent 20% du réseau routier national. Les autoroutes desservant la région peuvent relier les grands ports du Royaume comme Tanger Med, Casablanca, Jorf Lasfar et Nador. L’aéroport assure une connectivité importante à l’international. Les plateformes d’accueil sont compétitives, permettant une offre foncière, en locatif ou en cession, adaptée aux besoins des investisseurs. Il existe une vingtaine de quartiers industriels déployés sur 800 ha. Pour l’offshoring, 20 hectares sont proposés; et 7 zones logistiques couvrent 360 ha. Il y a aussi le projet de Technopark de Fès sur 7.000 m2.

 

F. N. H. : Quels sont les leviers d’accompagnement mis en place par le CRI Fès-Meknès au profit des porteurs de projets ?

Y. T. : Le programme d’accompagnement s’articule autour de trois principaux axes, à savoir le financement de l’entrepreneuriat, la coordination des actions d’appui et l’accompagnement de l’entrepreneuriat au niveau des régions ainsi que l’inclusion financière de la population rurale. Aujourd’hui, le CRI, de par sa nature et depuis l’entrée en vigueur de la loi 47-18, joue le rôle de guichet unique auprès des investisseurs et des créateurs d’entreprises PME ou TPME pour la réalisation de leurs projets, notamment en matière de facilitation de leurs démarches administratives ou pour l’obtention des autorisations. Il assure aussi les missions de conseil et d’information, d’orientation et d’assistance. Ce programme s’intègre pleinement dans l’offre de services du CRI et d’action de proximité, d’information et de sensibilisation auprès des porteurs de projets pour qu’ils puissent bénéficier de cette nouvelle offre incitative, innovante et intégrée. Le comité régional a un rôle à jouer en matière d’accompagnement.

 

F. N. H. : Quelles sont les missions prioritaires de ce comité régional ?

Y. T. : La mise en place du comité régional au niveau du CRI répond à un besoin important, qui est d’assurer la coordination et le suivi de l’exécution des mesures relatives à l’accompagnement entrepreneuriales. Il est présidé par le DG du CRI et regroupe également des représentants de nombreuses institutions comme Bank Al-Maghrib, la Caisse centrale de garantie (CCG), le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), la CGEM et l’OFPPT. Parmi les missions qui sont assignées à ce comité, figure notamment le suivi des actions de facilitation de l’accès au financement au profit des TPME. Egalement, des actions sont déclinées en matière d’information et de sensibilisation sur les mesures d’accompagnement au profit des porteurs de projets. Il a pour mission d’assurer la mise en relation des investisseurs avec les experts pour leur prodiguer des conseils en matière d’assistance technique ou de conseil juridique pour le montage des dossiers. Il s’agit aussi d’être une force de proposition pour simplifier les procédures et les digitaliser.

 

F. N. H. : Quels sont les ingrédients nécessaires pour la réussite de ces actions ?

Y. T. : La nouvelle offre dédiée aux PME et TPME est très innovante. Elle peut tabler sur certains mécanismes de soutien, comme le Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat doté d’une enveloppe de 6 milliards de DH à travers la simplification des procédures, les conditions de garantie (les garanties personnelles ont été supprimées) et la réduction des coûts des crédits. Par ailleurs, le partenariat existant avec les différentes institutions ainsi que le grand maillage dans le territoire au niveau des agences bancaires permettent une couverture importante et une mobilisation générale de l’ensemble des acteurs. L’intégration naturelle de ce programme dans l’offre de services du CRI assure un accompagnement de 360 degrés pour tout porteur de projet.

 

F. N. H. : Quel rôle peut jouer le CRI pour sensibiliser les investisseurs sur l’importance de l’efficacité énergétique ?

Y. T. : Nous avons scellé un partenariat avec l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE). L’idée est d’identifier les besoins des industriels de la région et de savoir comment les accompagner efficacement pour assurer la transition énergétique dans une logique de compétitivité à l’export, avec la mise en place de la taxe carbone. Ce partenariat a été établi pour sensibiliser et informer les industriels de la région sur les dispositifs qui devront être mis en place et les mesures à prendre pour se conformer aux nouvelles normes. Et, pour leur proposer à titre gracieux un audit énergétique pour identifier leurs habitudes de consommation et investir les pistes d’amélioration. Il s’agit aussi de les accompagner dans la mise en place d’un système de management de l’énergie.

 

F. N. H. : En matière d’accompagnement, comment pouvez-vous répondre aux besoins spécifiques de chaque investisseur ?

Y. T. : Effectivement, les besoins diffèrent d’un investisseur à autre, qu’il soit jeune porteur de projet, étudiant, TPME, agriculteur, industriel. A cet égard, nous avons mis une sorte de matrice d’accompagnement pour mettre en exergue les cibles potentielles qui peuvent bénéficier d’une offre, les étapes d’un cycle de vie d’un projet depuis la création jusqu’au développement à l’export et d’aide à la pérennisation. Avec les partenaires de la région, nous voulons assurer une couverture de cette matrice et avoir une offre d’accompagnement adaptée. Dans le programme Afwaj lancé en partenariat avec la BCP, l’Anapec, la Fondation de création d’entreprises, nous avons identifié de jeunes porteurs de projets qui avaient des besoins d’informations sur le programme Intilaka ou des besoins sur les bases de l’entrepreneuriat en management, en gestion de trésorerie, en passant par l’étape du montage du business plan, du dossier de financement jusqu’à l’obtention du crédit et enfin le démarrage de l’activité. C’est un exemple de partenariat réussi dans la région de Fès-Meknès et qui a été dupliqué au niveau national.

 

 

 

Articles qui pourraient vous intéresser

Dimanche 21 Juillet 2024

Croissance : «L’une de nos priorités aujourd’hui devrait être la gestion de la sécheresse et du stress hydrique»

Samedi 20 Juillet 2024

Stratégie énergétique : Benkhadra détaille les grands chantiers de l’ONHYM

Samedi 20 Juillet 2024

ONCF : un bilan carbone sur les rails

Samedi 20 Juillet 2024

Campagne 2024/2025 : une saison agricole compliquée en perspective

L’Actu en continu

Hors-séries & Spéciaux